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Comment Sarkozy a viré Genestar
â–ºGENESTAR WARS + 3 VIDEOS


Livre Expulsion de GenestarComme Patrick Poivre d'Arvor (DSS), Alain Genestar peut hurler "Sarko m'a tuer". Aujourd'hui (17/06/08), l'ancien directeur de la rédaction de Paris Match, sort (enfin) son livre "Expulsion" (Grasset). Comme vous pourrez le voir dans les nombreux extraits que nous publions (en Lire la suite), Alain Genestar accuse Nicolas Sarkozy d'avoir eu sa peau (professionnelle). Pour rappel, le journaliste avait commis un "crime de lèse-majesté" en publiant la photo de Cécilia avec son amant (à l'époque), Richard Attias, en 2005. Au delà de son cas personnel, Alain Genestar dénonce aussi un système médiatique basé sur l'influence et la pression du pouvoir en place. Cliquez sous la flèche pour découvrir.


VIDEOS 1 et 2 (10'10 et 18'15) Extraits de l'émission "On n'est pas couché" (France 2) du 14/06/08. Alain Genestar défend son livre face aux chroniqueurs populistes populaires Eric Naulleau et Eric Zemmour.


Suivez la flèche pour en savoir plus.


â–ºAlain Genestar peut se vanter d'avoir un très beau CV. Il débute en tant que journaliste à 22 ans à Ouest France (de 1972 à 1974), puis travaille au Monde (1974 à 1976). Il est ensuite nommé chef de publicité du quotidien Les Echos. De 1980 à 1987, il est nommé rédacteur en chef de L'Echo républicain puis directeur de la rédaction du Journal du Dimanche (1987 à 1999). Il devient, enfin, directeur de la rédaction de Paris Match (de 1999 à 2006). Voir sa wikibio. Aujourd'hui, il dirige un trimestriel familial, c'est moins risqué (voir plus bas).

Voici la photo par laquelle le scandale est arrivé.
La Une de Paris Match avec Cecilia et Richard Attias
Compilation des extraits et de l'interview d'Alain Genestar.
"Jamais je n'oublierai ce que tu m'as fait"
> Le jeudi matin, 25 août, le jour de la parution de Match avec Cécilia Sarkozy et Richard Attias en couverture, j'ai appelé, comme je l'avais prévu, Nicolas Sarkozy. [...] Cela me semblait plus correct. [...] Mais il ne m'a pas pris au téléphone. Ni le lendemain, vendredi. Ni le surlendemain, samedi. Il était furieux. A vif. "Brûlant comme une poêle chauffée à blanc", me dit son conseiller de presse, en me proposant de l'appeler le dimanche vers 15 heures. [...]
> De ma vie, je n'ai eu un entretien téléphonique de ce genre, ou plutôt un monologue téléphonique, ou plus précisément encore : une longue phrase téléphonique sans point ni virgule, sans bonjour, ni salut, juste une phrase de mots non pas brûlante comme une poêle chauffée à blanc, mais froide comme l'acier d'un harpon planté dans la banquise. [...]
> Il ne s'agissait pas d'une "engueulade" (après tout compréhensible, pourquoi pas méritée) mais d'une menace glaçante sur mon avenir. De mémoire, cette longue phrase me rendait responsable de tout ce qui allait arriver, à cause de moi, dans sa famille [...] : "Tu seras responsable d'un drame." Et concluant, glacial : "Jamais je n'oublierai ce que tu m'as fait."[...] J'ai juste regardé un écran s'éteindre. Ma main tremblait. [...] Il faisait chaud. Et j'avais froid. [...]

A-t-il demandé
sa tête ?
> [Genestar a rendez-vous au ministère de l'Intérieur en novembre 2005] "C'est à toi de parler." Oui, c'était effectivement à mon tour de répondre à sa longue litanie de reproches qui [...] avait duré un bon quart d'heure. [...] J'écoutais donc sans savoir si sa peine était vraie. Mais, même en admettant qu'elle le fût, je ne parvenais pas à compatir. Car après ce premier quart d'heure, sans interruption de ma part, il a enchaîné, sitôt sa souffrance racontée, détaillée, exhibée sans pudeur en quelques minutes, avec des attaques en règle.

