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Manaudou en eaux troubles
MANAUDOU, EPISODE II
En quelques heures, le feuilleton Manaudou a pris une étrange tournure. Alors que la championne venait de se trouver un entraîneur (son frère de 21 ans) après de nombreuses tergiversations, Didier Poulmaire (son avocat) a révélé un nouveau scandale : son ancien club LaPresse l'aurait abusé pour lui faire signer un contrat le 27 juillet (juste avant l'Open de Paris). Mais, celui-ci serait illégal car c'est son père qui est habilité à signer les contrats depuis le 6 juin. Alors que les italiens ne cessent de répéter que le licenciement de Manaudou provient de son comportement, son entourage crie à la manipulation. La nageuse, peut-être trop un peu crédule, est en train de nager entre ces deux eaux... La suite au prochain épisode.
Laure Manaudou et Paolo Penso, son ancien entraîneur

> L'affaire commence le 31 juillet, lorsque Laure Manaudou, en larmes, apprend à Jean-Luc, son père, qu'elle a signé une prolongation de contrat (jusqu'en 2011) avec son sponsor Arena trois jours avant. Son père et son avocat sont d'autant moins ravis que Nike et Adidas lui faisaient un pont d'or. Heureusement pour eux, le papa Manaudou (prévoyant) a remplacé Laure dans le rôle de gérant de sa société (Swimming Dream). L'affaire devrait être portée devant les tribunaux.

> L'affaire devient rocambolesque lorsque L'Equipe (du 08/08/07) explique que des ratures au stylo remplacent le prénom de Laure Manaudou par celui de Jean-Luc, son père ! Marco Durante, patron de LaPresse, semble aussi impliqué. Selon le quotidien, un article stipule que "chaque fois qu'Arena doit solliciter l'accord où la validation de SD [la société de Laure], la demande devra être adressée par Arena à SD et à M. Durante"... "M. Durante" aurait aussi été barré pour être remplacé (grossièrement) par "M. Manaudou".

> Le club italien nie toutes les accusations et menace même d'engager une action judiciaire (tsr.ch du 08/08/07). LaPresse parle de "tentatives de manipulation de la réalité menées par des personnes intéressées à divers titres dans l'exploitation économique de la nageuse". Il réaffirme que la décision de licencier Manaudou a été nécessaire "à la lumière des décisions et des comportements" (cyberpresse.ca du 08/08/07).


Plongez dans les eaux troubles de "l'affaire Manaudou" en suivant la flèche.


 

> "On est devant un monument national qu'il faut sauver". Interviewé hier (07/08/07) par desourcesure.com, le Directeur technique national (DTN) Claude Fauquet ne cache pas son inquiétude après le licenciement de Laure Manaudou par le club italien LaPresse. Le DTN (qui a été l'un des premiers à être informés de cette éviction) suit avec une grande attention le dossier. Claude Fauquet a également tenté de téléphoner à Laure Manaudou et Philippe Lucas. Dans le but de réunir le duo magique ? "Ça ne vous regarde pas !" Le reste s'écoute en cliquant sur le podcast (montage de 1'40). 



> Manaudou a finalement choisi son frère (lemonde.fr du 08/08/07). Claude Fauquet a été mis au courant après les médias et s'est déclaré "très déçu de ne pas avoir été associé à cette décision".

> A Ambérieu-en-Bugey (Ain), le retour de l'enfant prodige provoque un grand enthousiasme (24heures.ch du 08/08/07). Mais les infrastructures ne semblent pas adaptées pour le niveau de la championne. Le bassin ne fait que 25 mètres.

> Dans lenouvelobs.fr du 07/08/07, Francis Luyce, président de la Fédération française de natation a indiqué que Laure Manaudou aurait été vue en train de déjeuner avec Philippe Lucas vendredi. Beaucoup y voyait un signe de réconciliation et peut-être une future réconciliation.

VIDEO (7'30) Pendant le clash Manaudou / Lucas (en mai), Stade 2 faisait un reportage sur le thème d'1 gars, 1 fille. A ce moment là, tout semblait rose pour Manaudou alors que Lucas devait panser ses plaies. Avec sa gouaille habituelle, il explique (dans la deuxième partie du reportage) que cette affaire pourrait être une histoire de gros sous.


