Une visite historique. En se rendant dans la synagogue de Rome (voir la vidéo ici), le pape Benoît XVI espérait "accomplir une nouvelle étape sur le chemin de la concorde et de l'amitié entre catholiques et juifs".
24 ans après son prédécesseur Jean-Paul II -le premier pape à visiter une synagogue, Joseph Ratzinger n'a pourtant pas fait l'unanimité. Un pas en avant, deux pas en arrière, telle pourrait être résumée la démarche du souverain pontife.
Car si la visite de Benoît XVI dans ce lieu de culte a été perçue comme une avancée dans le rapprochement de deux des grandes religions monothéistes, elle n'a pas suffi à étouffer la polémique ouverte par les déclarations du pape en décembre dernier. En proclamant Pie XII, controversé pour son silence pendant la Seconde Guerre mondiale, "vénérable" -au même titre que Jean-Paul II, et considérant ses "vertus héroïques", Benoît XVI a réaffirmé sa volonté de béatifier les deux papes, et relancé le débat. Sur BFMTV, Gérard Israël et Odon Vallet, historiens et spécialistes de la religion réagissaient à cette annonce.
Dimanche, Benoît XVI a encore défendu Pie XII, estimant que son aide au peuple juif pendant le conflit avait été "discrète et cachée". Pour le président de la communauté juive de Rome, Riccardo Pacifici, "le silence de Pie XII face à la Shoah blesse encore, comme un acte manqué. Il n'aurait peut-être pas arrêté les trains de la mort, mais il aurait transmis un signal, une parole d'un extrême réconfort, de solidarité humaine, pour nos frères emportés vers Auschwitz. Dans l'attente d'un jugement partagé, nous désirons, avec le plus grand respect, que les historiens aient accès aux archives du Vatican qui concernent cette période et à tous les dossiers liés à l'écroulement de l'Allemagne nazie." Pour le moment, ces archives restent fermées.
Un demi-siècle de luttes contre l'Apartheid (la ségrégation raciale menée par la minorité blanche) symbolisées par une victoire en finale de Coupe du monde de rugby. Tel est le propos de la nouvelle oeuvre de Clint Eastwood "Invictus", qui sort mercredi 13 janvier au cinéma. Une vision beaucoup plus pertinente que le trépassé slogan "Black, blanc, beur" dont se félicitait nos politiques pendant la coupe du monde de football 1998. Bien culotté (ou tordu) qui s'attaquerait aujourd'hui à ce remake français.
Premier président noir de l'histoire de l'Afrique du sud en 1994 après être sortis de 27 années de prison, Nelson Mandela était à la tête du pays quand ses Springboks ont remporté la Coupe du monde 1995 organisée chez eux. Le président (incarné à l'écran par Morgan Freeman) et l'équipe de rugby ont permis au fur et à mesure de la compétition de fédérer une nation. L'habile Mandela en encourageant la population noire à supporter les blancs en maillot vert. Les talentueux rugbymen en passant les obstacles les plus difficiles. Quand le numéro "46664" (dont il porte le tatouage depuis ses 27 années de prison) revêt, le jour de la remise du trophée, le maillot de l'Afrikaner François Pienaar, le symbole de la réconciliation et du grand pardon est tout trouvée.
Comme le raconte l'auteure sud-africaine Mary Corrigall dans un article pour Courrier International, Nelson Mandela n'était pas le seul artisan de cette transformation et l'unité nationale apportée par la victoire des Springboks a été courte et demeure fragile contrairement à ce que laisse entendre cette "version un peu trop hollywoodienne de la réconciliation". Cela n'occulte pas la qualité du film d'Eastwood (voir critique dans Bakchich) ni la formidable action de Mandela. Deux oeuvres qui n'auraient jamais pu exister à quelques centimètres près (voir deuxième vidéo). Quelques centimètres que les tricolores ont laissé à l'histoire.
►LM
24 juin 1995, à l'Ellis Park Stadium de Johannesburg, les Sprinboks affrontent en finale les favoris Néo-Zélandais menés par le buteur Andrew Mehrtens et l'ailier Jonah Lomu. All-Blacks et Springboks ne peuvent se départager (9-9) après les 80 minutes réglementaires. Avant que le drop du Sud-Af' Joël Stransky à huit minutes de la fin libère tout un peuple.
Je me dois d'un poème, en cette journée de janvier à la con... Mais rien ne vient. Rien qui puisse retranscrire avec assez de tripes ou talent la tristesse éprouvée par la mort de Mano Solo. Moral dans les chaussettes, un sacré coeur gros comme ça... plutôt qu'un long discours, laissons chanter le poète. Le monde entier ne saura jamais à quel point j'étais triste. En cette journée de janvier à la con.
