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Crime sexuel et châtiment
Francis EvrardPilules de Viagra
DOSSIER
A qui la faute ? C'est la question que tout le monde se pose après l'affaire du viol de Enis (5 ans). La faute, en premier lieu, à Francis Evrard, le pédophile qui s'est vanté d'avoir "connu une quarantaine d'enfants". Mais, comment ce multi-récidiviste s'est-il procuré des pilules de Viagra moins d'un mois après sa sortie ? Le coupable est-il le médecin qui a prescrit les petites pilules bleues à un pédophile dans une prison fréquentée aux deux tiers par des délinquants sexuels ? Ou bien est-ce la faute au système pénitentiaire qui veut que le médecin n'ait pas automatiquement accès au dossier pénal de son patient ? Ou aux magistrats qui ont relâché Francis Evrard ? Notre hyper-président Nicolas Sarkozy a (comme toujours) trouvé la solution : enfermer les délinquants sexuels dans des hôpitaux fermés et les castrer chimiquement (alors que les lois en cours ne peuvent pas être appliquées faute de moyens). Il est vrai que pour lui, les pédophiles sont génétiquement déterminés (comme les tendances suicidaires, voir DSS "Suicide et politique, mode d'emploi"). Et imposer ses choix de société à chaque faits divers, est ce l'inné ou est ce l'acquis ?

VIDEO 1 (1'55) Fraîchement rentré de ses vacances aux States, le Président Sarkozy donne une conférence de presse pour annoncer des mesures plus restrictives contre les pédophiles après l'affaire Evrard.

Les dessous de l'affaire, le "plan Sarko", les mesures contre la pédophilie dans le monde et tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Viagra (sans jamais avoir osé le demander) se trouvent sous la flèche.

UPDATE du 27/08/07
> Francis Evrard a été interrogé dans sa prison de Caen en octobre 2000 pour Zone Interdite alors qu'il lui restait 7 ans à purger. L'émission 66 minutes a rediffusé son témoignage dimanche (26/08/07) et le leJDD.fr a compilé quelques extraits de l'émission de M6. Il reconnaît avoir toujours des pulsions pédophiles et que les visions se son crime "ne le dérangent pas" et qu'il "y pense, mais sans plus". Il estimait aussi qu'il n'était pas nécessaire pour lui d'avoir recours à un traitement hormonal. Il révélait (au milieu d'autres dysfonctionnements du système judiciaire) qu'il n'a été suivi par un psychiatre que pendant 9 mois (sur 25 ans de détention)... Voir d'autres extrait sur liberation.fr du 27/08/07.

> Selon deux journaux belges (Le Soir et Nord Eclair), Francis Evrard avait déjà été interné pendant quatre ans (de 1969 à 1973) en Belgique pour des actes pédophiles (lci.fr du 26/08/07). Il avait entraîné trois jeunes enfants, deux garçons et une fillette, pour se livrer sur eux à des "faits graves".

Les ratés de l'affaire Evrard

Francis Evrard> Francis Evrard (61 ans) a été condamné en 1975 à 15 ans de réclusion criminelle pour attentats à la pudeur sur mineurs.
Puis, en 1985, il écope de 4 ans de prison pour des faits identiques.
En 1989, il est condamné à 27 ans de réclusion criminelle (dont 2 tiers de sûreté) pour des viols sur deux garçons mineurs.
Il avait été mis en liberté conditionnelle le 2 juillet dernier après "avoir effectué la totalité de sa peine" et était depuis sous le régime de la surveillance judiciaire.

> Avant sa sortie de prison, les experts psychiatriques avaient estimé que Francis Evrard présentait un risque très sérieux de récidive (lemonde.fr du 17/08/07). Il était donc astreint à des mesures de surveillance judiciaire mais il ne les a pas respectées (il devait par exemple prévenir la justice de ses moindres déplacements jusqu'en 2013).