> Les dernières déclarations d'Arlette Franco, maire de Canet (et mère de Dominique Camus, présidente du club de natation Canet 66) semblaient aller dans le sens du retour de la nageuse : "Ici, la porte sera toujours ouverte pour Laure Manaudou" (tsr.ch du 07/08/07). Elle se demande si la jeune nageuse a été "manipulée et même un peu flouée, y compris sur le plan affectif".

Claude Fauquet > Le coup de fil que Claude Fauquet a laissé à Philippe Lucas est loin d'être anodin. Le DTN apprécie le médiatique entraîneur. Pendant l'Open de Paris, il expliquait : "Laure n'est pas une nageuse facile. En Philippe Lucas, elle avait inconsciemment trouvé une des rares personnes capables de la cadrer" (lemonde.fr du 25/06/07).

> La dernière fois que son (désormais ancien) entraîneur italien s'est exprimé, c'était dans L'Equipe (du 06/08/07). Paolo Penso parlait "d'abandon" à la suite de sa contre-performance sur 200m dos et son refus de participer au relais. Il mettait en doute sa motivation et s'interrogeait sur la suite de leur collaboration. Le lendemain, Manaudou était virée.

> Maître Didier Poulmaire, avocat de Manaudou, a défendu la nageuse au micro de Europe 1 (07/08/07). Selon lui, elle a été "abusée et manipulée" en signant un contrat sans son avocat et sans son père alors que ce sont eux qui gèrent ses droits à l'image. Claude Fauquet nous a expliqué que cette affaire n'a "rien à voir" avec l'éviction de Manaudou, mais que cela a pu influencer sur son moral de ces dernières semaines.

VIDEO (4'35) Infosport (du lundi 06/08/07) relate l'affaire Manaudou, avec les arguments de Paolo Penso et ceux de son avocat. Dominique Rousseau (champion d'Europe du 100m en 1970) semble être dans la confidence. Il est le premier à parler du possible rapprochement de Philippe Lucas et de la capacité du frère de Laure à pouvoir l'entraîner.

> La DTN avait remarqué un changement d'attitude lors de l'Open de Paris (lefigaro.fr du 06/08/07). Elle ne s'est quasiment pas entrainée et ne s'est pas fait massé après les séries.

> D'après Liberation (du 07/08/07), le club "LaPresse est en réalité une agence de droits d'images [...] sur laquelle on a greffé à la hâte une pseudo structure sportive". Le quotidien parle "d'écran de fumée" à propos de la romance de Manaudou et Marin. La vraie raison du débauchage de la nageuse serait plus mercantile.

> L'Express du 18 juillet 2005 avait enquêté sur les revenus de Laure Manaudou après son premier titre de championne olympique. A 18 ans, elle commençait à devenir une icône du sport-business et attirait déjà les sponsors. Deux ans plus tard, ses  revenus ont été multipliés. Estimés à 650.000 euros en 2005, puis à 1,5 millions d'euros en 2006, ils atteindraient plus de 3 millions d'euros en 2007 (voir le très bon dossier de sport24 sur la galaxie du business Manaudou).

 Laure Manaudou et Alice Taglioni égéries de la marque Lancel
> Image (de Laure Manaudou et l'actrice Alice Taglioni pour une publicité Lancel) tirée de adgoog.com.

> Luca Marin, interviewé par 20minutes.fr (samedi 04/08/07) avait dit que "Laure était fatiguée dans sa tête", pour expliquer ses résultats mitigés à la fin de l'Open de Paris (elle a quand même battu deux de ses records de France durant la compétition).

> Philippe Lucas avait prévenu au moment du départ de la nageuse : "Elle part parce qu'elle a envie de moins travailler. Elle fuit le travail" (Liberation du 10/05/07). Des propos qui semblent être confirmé par Paolo Penso.

> "Mieux vaut partir à 15 mois des J.O. que 3 mois avant" avait expliqué Manaudou lors de son départ pour l'Italie (lejdd.fr du 09/05/08). La championne entendait "prouver à tout le monde [qu'elle] pouvait réussir même dans la difficulté". Il lui reste désormais un an pour relever son grand défi olympique.

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