> D'abord contre moi. Il était la victime, et moi son agresseur : "Jamais, m'a-t-il déclamé, un homme politique n'a été traité comme tu m'as traité." Et de citer des noms (que je ne citerai pas) d'autres responsables politiques, coureurs de jupons, que selon lui j'épargnais [...]. Et il était la victime d'un complot, donc moi un comploteur [...] parce que, à ce moment-là, fin août-début septembre 2005, sa situation politique personnelle était fragilisée par la montée en puissance du Premier ministre, Dominique de Villepin. [...]

> Et puis, enfin, cette phrase, tombant sur la table basse comme une carte maîtresse, sortie du jeu, pour emporter la mise : "En tout cas, je n'ai pas demandé ta tête."

> Je savais qu'il avait demandé ma tête. Mes sources ?... Aucune signature en bas d'un parchemin exigeant mon exécution. Juste des propos rapportés, dont celui-ci, à La Baule, début septembre 2005, lors de l'université d'été de l'UMP, Nicolas Sarkozy affirmant à des proches : "C'est fait, j'ai eu la tête de Genestar." [...]

> Quand il m’a reçu en décembre 2005, dans son bureau du ministère de l’Intérieur, moins de 3 mois après la parution de la photo, il m’a menti en me disant qu’il ne demandait pas ma tête, alors que c’était faux. J’en ai eu les preuves par la suite.


La fausse photo du couple réconcilié (juin 2006)
> Il [Sarkozy] veut être sur la photo avec sa femme, quitte à accepter, comme un chanteur de music-hall en mal de notoriété, une fausse planque. [...] J'étais en train de me faire virer de Match, et une série de photos nous parvient, avec Nicolas, Cécilia et ses filles dans un jardin anglais. Gestes tendres, complicité...

> Le bonheur retrouvé, saisi par des paparazzi cachés dans un buisson ?... Non, la scène a été prise avec le consentement du couple, par leur photographe, ami de Cécilia, et toute la famille d'accord pour passer dans «Match», à condition de laisser croire que les photos étaient prises à leur insu. [...]


Une censure
très habile
> Il n'y avait pas, et il n'y a pas de censure. Les journalistes sont libres de commenter, de critiquer tout, même la façon d'agir de Nicolas Sarkozy avec la presse. Celui-ci n'est donc pas leur censeur. Il est beaucoup trop intelligent, fin politique et qui plus est, démocrate, pour l'être.

> Sa méthode, afin d'être bien servi par les médias, est autrement plus habile. D'abord, il donne. Ensuite, il sait choisir ses amis. Nicolas Sarkozy connaît bien et fréquente la quasi-totalité des patrons et propriétaires des premiers groupes français de presse. Il entretient avec eux des relations excellentes, chaleureuses, voire, pour certains, fraternelles. Il ne leur demande rien. Il ne menace pas. [...] Mais il a une conception de l'amitié qui fait qu'en cas de manquement grave (au hasard, une couverture de Match sur Cécilia à New York, en août 2005) ses amis, ses frères, peuvent être accusés par lui de trahison. [...] La pression de vos amis, de ceux qui, pour un service - parler d'eux en bien ou, au contraire, ne rien dire de mal -, exercent un habile chantage à l'amitié est autrement plus redoutable. C'est l'arme fatale de Nicolas Sarkozy. [...]


Les "confrères" de la presse

> J’ai eu mal, même si je ne me suis jamais senti seul. J’ai été soutenu par la rédaction de Match, par les lecteurs et surtout les photographes. J’ai voulu calmer le jeu. La grève de solidarité de la rédaction m’a réchauffé le cœur, mais je voulais arrêter le combat, car il n’y avait aucun écho dehors. Je ne suis ni un héros, ni Don Quichotte. Seule la presse étrangère a défendu Paris Match. Dans la presse française, c’était le grand silence. Cela ne m’a pas surpris, car  dans le métier, "l’institution" Paris Match n’est pas aimée.