> Francis Evrard et les quarante enfants... mensonge ou vérité ? "Il est impossible aujourd’hui de dire s’il a violé 40 enfants. Il peut aussi s’agir d'autres faits que des viols : attouchement sexuel, exhibitionnisme..." a expliqué un policier après que le pédophile a déclaré avoir "connu une quarantaine d'enfants" (francebourse.com du 21/08/07). Son avocat a déploré une "violation du secret de l'instruction" après que la presse a rapporté ces propos.

> "Je flashe sur les gamins, et alors ! Ce n'est pas pour ça que je vais m'en taper un quand je serai dehors". Le Figaro a obtenu un document sonore censé reproduire les propos du pédophile un mois avant sa sortie (le 2 juillet). Evrard se justifiait après que l'on a retrouvé dans sa cellule une carte postale d'un enfant nu avec la tête entre ses jambes (lavoixdunord.fr du 19/08/07). A propos de ce qu'il appelle "une pulsion qui [lui] prend parfois", il expliquait : "Je vais tout faire pour la bloquer. Si je pense qu'il va se passer quelque chose avec un enfant, je prendrais un cachet pour m'empêcher d'agir".

VIDEO 2 (2'05) Portrait du violeur dans le Journal télévisé de TF1 du 18/08/07. Le père d'Enis, très marqué par l'affaire, ne comprend pas pourquoi on a libéré Francis Evrard.

> En guise de cachet, le violeur aurait pris du Viagra... Un médecin lui avait en effet prescrit ces pilules à la prison de Caen car Evrard "souffrait" de troubles de l'érection. Une prescription sans doute maladroite. Mais le praticien (qui a reconnu spontanément les faits) a précisé qu'il n'avait pas eu accès au dossier de son patient. Pourtant, selon l'UNAF (syndicat de surveillant), 70 à 75 % des détenus de la prison de Caen sont des délinquants sexuels (seniorsplanete.fr du 20/08/07). Même si la plaquette de Viagra retrouvée était entamée, Evrard a indiqué ne pas en avoir utilisé lors de son dernier viol (humanite.fr du 20/08/07). Pour Mustafa Kocakurt, le père d'Enis, "Lui prescrire du Viagra c’est comme si on donnait de la viande fraîche à un pitbull. C’est l’alimenter avant de le lâcher dans la nature" (liberation.fr du 21/08/07). L'avocat du pédophile avait auparavant formulé une comparaison du même acabit : "C'est comme si on donnait un arme à un braqueur qui sort de prison".

> Un haut responsable de la prison de Caen a confirmé que le médecin ne pouvait légalement pas avoir le dossier pénal sous les yeux (tf1.fr du 21/08/07). "Il ne connaît que ce que le condamné ou l'administration veut bien lui dire". Rachida Dati (ministre de la Justice) a annoncé un changement du système : "Il faudra que l'administration pénitentiaire puisse avoir accès au dossier médical de la même manière que les médecins puissent avoir accès au dossier pénitentiaire" (lenouvelobs.com du 21/08/07). Selon l'administration pénitentiaire, même si le dossier médical "n'est pas transmis systématiquement" au médecin, celui-ci peut le demander s'il l'estime "nécessaire". Voir aussi le reportage du Figaro sur le quotidien d'un médecin de prison.

VIDEO 3 (55'') Rachida Dati a été placée au premier plan dans cette affaire. Elle déclare vouloir que l'administration pénitentiaire ait accès au dossier médical.

Rachida Dati. envoyé par UDF

> Francis Evrard a répété aux enquêteurs qu'il n'avait pas pris de Viagra avec Enis. Il dit avoir pris un cachet pour regarder un film porno et un autre en regardant une revue érotique. Lors de son interrogatoire, il a aussi expliqué qu'il n'aurait pas assassiné l'enfant et qu'il a eu une pulsion. "Ce n'était pas prémédité" a-t-il insisté (lci.fr du 22/08/07). Il a raconté avoir été violé à 10 ans par un homme et a demandé que, "pour une fois", on l'écoute et on le soigne.

