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SDF, mensonges et vidéos

►SANS DÉCLARATION FIABLE + 6 VIDEOS

Christine Boutin et Augustin LegrandDans le jargon journalistique, on appelle ça un marronnier. Un sujet qui revient tous les ans à la même période, autant pour répondre aux attentes du lecteur que pour permettre au scribouillard de remplir du papier (ou, en l'occurrence, un écran d'ordinateur). La rentrée littéraire, le bac, les soldes... A chaque période, son marronnier. L'hiver est ainsi la saison où on se rend compte que de nombreux SDF décèdent dans la rue. Emmaüs vient de publier le bilan : "265 personnes sans-abri sont mortes" en un an, en France. Cette année, pourtant, tout allait être différent. C'était dit, plus personne ne vivrait volontairement dans la rue. On "fête", en effet, le deuxième anniversaire de la promesse du candidat Nicolas Sarkozy à Charleville-Mézières : "Je veux, si je suis élu président de la République, que d'ici à deux ans plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid parce que le droit à l'hébergement, je vais vous le dire, c'est une obligation humaine". Une déclaration qui date du 18 décembre 2006. Les plus cyniques (dont, bien sûr, nous nous désolidarisons) diront que Nicolas Sarkozy avait seulement promis qu'il n'y aurait plus de SDF et que, finalement, le bilan d'Emmaüs va dans ce sens... Les autres seront sans doute scandalisés par les amendes infligées à des associations de mal-logés [voir plus bas]. Mais, pas de crainte, Nicolas Sarkozy, vient d'expliquer, en sortant du conseil des Ministres, que le gouvernement a "le devoir et la responsabilité" de "ne pas laisser mourir les SDF"... Comment appelle-t-on un marronnier dans le langage politique ? Une promesse...
►LM


VIDEO 1 (0'34) Le 18 décembre 2006, à Charleville-Mézières, Nicolas Sarkozy en campagne expliquait que personne ne serait obligé de dormir sur le trottoir d'ici deux ans, s'il était élu. Sitôt élu, le Président déclarait à la Concorde : "Je ne vous mentirai pas, je ne vous trahirai pas, je ne vous décevrai pas" [voir vers 4'00 de cette vidéo].



VIDEOS 2 et 3 (2'08 et ) A gauche : télézapping du monde.fr du 19 décembre 2007. Les associations  d'aides aux sans-abris se révoltaient contre les promesses non-tenues du gouvernement et campaient comme ils l'avaient fait un an plus tôt. En janvier, le député UMP Etienne Pinte avait remis un rapport rempli de recommendations pour venir en aide aux mal-logés. François Fillon avait alors fixé l'objectif que "personne ne soit contraint de vivre dans la rue". A droite : six mois après, les associations faisaient remarquer que les promesses étaient restées en l'air.


Les associations Droit au logement (DAL) et Les enfants de Don Quichotte ont été condamnés le 24 novembre par le tribunal de police de Paris, pour avoir installé des tentes dans Paris. Du 3 octobre au 15 décembre 2007, un campement a été installé rue de la Banque pour accueillir 374 familles. Après une évacuation musclée, un protocole d'accord a été signé avec la ministre du Logement Christine Boutin. Il prévoyait le relogement des familles dans un délai d'un an. Près de 350 jours plus tard, seulement 130 familles sur 374 ont été effectivement relogées.

VIDEO 4 (2'04) Après avoir installé un campement au bord de la Seine, Les enfants de Don Quichotte avaient été vite évacués par la police, en décembre. Les actions avaient été stoppées après l'accord de relogement signé avec Christine Boutin. Un accord qui n'a pas été respecté. L'année précédente, en pleine campagne électorale, les associations avaient eu droit aux mêmes genres de promesses.