> J’aurais aimé que cette histoire provoque un débat dans la profession et permette d’aborder la campagne présidentielle, mais personne n’a soutenu Paris-Match. L’attitude de la presse, je l’avoue, m’a déçu.

> Plus tard, quand j’ai regardé la conférence de presse de Nicolas Sarkozy le 8 janvier, j’ai même eu honte. Ces rires, ces applaudissements… On a vu depuis ce qui s’est passé, le divorce, le remariage de Sarkozy, l’étalage de la vie privée…

> Le débat a eu lieu après, et j’avoue que j’en ai grincé des dents. Pendant la crise, je me disais que si je m’accrochais, si je les obligeais à me virer, les lecteurs sauraient - et par conséquent, les électeurs – que le candidat de droite à l’élection présidentielle était capable de faire pression pour faire virer un directeur de journal.

> [Après la parution du livre] Qu’est-ce que j’ai à craindre ? Que le Président me fasse les gros yeux ? On m’a pris un journal que j’aimais et qui m’a donné beaucoup. Si la presse écrite est malade, ce n’est pas à cause du prix du papier ou de l’arrivée d’Internet, c’est parce que souvent, elle manque de rigueur et se contente d’être dans la flatterie par rapport à un camp ou aux puissants.


> Il faut savoir refuser les hochets qu’ils [les puissants] nous donnent. A quoi ça sert d’être bien avec le président de la République ? Ça ne rapporte pas de page de pub !

Sur Arnaud Lagardère
> Si je parle de mon ancien actionnaire ce n'est pas pour trahir le secret de nos conversations qui ont suivi cette affaire. Je n'ai d'ailleurs pas le souvenir qu'elles furent désagréables. Tristes. Très tristes quand j'y repense. [...] Cette affaire m'a fait du mal, elle l'a blessé aussi. Peut- être plus durement. Arnaud Lagardère a pris cette histoire de plein fouet, foudroyé par la réaction du ministre de l'Intérieur, alors qu'il n'y était pour rien. [...]

> Je n’en veux pas à Arnaud Lagardère, mais à la violence du ministre de l’Intérieur de l’époque. Disons que j’ai été surpris par la réaction d’Arnaud Lagardère parce que je pensais qu’on avait des relations très claires. Il n’était pas au courant de cette Une. [...] Il m’a lâché parce que la pression était sans doute trop forte. Je ne l’avais pas prévenu parce que jamais jusque-là, à Paris-Match, on avait associé l’actionnaire à une décision de la rédaction. C’était ainsi du temps de Jean-Luc Lagardère, son père. Je n’ai pas à me demander comment ce dernier aurait réagi face à une telle situation. Je le sais.

> [Son refus des propositions de reconversion au sein du groupe Lagardère]. Ce n’était pas juste par orgueil, mais par cohérence. Un journaliste qui se couche en échange d’un poste prestigieux ne peut plus prétendre en être un. Après tout, je ne risquais pas ma vie, mais juste un bon salaire, un beau bureau et quelques attributs bling bling de pouvoir. En plus, je ne me voyais pas accepter un placard doré et dire à des journalistes qui me soutenaient: "Allez, on oublie tout !" Dans ces moments-là, on réfléchit beaucoup à ce que veut dire être journaliste.

Publier
ou pas "la" photo
> Fin juin 2005, tout le monde savait que Cécilia avait quitté son mari. Tout le monde en parlait. Sarkozy avait lui-même avoué à la télévision que son couple traversait une épreuve. Tous les journaux écrivaient gaillardement sur le sujet, mais à Match, on attendait une déclaration, une information officielle, que sais-je... On achetait toutes les photos qui circulaient, mais on ne publiait pas.