> Véronique Vasseur, ancien médecin-chef de la Santé, dénonce le système pénitentiaire qui ne prend pas en charge la maladie des pédophiles :"Il n'existe qu'un seul centre pilote à Fresnes où ne sont soignés que 12 pédophiles. C'est ridicule" (Le Parisien du 21/08/07). Elle explique aussi que les détenus ne sont pas obligés de se faire soigner. Or, la plupart des délinquants sexuels font "profil bas" en prison (ne souhaitant pas se faire remarquer) et préfèrent renoncer à suivre un traitement. D'après son avocat, Francis Evrard se serait d'ailleurs senti abandonné à sa sortie de prison (lenouvelobs.com du 21/08/07).

Fabrice Evrard

> Le cas Evrard n'est peut-être pas isolé... Un pédophile récidiviste du centre pénitentiaire de Caen, et qui a le même profil psychologique que le violeur de Enis, doit être libéré samedi prochain (lexpress.fr du 21/08/07). D'après un responsable syndical de la prison, "il se vante ouvertement qu'il va recommencer". Il devrait faire l'objet d'un suivi socio-médical jusqu'en 2011.
UPDATE > La remise en liberté de ce pédophile a finalement été repoussée d'un mois par la commission d'application des peines car des images pédophiles ont été retrouvées dans sa cellule. Selon des gardiens de la prison, le pédophile promettait de "faire pire qu'Evrard" à sa sortie (nouvelobs.com du 24/08/07). Quid de ce qui se serait passé sans la médiatisation de cette affaire ?


Le "plan Sarko"

> Nicolas Sarkozy a annoncé 4 (grandes) mesures (voir le communiqué en intégralité sur newspress.fr du 20/08/07) :
1) "Les conditions de suivi" des délinquants sexuels doivent être "renforcées" à leur sortie de prison (contrôles judiciaires et suivi médical).
2) Les délinquants sexuels devront, au minimum effectuer la totalité de leur peine. "Pour les délinquants sexuels, la question des remises de peine ne doit être posée qu'en fin d'exécution et non pas au début".
3) Des hôpitaux fermés seront réservés aux pédophiles. Le premier établissement est  d'ores et déjà prévu pour 2009 (à Lyon). En fin de peine, les pédophiles seront évalués par des médecins pour savoir s'ils pourront être libérés.
4) Certains pédophiles pourraient être contraint de suivre un traitement hormonal. "Appelez-le castration chimique, les mots ne me font pas peur", a-t-il rajouté.

La castration médicale
Schéma de la castration chimique tirée de patienthealthinternational.com.

> Mélanie-Angela Neuilly et Kristen Zgoba ont fait une étude sociologique très intéressante retraçant l'emballement médiatique et politique provoqués par les délinquants sexuels sur les enfants depuis la Révolution Française dans "La panique pédophile en France et aux USA" (sur le site champpenal.revues.org). Un texte qui ne sera pas contredit par cette affaire.

> Gérard Collomb, maire (PS) de Lyon, s'est déclaré d'abord "surpris" par l'hypothèse d'un hôpital fermé dans sa ville et a dénoncé une "annonce visiblement hâtive et faite sans préparation et sans discussion avec le terrain" (lemonde.fr du 21/08/07). Il a ensuite souligné que l'hôpital fermé était déjà en préparation et qu'il s'agissait originellement d'un établissement dédié aux détenus nécessitant des soins psychiatriques en général (lenouvelobs.com du 22/08/07). "On a décidé qu'on le consacrerait plus spécialement aux problèmes des pédophiles", a-t-il ajouté.

> La castration chimique est la mesure la plus décriée (avec l'hôpital fermé). En quoi consiste-t-elle ? Il s'agit d'administrer deux médicaments : la cyprotérone et la leuproréline, connus pour diminuer la testostérone, l'hormone qui agit sur le désir sexuel (Le Journal de la Santé du 09/11/04). Les effets de ces deux traitements seraient réversibles au bout de quelques jours.

