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Revues de presse
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►SKETCH + 7 VIDEOS
Ceux qui se demandaient encore pourquoi les élections européennes de ce week-end n'intéressent pas grand monde ont eu une bonne explication hier soir. La plupart des grands candidats invités à l'émission "A vous de juger" (France 2) se sont acharnés à s'invectiver. Les querelles de personnes ont même fait oublier le thème originel du débat: "l'élection du 7 juin".
Que Philippe de Villiers (MPF) traite Xavier Bertrand (UMP) de "menteur" n'est pas très surprenant. De même, Jean-Luc Mélenchon invectivant l'arbitre des débats Arlette Chabot ("Allez au diable!") n'a pas choqué grand monde. Quant à Marine Le Pen (FN), elle a ressorti le couplet habituel du complot en dénonçant un sondage soi-disant commandé par Nicolas Sarkozy. Mais ces trois habituels indisciplinés ont été largement dépassé par le duel Bayrou-Cohn Bendit.
Le centriste a ouvert le feu en insinuant que son adversaire d'Europe-Ecologie maintiendrait des relations de connivence avec Sarkozy, après que celui-ci l'ait surnommé "l'omni-opposant". "Je trouve ça ignoble de ta part !", lui répond l'ancien soixante-huitard. "Et ce genre de jeu, devant les citoyens... Et bien mon pote, je te le dis, jamais tu ne seras président de la République", ajoute-t-il, "parce que tu es trop minable !" Le ton de Bayrou se fait plus grave: "Je ne suis pas sûr que vous puissiez employer, vous, le mot 'ignominie'!" Puis énigmatique et menaçant: "Parce qu'il y a un certain nombre d'ignominie que vous, Daniel Cohn-Bendit, n'avait pas hésité à porter". "Par exemple, je trouve ignoble, moi, d'avoir poussé et justifié des actes à l'égard des enfants", développe le leader du Modem sans trop se faire prier. Bayrou faisait référence à un extrait de "Le grand bazar", le livre d'entretiens de Cohn-Bendit (avec Michel Lévy, Jean-Marc Salmon et Maren Sell), publié en 1975 (voir plus bas). Les sourires du début de clash s'effacent et le vouvoiement remplace le tutoiement. Le débat ne s'élèvera plus. Et l'UMP et le PS peut se frotter les mains. Arlette Chabot conclut la soirée : "On espère que cette émission vous aura donné envie d'aller voter. Pas sûr". L'arbitre du soir n'a pas tort.
►LM

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Pédophilie, vierge Marie et connivence
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D'où sortent ces insinuation sur la pédophilie ? Un passage de l'ouvrage dans lequel Dany le Rouge raconte ses années d'éducateur en Allemagne dans un jardin d'enfants autogéré était passé inaperçu jusqu'à ce qu'ils réapparaissent sur internet en 2001. Les passages sortis du contexte de l'époque se transmettent en ligne, puis relayés par L'Express. Extraits: "Il m'était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème. Je leur demandais: 'Pourquoi ne jouez-vous pas ensemble, pourquoi m'avez-vous choisi, moi, et pas d'autres gosses?' Mais s'ils insistaient, je les caressais quand même [...] J'avais besoin d'être inconditionnellement accepté par eux. Je voulais que les gosses aient envie de moi, et je faisais tout pour qu'ils dépendent de moi".
Malgré ces écrits très polémiques, Cohn Bendit s'est toujours défendu de complaisance pédophile. "Prétendre que j'étais pédophile est une insanité. La pédophilie est un crime. L'abus sexuel est quelque chose contre lequel il faut se battre. Il n'y a eu de ma part aucun acte de pédophilie", avait-il déclaré à l'époque de la réapparition de ces lignes. Regrettant d'avoir écrit ce texte, l'écolo l'a justifié par une envie de provocation, de "choquer le bourgeois".