> D’abord parce que cette photo n’était pas rien. C’était une information unique dans l’histoire de la République. Mais ce silence de la part d’un journal comme Paris-Match devenait invraisemblable. La décision a finalement été prise quand on a su que d’autres journaux, anglais et français, s’apprêtaient à sortir les photos. Je ne suis pas subitement devenu fou. J’ai fait mon métier et tous ceux qui devaient être prévenus l’ont été.

> Je ne suis pas naïf, après 19 ans passés dans le groupe Lagardère à diriger des journaux, je savais qu’il y aurait des réactions. [...] Dans cette affaire précise, le poids du journal, de la photo en question et la situation bien française, du genre "Cachez ce sein que je ne saurais voir", a fait que tout à coup l’information est devenue vraie. Ce qui m’a surpris en revanche, c’est la violence de la réaction et ses conséquences. Ce n’était pas le Watergate quand même !

> [Si c'était à refaire...] Je me suis souvent posé la question et je répondrais "Non". Je n’ai pas de regrets, car je m’en suis sortie à tous les niveaux, amicalement, familialement, professionnellement, même si, aujourd’hui, je vis moins dans le confort. Mais il y a plus à plaindre que moi. Je ne tire aucune gloire de cette histoire. Je n’en suis pas fier d’ailleurs. Je ne le referais pas parce que ça fait mal et que cela n’a servi à rien.



Sur Nicolas Sarkozy :

> Je ne lui en veux pas, j’en veux au pourcentage de Français qui ont voté pour lui ; sur l’instant, j’ai même compris sa violence et le fait qu’il décharge toute la responsabilité sur moi. Il a fait pression sur moi, mais Chirac l’avait fait aussi.

> Il y a toujours des pressions de la part des politiques. En revanche, là, ça a craqué. Je n’ai fait jamais état de mes convictions politiques, mais je n’étais pas anti-Sarkozy. Disons que je n’aime pas son caractère.

> Sa violence verbale et son mépris, pour moi, mais aussi envers tous les dirigeants de mon groupe, m’a enlevé immédiatement toute la culpabilité que je pouvais avoir. Après tout, je n’avais fait que mon travail. A l’entendre, je faisais partie d’un complot destiné à l’abattre. [...] Il est sans cesse en train de se défendre contre des attaques, vraies ou imaginaires. A l’occasion de cette affaire, j’ai découvert ce qu’il était. [...]

> Tout ça crée un mélange de fascination et de peur, de l’auto-censure. A mes yeux, Nicolas Sarkozy n’a pas la vérité d’un Président. Et la France n’a pas le chef d’état qu’elle mérite.

> Est-ce une variante du syndrome de Stockholm ? Je n’arrive pas, même maintenant, à le détester complètement.

> Sources : l'interview de (Laure Joanin) pour actualitedulivre.com et les extraits du livre sur lenouvelobs.com et lesoir.be.


â–ºAlain Genestar avait attendu près de six mois avant de parler de son départ de Paris Match. Dans un entretien au journal Le Monde (du 17/11/06), il mettait pour la première fois publiquement en cause Nicolas Sarkozy :  "Le ministre de l'Intérieur, quand il affirme n'être pour rien dans mon licenciement, ne dit pas la vérité" (via liberation.fr). "Dans un grand pays libre et démocratique comme le nôtre, il n'est pas concevable qu'un ministre de l'Intérieur puisse être à l'origine du limogeage d'un journaliste", avait-il ajouté.

â–ºL'an dernier, l'ancien rédacteur en chef de Paris Match a tenté de reprendre la direction du groupe Le Monde. Bien qu'il ait "bombardé les décideurs [...] de textos" et malgré une expérience professionnelle très riche, Alain Genestar a échoué. Juste avant la décision, et alors qu'ils n'étaient que quatre candidats en lice, 20minutes.fr (du 07/06/07) jugeait ses chances infimes : "Il a peu de chance d'être soutenu par Alain Minc, conseiller de Nicolas Sarkozy [et président du conseil de surveillance] [...]. Il a beau avoir bossé aux Nouvelles de Kaboul, préparé le lancement prochain de Victor, un hebdo inspiré de Life et de Match, et tenu une chronique sur RFI, l'étiquette anti-Sarko et people risquent de lui coller au CV".