"Mon existence ne tient pas qu'à ma graisse. Je suis esprit avant d'être un corps. Je suis mort, mais rien n'est fini, il reste ma voix et bien peu d'écrit... Mes amis ne pleurez pas, le combat continue sans moi, tant que quelqu'un écoutera ma voix, je serai vivant dans votre monde à la con... Avec du sang plein les orbites, et même du plastique sur ma bite, je vais sûrement être recalé à l'examen du grand sage. Mais j'en profiterai quand même pour lui dire ce que j'en pense, de l'existence cette agence. Et s'il ne voit pas que je suis un ange alors qu'il change de boulot." ("Je suis venu vous voir", de l'album "Je sais pas trop", 1997)
Michel Daerden fait encore des siennes. Interrogé devant le Sénat sur l'avenir des pensions (7/01), le ministre belge a répondu en néerlandais, dans une prestation "borderline" selon le quotidien La Libre Belgique. Etait-il ivre ? Pour la Nouvelle Alliance Flamande (N-VA), parti nationaliste, pas de doute. Criant au scandale, les indépendantistes sont persuadés que le Ministre avait bu et demandent sa démission. "Si un employé quelconque arrivait à son boulot dans une telle condition, et assistait à une réunion importante dans une telle condition, on le renverrait immédiatement! Pourquoi ça serait différent pour un ministre?", s'interroge Bart De Wever, président de la N-VA. "Il apparait avoir trop bu, il a vraiment fait les propos d'un ivrogne!", a-t-il poursuivi au micro de la RTBF.
"Les morts sont tous des braves types", chantait Brassens. De Martine Aubry à Nicolas Sarkozy, en passant par Valéry Giscard d'Estaing, Lionel Jospin ou Alain Juppé, chacun dans la classe politique a rendu un hommage appuyé à Philippe Séguin, décédé ce jeudi matin 7 janvier. Pourtant, beaucoup ont, à un moment ou un autre dans leur carrière politique, eu à croiser le fer avec l'ancien ministre de Jacques Chirac. Dans un milieu ou les lèche-bottes sont souvent plébiscités pour gravir les échelons, Séguin faisait parfois figure d'ours mal léché. Son caractère ombrageux, parfois colérique et souvent passionné l'ont parfois entraîné à se confronter aux hommes de son propre camp. Au milieu de ce concert de louange, les vidéos que nous vous proposons témoignent de cette intransigeance qui a jalonné la carrière de l'un des derniers vrais gaullistes du monde politique.
Vidéo de gauche : Les dernières salves étaient pour Nicolas Sarkozy. Nommé par Jacques Chirac Président de la Cour des Comptes en 2004, Philippe Séguin ne s'est pas gêné pour dénoncer les incohérences budgétaires de l'Elysée.
Il confirme l'existence de l'enquête de la Cour des Comptes montrant le détournement fréquent à des fins privées par Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin des hélicoptères et avions de la sécurité civile. Séguin confirme d'ailleurs qu'il s'agit là d'un abus, malgré sa fonction "apolitique" (comme il se définit depuis 2004) et la tentative du journaliste du Figarol'incitant à lui faire dire qu'il n'y a pas eu de faute de la part des ministres concernés. Vidéo de droite : En octobre 2009, sur Europe 1, il s'inquiète de la gestion de la présidence française de l’Union européenne, lors de l’organisation du sommet de Paris de l'Union pour la Méditerranée en juillet 2008. "On a constaté certains progrès par rapport au sommet de 2000", commence-t-il. Mais il pointe surtout les erreurs, l'absence de stratégie, les dérives et improvisations de la France. "On aurait pu avoir les mêmes prestations pour au moins trois fois moins cher", regrettait-il.
Image ci-dessus capturée d'une interview menée en 2008 par la Télé Libre (à voir ici) sur les fonctions de Philippe Séguin à la Cour des Comptes. "En off, il nous confiait son 'inquiétude' face à la politique spectacle pratiquée par Nicolas Sarkozy", a révélé le site créé par John Paul Lepers ce 7 janvier.
"Je demande que les sanctions soient durcies, à partir de 2010 comme la loi de 2005 l'a prévue. Ecoutez, moi j'ai décidé de taper du poing sur la table car on ne va pas continuer à faire des conférences dans lesquelles on définit ce que serait une société idéale qu'on n'atteint jamais ! Il faut promettre moins et tenir plus. Et de ce point de vue, je m'y engage totalement." (Nicolas Sarkozy, à la conférence du handicap du 18 juin 2008)
Depuis le 1er janvier 2010, toutes les entreprises de plus de 20 salariés qui n'emploient pas au moins 6% de personnes handicapées sont passibles d'une grosse amende (1.500 fois le SMIC horaire par personnes manquantes contre 400 fois auparavant). Du moins, c'est ce qu'avait promis, juré, craché Nicolas Sarkozy.
