La semaine dernière il confiait au Point : "finalement, gouverner est plus facile que je ne le pensais". Hier soir, à la télévision, il disait : " C'est une charge si lourde, tous les jours on doit prendre des décisions difficiles. (…) Celui qui ne change pas alors qu'il est président de la République, c'est qu'il n'a pas très bien compris le poids, la difficulté de la mission qui lui a été confiée." Alors, facile ou pas facile ? Regardez. ► PIERRE BOHM/DSS
VIDEO 1 1'52 NS était attendu par les journalistes et les commentateurs.
►Jean Sarkozy a regardé l'émission dans une salle de projection avaec sa grand-mère.
►MAP (ministre des casinos) et Bernard laporte (ministre du dopage) ont sèché l'interview. Ils ont préfèré aller à la première de CNicolas Canteloup à l'Olympia.
►Qui a dit "Total respect" à propos de la presation présidentielle ? Rachida Dati ? Perdu, c'est Xavier Bertrand.
►Et la table du décor ? L'Elysée la garde, le service de presse a mis la main dessus. Le reste sera démonté, rendu aux loueurs et la facture de ce décor de 200 m2 a couté 260 000 € aux chaînes. (le Parisien)
VIDEO 2 (19'13) : 72% des français ne pensent pas que son action va dans le bon sens? Il s'y attendait. Thèse numéro 1 : le monde a changé mais la France s'est fait dépasser. Et comme ses réformes pour maintenir la France "en première division" sont mal expliquées, le peuple ne comprend rien. De toute façon tous les grands réformateur comme lui ont été incompris, donc il s'était "préparé" à être impopulaire. Et puis, c'est vrai que "le capitalisme financier qui marche sur la tête" et le prix du pétrole n'aident pas beaucoup. S'en suit un numéro de VRP pour nous convaincre que le Sarkozy nouveau est arrivé. Enfin, début de l'interview consacrée à l'Economie.
VIDEO 3 (19'18) : Nicolas Sarkozy est amené à "comprendre" la position des salariés en grève pour leur salaire (Airbus, Coca-Cola). Il aborde aussi la question du déficit, et réagit aux critiques sur la loi TEPA (qui instituait en autre, un bouclier fiscal à 50%), parle heures sup', croissance, chomage, RSA (qu'il compte financer avec 1;5 milliards et demi maximum alors que Martin Hirsh en demande 3) et chômage des séniors.
VIDEO 4 (19'09) : C'est le moment des questions de société. Le président donne son sentiment sur les travailleurs en situation irrégulière qui sont en grève pour demander leur régularisation, soutenus par leur patron, et renonce pour cause d'opposition tacite de l'UMP, à l'une de ses propositions de donner le droit de vote aux étrangers aux élections locales, et reconnait qu'il ne renoncera pas aux suppressions de postes dans l'éducation nationales qui mettent lycéens et professeurs dans la rue : "quand on est jeune, on est forcément inquiet". Quand on est vieux aussi, et entre les deux aussi.
VIDEO 5 () : Retraite, OGM, Tibet, Jo.
VIDEO 6 (19'08) : Nicolas Sarkozy se dit opposé à l'entrée de la Turquie en Europe et consultera les Français si la question vient sur la table. Il explique pourquoi il a envoyé 700 soldats supplémentaires en Afghanistan, et affirme qu'il mesure les risques d'attentats qu'il fait courir au pays en envoyant des troupes là-bas. Au Proche-orient, il refuse de discuter avec le Hamas qui "veut rayer Israël de la carte", parle de ses efforts pour faire libérer Ingrid Betancourt. Sinon, qu'on se le dise, Fillon est un "bon" Premier ministre. Il fut un temps où il était "remarquable" et il reconnait que ses conseillers communiquaient trop.
VIDEO 7 (3'13) : La conclusion : Il sait qu'il a fait des erreurs mais il essaye de les corriger, 10 ans au pouvoir lui parait "largement suffisant" car "le temps que l'on met à durer on ne le met pas à agir". Une petite pique à Chirac pour finir, cela ne pouvait pas faire de mal.
Les réactions VIDEO 8 12' Royal sur France Inter démolit le show de la veille. Pour les fans et les masochistes.
Julien Dray, porte-parole du PS : "L'inquiétude et la colère de la France qui aujourd'hui souffre durement d'un contexte économique qui s'est extrêmement dégradé ne sont pas levées ce soir, au sortir de la prestation du président de la République (...). C'est un président tendu, essayant par l'abondance de chiffres d'éviter d'avoir à constater l'impasse dans laquelle il se trouve, que nous avons vu".
Bertrand Delanoë (PS), maire de Paris : "Dans sa tentative de justification d'une politique aussi illisible qu'inefficace aux yeux de nombreux Français, Nicolas Sarkozy a surtout recyclé mécaniquement son argumentaire de la dernière campagne présidentielle. Son propos, souvent confus et imprécis n'a ouvert aucune perspective crédible pour répondre aux enjeux de la croissance et du pouvoir d'achat".
Marielle de Sarnez, MoDem : "Je n'ai pas trouvé de feuille de route, pas de perspective. Les Français attendaient de savoir où ils allaient et je ne crois pas que cette émission les ait éclairés".
LCR : "En s'opposant à toutes les revendications en cours, emploi, éducation, santé, salaires, sans-papiers, il est apparu pour ce qu'il est : le président de fait du Medef et des réformes réactionnaires".
Patrick Devedjian, secrétaire national de l'UMP : "J'ai trouvé Nicolas Sarkozy très authentique, vrai dans ses réponses, humble même, quand il le fallait".
Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée : "Comme nous, le Président a ressenti l'impatience des Français qui soutiennent les mesures déjà prises mais attendent encore davantage. Ce message a été reçu".
Christine Boutin, ministre du Logement : "Nicolas Sarkozy a été rassurant pour les Français car il a confirmé qu'il ferait les réformes, même si c'était difficile et impopulaire".
Jean-Marie Le Pen, président du Front National : "L'indéniable et habile rhétorique" de Nicolas Sarkozy "ne peut convaincre personne, car les faits sont plus têtus que les paroles".
François Chérèque, secrétaire général de la CFDT : le président de la République "a reconnu avoir fait des erreurs mais en fait, il ne change rien, en particulier sur le pouvoir d'achat".
Jean-Christophe Le Duigou, un des principaux dirigeant de la CGT : "A l'issue de ce long exposé, toutes nos inquiétudes se trouvent confortées".
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