Polka Magazine n°2â–ºMais, alors, qu'est-il devenu ? Alain Genestar vient de créer une publication dédiée au photojournalisme : Polka Magazine. Actuellement trimestriel, ce magazine (dont les deux premiers numéros ont été salués par le milieu de la photo) va passer en bimestriel en septembre (le but de Genestar est d'en faire un mensuel). Les photographes reconnus voient leurs oeuvres publiées sur trois supports : le magazine, mais aussi une galerie d'art (voir ici) et un site internet.
> Voir aussi les articles de photographie.com, lemondedelaphoto.com, lecourant.info et photosapiens.com, ainsi que l'interview d'Alain Genestar sur blog.cfpj.com.

Paris Match ouvre les portes de l'Elyséeâ–ºEt le paparazzi ? Il s'en est encore mieux sorti... Pascal Rostain, qui avait pris le fameux cliché de Cécilia et Richard Attias, est pratiquement devenu le photographe officiel de Nicolas et Carla ! (challenges.fr du 08/06/08). Grand ami de la première dame, "Pascalou" a pris les clichés de Paris Match dans l'Elysée à l'occasion du premier anniversaire de l'élection présidentielle. Le Monde 2 (du 13/06/08) nous raconte même une anecdote amusante mais très révélatrice sur l'immaturité du président : Nicolas Sarkozy rejoint sa femme et le photographe dans son bureau. Et tout à coup demande à ce dernier : "Tu veux savoir ce que ça fait d'être président ?" Ni une ni deux, "Pascalou" s'assoit dans le fauteuil présidentiel, Carla se place derrière lui, un bras posé sur l'accoudoir et, clic-clac, le président prend la photo. Ariane Chemin, qui a vu le cliché, assure qu'il est l'exact symétrique de la couverture du numéro anniversaire de Match. Sauf que cette fois c'est Rostain qui "fait président". Qui a osé dire "petit garçon"?!

â–ºParis Match avait réalisé un gros score avec sa Une sur le couple Cécilia/Richard Attias. Les photos ont été prises (le 25 août 2005) à New York, où vivait le publicitaire (metrofrance.com). Le magazine révélait que le couple d'amants avait passé l'été ensemble. Avec 508 000 exemplaires écoulés, ce numéro était la meilleure vente de l'année pour le journal.

La presse dans le sangâ–ºGenestar a-t-il écrit ce livre en réponse à un autre paru il y a 6 mois? En octobre 2007, Gérard de Roquemaurel, patron des médias chez Lagardère, publiait "La presse dans le sang" (Robert Laffont), qui revient sur "L'affaire Cécilia-Paris Match". Cet ancien Pdg d'Hachette Filipacchi Média n'était pas tendre avec Genestar. Il l'accusait d'avoir dissimulé de bout en bout l'existence de cette couverture sans en avoir référé personne (lexpress.fr du 25/10/07). "Vous allez le faire passer, vis à vis de Nicolas Sarkozy, pour un salaud ou pour un con. Un salaud qui le trahit, en exposant l'amant de sa femme; ou un con qui est incapable de savoir ce qui se passe dans ses journaux", a-t-il dit (soucieux) à Genestar en lui ordonnant d'appeler Arnaud Lagardère. Gérald de Roquemaurel fait partie des victimes collatérales de l'affaire. Il sera renvoyé du groupe un an après.
â–ºAprès ces extraits parus dans L'Express, Alain Genestar a envoyé une lettre au journal pour répondre à ces accusations. L'ancien directeur explique qu'il a collaboré avec Gérald de Roquemaurel pendant plus de 20 ans mais que sa version n'est pas la vérité. Alain Ginestar déclare aussi : "Je ne raconterai jamais les détails et circonstances de la réalisation de cette couverture d'août 2005. C'est mon honneur de n'en rien dire et d'assumer, seul, sans mêler aucun de mes anciens collaborateurs et dirigeants de mon ex-groupe, les conséquences de ce qui a été publié dans le magazine que je dirigeais". Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis...