Il s'agissait, en effet, la date butoir du plan handicap de cinq ans entamé par la loi du 11 février 2005. Mais, la crise (et surtout la proximité des élections régionales) est passée par là et le gouvernement a jugé bon de reporter le durcissement des sanctions à une date... indéterminée. Depuis "20 ans" (dixit Sarkozy, lui-même), des sanctions existent sans être vraiment appliquées. Les sanctions pour les entreprises de plus de 20 salariés qui n'atteignent pas le "quota" devaient être multipliées par trois (13.000 euros environ par travailleur handicapé manquant).
"Un projet de civilisation, un véritable projet de vie", s'enthousiasmait pourtant notre président en juin 2007. Ce "grand chantier du quinquennat" doit "permettre aux handicapés de devenir des citoyens actifs". Mais pas pour tout de suite. Les associations de défense des personnes handicapées (comme l'association des handicapés et des victimes d'accidents de travail) sont furieuses. Ecoutons attentivement Nicolas Sarkozy à la conférence du handicap du 18 juin 2008 (dont nous vous avons sélectionné les "meilleurs" extraits sous la vidéo) :
"Pendant les cinq années à venir, pas un seul jour ne se passera sans que nous ne travaillerons au service des personnes qui ont un handicap [...] et leur famille. [...] Le handicap est une priorité" [1'20]
"Mes amis ici qui me connaissent depuis longtemps le savent : c'est que moi je pense qu'une personne handicapée dans une netreprise, dans un lycée, dans un collège, dans une association c'est pas une charge, c'est une chance." [4'30]
"Je sais que nombreuses sont les personnes handicapées qui aspirent à travailler. Même à temps partiel. Mais il n'est plus admissible que ces personnes se heurtent aux plus grandes difficultés pour accéder à une formation et un emploi." [7'10]
"Alors là on est au coeur de la spécificité française : on multiplie les obligations qu'on ne respecte que très partiellement. L'emploi des personnes handicapées, c'est un élément essentiel de notre stratégie de lutte contre le chômage." [7'40]
"Je ne plaisante pas sur cette question qui est devenue un impératif, le seuil des 6% doit être atteint." [8'10]
"Je ne plaisanterai pas là-dessus. Et je n'accepterai pas que l'on n'applique pas la loi." [9'00]
"Nombreuses sont les entreprises qui continuent de préférer payer une amende que d'embaucher des personnes handicapées. Invraisemblable. C'est inadmissible. Alors je demande que les sanctions soient durcies, à partir de 2010 comme la loi de 2005 l'a prévue. Et les entreprises qui n'emploient aucun travailleur handicapé devront verser jusqu'à l'équivalent d'un emploi au SMIC par tranche de 20 salariés. Ecoutez, moi j'ai décidé de taper du poing sur la table car on ne va pas continuer à faire des conférences dans lesquelles on définit ce que serait une société idéale qu'on n'atteint jamais ! Il faut promettre moins et tenir plus. Et de ce point de vue, je m'y engage totalement." [10'10] APPLAUDISSEMENTS
"Le rôle de l'écrivain ne se sépare pas de devoirs difficiles. Par définition, il ne peut se mettre aujourd'hui au service de ceux qui font l'histoire. Il est au service de ceux qui la subissent. Ou sinon, le voici seul et privé de son art. Toutes les armées de la tyrannie avec leur million d'hommes ne l'enlèveront pas à la solitude... Même et surtout s'il consent à prendre leur part".
Extrait d'un discours d'Albert Camus, mort le 4 janvier 1960, lors de la remise de son prix Nobel en 1957.
A l'heure où développement durable et protection de l'environnement sont dans tous les discours, les applications concrètes sont difficiles à mettre en place. Symbole de cette volonté de réduire les émissions de CO2, les éoliennes, qui fleurissent de plus en plus, sans pour autant être les bienvenues.
A Juchitan dans le sud du Mexique, des paysans protestent contre le projet Eurus, gigantesque parc éolien récemment construit par les entreprises Acciona et Cemex. Avec 167 hélices, c'est l'un des plus grands champs éoliens du monde. Il devrait générer 250 mégawatts et créer 850 emplois.
Mais pour les paysans, le résultat est tout autre. Occupation du terrain non-payée, destruction du système d'irrigation, inondation et déplacement du bétail... les raisons de la colère sont nombreuses. "Ici ils ont profité de l'ignorance des gens, la grande majorité des adultes ne sait ni lire ni écrire. Et donc ce conflit s'est développé à partir de ce moment-là...et maintenant il atteint son paroxysme parce que les Espagnols ou l'entreprise Eurus Acciona n'ont porté aucune attention à ce problème.", s'indigne Alejo Giron. Les populations locales ne bénéficient pas de l'électricité produite, pire, leurs factures auraient augmenté.