envoyé par lefigaro

Un an après, non seulement, l'accord n'a pas été respecté, mais les associations sont donc condamnées. Deux cents tentes de l'association des Enfants de Don Quichotte vont être confisquées. Le DAL doit verser 12.000 euros pour avoir "embarrassé la voie publique en y laissant des objets". Un texte du code pénal habituellement réservé à l'abandon de gravats et de détritus... Il est, ici, appliqué aux tentes, sacs de couchage, couvertures et bâches en plastique des SDF.
Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du DAL a dénoncé cette décision : "Considérer aujourd'hui qu'une tente constitue un débarras sur la voie publique est une injure". L'association, qui fait appel, dénonce une intention de l'Etat de la "couler financièrement".
La Ligue des droits de l'Homme a assuré le DAL de sa "totale solidarité" et a rencontré l'association "pour envisager les ripostes citoyennes à cette offensive sur le droit au logement".
Martin Hirsh pense que "l'Etat doit jeter l'éponge". "C'est un mauvais signe que de condamner des militants qui n'avaient d'autre motivation que de sensibiliser l'opinion", estime le haut-commissaire aux solidarités dans le gouvernement. 
Sa collègue Christine Boutin, qui vient de se féliciter du "travail qui a été fait depuis avril 2007 en ce qui concerne l'hébergement des personnes sans abri", est beaucoup moins indignée. "Il ne faut pas faire de démagogie : s'il y avait eu l'année dernière un accident sur les femmes et les enfants sur le trottoir, les mêmes auraient poussé des hauts cris", a-t-elle déclarée. "Il ne faut pas faire de démagogie" ?!!!
> Sources :
nouvelobs.com, lejdd.frlemonde.fr, le site du Droit au logement, le site d'Emmaüs France et le site officiel de la Ligue des droits de l'Homme.

VIDEO 5 (5'13) Le 14 octobre, Augustin Legrand des Enfants de Don Quichotte et Christine Boutin étaient invités par Béatrice Schönberg pour l'émission "Ils font bouger la France" (sur France 2). Legrand rappelle les nombreuses promesses non-tenues par Boutin et son prédécesseur Jean-Louis Borloo (le mari de Schönberg). Il parle, par exemple d'une déclaration qu'aurait tenue la ministre cet été. Phrase qu'elle nie avoir formulée. Nous avons pourtant trouvé l'exacte citation (voir l'article de lyonne-republicaine.fr du 29 juillet 2008). Après avoir présenté son projet de loi de mobilisation pour le logement et la lutte contre l'exclusion à un conseil des ministres, Boutin déclarait : "Ça va bousculer certains, ça va faire tomber des tabous et  ça va aussi permettre à tous les Français d'être logés".
Sur leur blog hébergé par le site de Libération, les membres du collectif "Jeudi Noir" avait relaté "les coulisses d'une émission biaisée" avec les multiples coupes de montage et les manipulations de l'épouse de Jean-Louis Borloo.

envoyé par peanutsie

VIDEO 6 (1'30) Certains ont moins de mal pour se loger. En décembre 2007, avait éclaté un grand scandale au ministère du Logement. Depuis 1981, Jean-Paul Bolufer, le directeur de cabinet de Boutin avait déniché un HLM : un pied-à-terre de 190 m2 dans le quartier chic et calme de Port-Royal (5e arrondissement) au prix de 6,30 euros le m2 (au lieu de 20 à 30 euros le m2), soit 1.200 euros par mois. Un bel exploit dans un pays où, selon son propre ministère, les HLM se font rares. Le Canard Enchaîné du 19 décembre révélait que l'immeuble n'avait rien de social et que Bolufer s'est fait attribuer cet appartement quand il était directeur adjoint de cabinet du maire de Paris, Jacques Chirac. Non content de bénéficier d'un loyer très attractif, le directeur de cabinet était "un adepte de la sous-location", pratique qui lui était pourtant interdite par contrat. A noter : Jean-Paul Bolufer était jusqu'à sa démission en charge de traquer les abus en matière de HLM... Le mois précédant ces révélations, il s'était même permis de critiquer avec vigueur les personnes qui profitent de logement à bas loyers alors qu'elles n'y ont pas droit, au détriment de familles qui pourraient en bénéficier. Bolufer a fini par démissionner sous la pression du Premier ministre Fillon. Boutin s'était attachée, pendant la polémique, à éviter toutes les questions.
Plus de détails en consultant 
notre dossier sur les "Habitations à Loyers Magouillés".

envoyé par Chevalier_du_Christ

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