Dans une émission déjà consacrée à l'Europe en mai 2004 (France Europe Express sur France 3), Marine Le Pen avait sorti cette histoire (voir l'émission complète sur le site de l'INA). "Jean-Marie Le Pen, lui, ne s'est pas fait tripoter par des enfants", dit la fille du leader du FN. Dans un JT de TF1 en 2001, Cohn-Bendit a également été interpelé par Jean-Claude Narcy et s'est défendu de ces accusations.
La semaine dernière, sur Radio J, Cohn-Bendit s'en prenait à Bayrou: "Il déraille". Depuis quelques jours, le candidat du Modem s'en prend au leader d'Europe Ecologie avec qui il semble être au coude-à-coude selon les derniers sondages. D'après Cohn-Bendit, Bayrou aurait mal pris sa réflexion ironique à un meeting à Toulouse le mois dernier: "Bayrou est obsédé, il a été touché par la vierge !" "Il a mal pris parce qu'il a dit 'je suis croyant', dont acte [...] Je m'excuse, je voulais ironiser sur son obsession présidentielle", soutient Cohn-Bendit. Dany le Rouge n'est pas le seul à attaquer le centriste de cette façon. Le 24 mars, Nicolas Dupont-Aignan racontait en public une anecdote que lui aurait confié Charles Pasqua. "Bayrou m'a dit que la vierge Marie est venu lui dire un jour qu'il serait président... " Le sketch a été filmé, il est ici (un peu avant la deuxième minute de la première vidéo). Sur LCI, Cohn-Bendit renvoyait Bayrou à ses critiques sur Sarko en estimant qu'il ferait un "hyper-président".
L'attaque la moins évidente est celle évoquant la connivence du soixante-huitard avec Nicolas Sarkozy. "Voter Cohn-Bendit, c'est voter Nicolas Sarkozy", avait déclaré Bayrou le mois dernier. "Dans un déjeuner privé entre copains, j’ai effectivement dit que, vu l’état de la gauche aujourd’hui, je ne voyais personne émerger pour battre Sarkozy. C’est le genre de discussion que vous avez à table, comme j’ai parié il y a quatre mois que Bordeaux serait champion de France…", s'était justifié Daniel Cohn-Bendit (Le Parisien du 25 mai). A part cet épisode anecdotique, le Vert est surtout connu pour ses clashes contre Sarkozy, notamment au Parlement européen. Sa diatribe contre la présence du gouvernement français à Pékin pendant les Jeux Olympiques le 10 juillet fait partie des succès du web.
Daniel Cohn-Bendit a aussi fêté la fin de la présidence française dans l'UE en déclamant un discours moins connu mais encore plus virulent sur le bilan de Sarkozy. "Oui, nous reconnaissons votre volontarisme", commence le député européen le 16 décembre 2008 avant de se moquer du double discours sarkozyste ("la présidence française est une girouette"). "Vous réduisez le Parlement européen à un viagra pour les gouvernements", s'emporte aussi Cohn-Bendit. Sarkozy a répondu sur le même ton ironique. Des propos repris hier soir par... Bayrou: "Dès qu'il y a une caméra derrière vous, vous devenez comme fou! Le même homme que l'on comprend dans le privé, que l'on a plaisir à fréquenter [...], se transforme soudainement. [...] Je vous connais depuis longtemps. Vous êtes venus trois fois déjeuner à l'Elysée. Certes, une fois vous êtes arrivé en retard, je ne vous avez pas mis les motards ! Et pour que vous ne soyez pas en retard au troisième rendez-vous, je vous les ai mis. Vous ne les avez d'ailleurs pas refusé, ce qui montre une capacité à ce mettre dans l'ordre républicain". Bayrou cite bien Sarkozy lorsqu'il veut montrer cette connivence mais au regard de la farouche critique de Cohn-Bendit quelques secondes avant, la réponse du président français prend un autre sens.
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Publié le 5/06/09 à 15:20 |
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