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De source sûre | politique + affaires : Ce qu'a dit Sarkozy au Parisien et ce qu'il n'a pas dit
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Ce qu'a dit Sarkozy au Parisien et ce qu'il n'a pas dit
►ATTENTION, UNE BOURDE PEUT EN CACHER UNE AUTRE + 1 VIDEO



"Au salon, j'aurais mieux fait de ne pas lui répondre".
Le titre barre la double page du Parisien d'aujourd'hui (26/02). Tiens, Nicolas Sarkozy reconnait son erreur d'avoir traité de "pauvre con" un badaud qui refusait de lui serrer la main. Mais cela ne s'est pas passé exactement comme ça. L'interview par quinze monsieur et madame tout le monde a été organisée en grandes pompes, mais les excuses ont été rajoutées en catimini. Si, après chaque bourde, il y a une bavure, va falloir embaucher. ►PIERRE BOHM / DSS
Pour survoler l'interview du Parisien (on y apprend le retour de Claude Allègre au gouvernement) et aussi entendre l'un de ses responsables expliquer qu'il y a eu rajout d'excuses en dernière minute, suivez la flèche élyséenne.

"Cette phrase n'a rien à voir avec ce qui a été prononcé face à nos lecteurs". C'est Dominique de Montvalon, directeur adjoint de la rédaction du Parisien qui le dit."En substance,  il n'avait pas exprimé le moindre regret". C'est donc après relecture de l'Elysée (relecture systématique dans ce genre d'exercice) que la phrase d'excuses a été ajoutée à l'interview.  La version de Sarkozy lors de l'entretien était tout autre. Selon Dominique de Montvalon, le Président se serait dit victime d'une véritable provocation et a répondu sur le moment sur le thème du "quand on me cherche on me trouve".

VIDEO 1 (8'23) : Dominique de Montvallon s'explique par téléphone lors de la matinale de Canal Plus interrogé par Bruce Toussaint.




Voici des extraits de l'interview à commencer par la  fameuse question : la dernière phrase de la réponse, qui titre la double page d'interview a été rajoutée par l'Elysée après relecture.
CLAUDE-SOPHIE GUIRAUDET. A propos de la vidéo qui circule sur Internet, avec votre apostrophe "Casse-toi, pauvre con", la mère que je suis se pose la question : le président peut-il se comporter comme Monsieur-tout-le-monde ? Cela me rappelle le "coup de boule" de Zidane...

 NICOLAS SARKOZY. "Il est difficile même quand on est président de ne pas répondre à une insulte, j'ai sans doute les défauts de mes qualités. Ce n'est pas parce qu'on est le président qu'on devient quelqu'un sur lequel on peut s'essuyer les pieds. Cela étant, j'aurais mieux fait de ne pas lui répondre".
 ► Sur les mauvais sondages :
"Pour devenir président, il faut en passer des collines, des vallées, des montagnes ! Il ne faut pas croire, quand les sondages sont bons, que tout va bien et quand les sondages sont mauvais, que tout va mal. Si on réagit comme ça, on n'arrive jamais au bout ou d'un projet. Mais je me dois d'être lucide et d'en tenir compte. Des épreuves, j'en ai connu dans ma vie comme tous les Français. J'ai été élu pour cinq ans pour transformer la France. C'est mon travail, c'est ce que je vais faire. On élit quelqu'un pour qu'il affronte les épreuves. Je m'y étais préparé. J'observe également le décalage immense entre ceux que le gouvernement met en oeuvre sur le fond des choses et la caricature qui en est parfois présentée. Je vais m'attacher à mieux présenter notre politique afin qu'elle soit mieux comprise".
 ►Sur son hyperactivité et son hyper médiatisation :
"Hyperactif, c'est mon devoir pour réveiller un pays qui sommeillait. Je ne porte pas de jugement critique sur ce qu'ont fait, ou pas, les autres. Hyperactif, je le dois à la France parce que, si le président ne s'engage pas, ça ne bouge pas. De cette pièce où nous sommes pour prendre des décisions, à l'arrivée dans les administrations, quand je demande 100, j'obtiens 10. Si je ne tape pas du poing sur la table, si je n'exige pas des résultats, il ne se passe rien. C'est normal, les gens ne veulent pas d'ennuis. J'aurais moins d'ennuis dans l'inertie mais dans ce cas je ne ferai pas ce que j'ai promis aux Français. Hyperactif, il faut donc que je le sois car les Français ont le sentiment qu'on n'a pas tout fait pour obtenir des résultats. Hyper médiatisé ? Je vous demande de me croire : je ne le cherche pas. Je ne vois pas d'ailleurs comment je pourrais empêcher la publication de ces photos".
► Allègre bientôt au gouvernement ?
"Claude Allègre est un homme avec qui j'aimerais un jour travailler. C'est un grand scientifique. Il veut changer les choses. Sur la société civile, c'est plus compliqué parce que la politique, c'est un métier. Christine Lagarde, qui est avocate, vient de la société civile. C'est une femme remarquable qui réussit très bien. J'ai demandé aussi qu'on change les recrutements des ambassadeurs. Nous avons nommé Jean-Christophe Ruffin, qui est Prix Goncourt, ambassadeur au Sénégal. Je veux les meilleurs au service d'un même projet. Regardez ce qui s'est passé pour la SNCF. Mme Idrac a été ministre d'Alain Juppé. Pépy a été directeur de cabinet de Martine Aubry. Qui avons-nous choisi ? M. Pépy. Ça m'est égal qu'il soit de gauche et elle de droite : je cherchais le meilleur, et j'ai estimé que pour la SNCF, le meilleur c'était lui. Je déteste le sectarisme".
Source : Le Parisien du 26/02

L'histoire d'une vidéo (la revoir) vue 3 millions de fois sur le net et dix fois plus à la télévision. Total : 33 millions de télespectateurs.
C'est un collectif de journalistes pigistes, youpress (site officiel) qui était présent au salon de l'agriculture dans le but de vendre leur travail à des journaux régionaux. Dans la bousculade qui a entouré l'altercation, le caméraman filme sans savoir qu'il enregistre l'insulte de Nicolas Sarkozy à un badaud qui refuse de lui serrer la main. Ce n'est que peu après dans la salle de presse qu'il se rend compte qu'il a capturé les mots présidentiels. Il choisit de vendre l'extrait au Parisien après l' avoir proposé à une agence de presse qui a refusé l'offre. (interview de lexpress.fr)

Pour (re)voir le Président insulter un badaud, foncez regarder le tube de la semaine (DSS).


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