â–ºCraignait-il de subir le sort de son prédécesseur ? Selon rue89.com (20/03/08), Olivier Royant, l'actuel directeur de publication de Paris Match, a refusé un scoop "pour ne pas froisser Nicolas Sarkozy". Cécilia aurait proposé à Paris Match de suivre son mariage dans les coulisses. Le magazine a préféré décliner l'invitation...

> Attention, la Une qui suit est à prendre avec des pincettes. A la fin de la campagne présidentielle, une couverture de Paris Match avait circulé. Elle était présentée comme ayant (évidemment) été censurée. Impossible de savoir si c'est un nouveau cas d'autocensure de la part du magazine ou un fake très bien fait. Voir "L'épais dossier Cécilia" (DSS du 14/10/07).
Paris Match censure

â–ºLes Français s'inquièteraient-ils pour l'indépendance des journalistes ? Selon un sondage (CSA) publié aujourd'hui (16/06/08) dans Le Parisien, 59% des téléspectateurs ne font pas confiance au président et au gouvernement pour assurer l'avenir du service public. Malgré (ou, plutôt, à cause) de la commission Copé, 56% des personnes interrogées se disent pessimistes quant à l'avenir de la télévision publique.

â–ºLe grand ménage continue... Jacques Esperandieu (directeur de la rédaction du Journal du Dimanche) est remplacé par son "vieil ennemi", Christian de Villeneuve, "à la suite de divergences de vue sur la stratégie de développement du Journal" (lexpress.fr du 07/05/08). Officiellement, la baisse des ventes est à l'origine de ce changement. En mai 2007, Espérandieu avait dû renoncer à publier un article pour avoir rapporté que Cécilia n'avait pas voté pour son mari au second tour de l'élection présidentielle. Il avait pourtant d'abord donné son feu vert à sa rédaction. Le site Rue89 (15/05/07), qui avait révélé la censure, expliquait qu'Espérandieu avait dû changer d'avis sous la pression d'Arnaud Lagardère (popriétaire du JDD), ami intime de Nicolas Sarkozy. Même si l'article n'a pas été publié, les journalistes du JDD sont coupables d'avoir repéré le "scoop". L'avenir de Jacques Esperandieu paraissait déjà incertain.

â–ºLéché, lâché puis lynché ? Après avoir été souvent mis en valeur par les médias, Nicolas Sarkozy se plaint depuis quelques semaines de certains journaux. Le président s'estime maltraité par la presse et l'a fait savoir aux députés UMP (liberation.fr du 09/05/08). L'Express, l'AFP, Le Journal du Dimanche, Le Parisien et Marianne ont été montrés du doigt par Nicolas Sarkozy qui a "été obligé de décrocher mon téléphone et d’appeler" certains députés UMP pour qu’ils rédigent des communiqués (et faire pression sur les rédactions).


MarianneLe Point â–ºCette semaine, dans les kiosques à journaux, de nombreux articles ont pour sujet "Sarkozy et les médias". Vous pouvez ainsi consulter : le débat entre Edwy Plenel et Alain Genestar sur Sarkozy et la presse sur France Info du 15/06/08 (à écouter ici) ou les articles et dossiers de Marianne (du 14 au 21/06, via leblogtvnews.com), ouest-france.fr (13/06/08), lemonde.fr du 14/06/08, Le Point (du 12 au 19/06)

VIDEO 3 (2'31) Le magazine "7 jours sur la planète", réalisé par la rédaction de TV5, évoquait les relations troubles de Nicolas Sarkozy avec la presse française après l'éviction de Genestar. Le genre de reportage qui n'est jamais passé dans les J.T. hexagonaux.

â–ºLAURENT MACABIES / DSS

[+/-]  Le 17 juin 2008 - 21:06 Lacréole a dit :

Je trouve que l'influence politique sur les médias est beaucoup trop grande en France, et je suis persuadé que Sarko a demandé la tête de Poivre.

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