Du côté des entreprises "il n'y a pas de conflit", assure un technicien Eurus.
En France aussi, la polémique fait rage entre partisans d'une énergie verte et les détracteurs de ces moulins à vent d'un nouveau genre qui dénaturent le paysage. Au premier rang des arguments avancés, le bruit "obsédant, lancinant et beaucoup trop fréquent" produit par les rotations.
En 2008, M6 consacrait un numéro de 100% Mag à ce sujet. A Bernay-Saint-Martin, les huit éoliennes provoquent un véritable "vent de colère" chez les 700 habitants... (Voir le reportage ci-dessous, et des témoignages de riverains de zones éoliennes)
Le cirque Avatar continue de plus belle. Sur le web, le très beau film de James Cameron (sorti le 18 décembre) fait l'objet de parodies (ici, ici, là et surtout là) et de plusieurs making-of officiels mis en ligne sur Youtube (ici et là). Mais LA vidéo qui intéressera tous les petits filous d'internet qui veulent voir le film en streaming ou en téléchargement illégal se trouve ici. Ou presque. "Avatar : The Making of the bootleg" est une parodie de documentaire à la manière des scènes inédites ou des tournages de films que l'on trouve sur les DVD. Sauf qu'ici, la troupe de comiques américains Free Love Forum se met dans la peau de réalisateurs et de l'équipe technique du film... piraté. Car, on n'y pense pas assez, mais la "technologie révolutionnaire" développée par James Cameron pour son film oblige les pauvres pirates à imaginer eux aussi une technique révolutionnaire pour mettre en ligne un screener digne de ce nom. Voici, sans doute, l'avatar le plus drôle du meilleur film de cette fin d'année (en anglais).
►LM
> Image au-dessus : capture d'écran de la bande-annonce
BONUS :
> Avatar est sorti trop tard pour se retrouver dans les 10 films les plus piratés en 2009. De plus, la 3D encourage les cinéphiles à se déplacer au cinéma. Ce classement mis en ligne par le site de données statistiques ChartsBin.com a été élaboré à partir de plusieurs sources de BitTorrent. Les blockbusters Star Trek (près de 11 millions de téléchargements) et Transformers 2 sont, sans surprise, en tête. Plus surprenant, le podium est complété par le film "Rocknrolla" de Guy Richie.
> Les sites de torrent qui permettent de télécharger illégalement des films (répertoriés entre autres sur torrentzap.com) ont connu une fin d'année 2009 assez difficiles. Ils subissent ainsi la fermeture récente du célèbre site mininova (qui se targuait de plus de 10 milliards de téléchargements en 5 ans !), la loi Hadopi et, surtout, la concurrence des films en streaming.
> Internet tue l'industrie cinématographique ? Quelle blague ! Hollywood a battu des records de fréquentations cette année. Plus de 10 milliards de dollars de recettes en salles en 2009. D'après les sites du Monde et des Echos, la France devrait dépasser le cap des 200 millions d'entrées. Ce qui constituerait la meilleure fréquentation depuis 1982.
Internet, source d'information inestimable pour les médias... Parfois à leurs risques et périls. Dernier exemple frappant en date: l'affaire Jean Sarkozy, qui a suscité de nombreuses réactions à l'étranger. Mais pas assez au goût de certains journalistes, qui en ont rajouté... en reprenant pour argent comptant une extrait de JT allemand détourné sur internet.
Sur la vidéo, le présentateur peine à garder son calme après avoir fait un lapsus (le vrai extrait est ici). Sur le fake, la photo de Sarkozy junior a été ajoutée, et les sous-titres ne traduisent pas du tout les propos du journaliste, qui ne mentionne même pas Sarkozy. "Polémique en France autour du fils du président Sarkozy. Il aurait été nommé président de l'EPAD qui gère le site de la Défense [le journaliste se met à rire à cause de son erreur] alors qu'il serait à 23 ans en train de bisser (sic) sa seconde année de droit. C'est ce qu'on appelle..."avoir des relations"."
Voici le montage, mis en ligne le 13 octobre 2009
Mais les chaînes françaises M6 (voir le reportage) et C+ (voir la vidéo ci-dessous) tombent dans le panneau et présentent (le 22 et le 18 octobre) cette vidéo comme un vrai extrait, du JT dans lequel les Allemands ironiseraient sur la situation française. Cette erreur leur a valu les remontrances du CSA...