> Les réactions ne se sont pas faites attendre après les mesures envisagées par Nicolas Sarkozy :
>>> Pour Christiane de Beaurepaire, chef du service de psychiatrie à la prison de Fresnes, il s'agit d'une "solution opportuniste [...] qui ne peut en aucun cas résoudre l'immensité du problème" (yahoo.fr du 21/08/07). Elle estime que les moyens n'ont jamais suivi en prison et rappelle que 10 à 15.000 détenus nécessitent des soins psychiatriques, soit 25% de la population carcérale.
Balance de la justice
 >>> Sylvie Balanger, praticien hospitalier à l'hôpital de la Santé, assimile l'hôpital fermé au "bagne de Cayenne" (lefigaro.fr du 20/08/07). "On ne peut pas gérer les personnes qui souffrent de ce trouble comme des pots de yaourt", rajoute-t-elle. Elle dénonce la dépréciation des médecins de prison dans notre société actuelle.

>>> Laurence Mollaret, vice-présidente du Syndicat de la Magistrature, résume bien le sentiment général des professionnels médicaux et pénitentiaires après les mesures voulues par le président Sarkozy. Pour elle, "Nicolas Sarkozy ne prononce rien de fondamentalement nouveau [...] La loi actuelle est suffisante, ce sont les moyens qui manquent" (liberation.fr). Au lieu de vouloir durcir la loi, ne serait-il pas finalement plus opportun d'appliquer efficacement celle-ci ? Elizabeth Guigou a, en effet, instauré en 1998 "le suivi socio-judiciaire" avec une injonction des soins pour les délinquants sexuels pendant une période pouvant aller de 10 à 20 ans.

>>> Selon Maryse Lebranchu, ancienne garde des Sceaux (socialiste), ces mesures constituent une "forme de retour à la barbarie" (leparisien.fr du 21/07/08). "L'homme politique doit prendre du recul", a-t-elle ajouté. "La société doit être une société de justice et non de vengeance".

>>> Les deux principaux syndicats de magistrats (USM et SM) ont regretté qu'aucune des mesures annoncées par le président Sarkozy ne concerne le renforcement du suivi en prison (tf1.fr du 21/08/07). L'USM a qualifié ces mesures "d'effet d'annonce" et de "réaction hyper médiatisée".

>>> Georges Fenech, député UMP (et membre de la commission d'Outreau), parait bien seul dans ce concert de critiques. "Ces mesures ne me choquent pas", dit-il," et j'irai même plus loin. Je propose le fichage des pédophiles et la disponibilité de ces listes pour tous. Ainsi, chaque citoyen pourrait savoir si un pédophile réside près de chez lui" (lci.fr du 21/08/07).

VIDEOS 4 et 5 (2'40 et 2'45) Françoise Cotta, avocate au barreau de Paris explique à Rue 89 que le traitement hormonal nécessite que la personne traitée doit être consciente de son problème et souhaite arrêter. "Le soin est entièrement psychologique". Une sanction sans soin profond n'a aucun sens selon l'avocate qui regrette le manque de moyen pour prendre en charge les pédophiles. Selon elle, les mesures prônées par Nicolas Sarkozy sont à "la limite du supportable pour une société évoluée, une société démocratique et une société de progrès".


Et ailleurs ?

Pince à castration> La castration chimique est très peu utilisée en Europe sauf en Allemagne, au Danemark et en Suède. En Allemagne, la castration chimique est possible depuis 1969 (doctissimo.fr).


> Le Canada met l'accent sur la prévention pour lutter contre la pédophilie (rue89.fr du 20/08/07). De nombreux tests sont effectués pour évaluer la dangerosité du patient et évaluer leur potentialité de récidive afin de les diriger vers un service adéquat et tenter de les soigner. Ils peuvent être traités à condition qu'ils soient volontaires pour l'être. Cette démarche préventive semble porter ses fruits puisque le taux de récidive est en net recul.

VIDEO 6 (19'55) Certains Canadiens comme le président des personnes assassinées ou disparues ne sont pourtant pas satisfaits des solutions apportées au Canada. Dans cette émission de Denis Levesque, il préconise la castration... et la lobotomie (comme dans "Orange Mécanique") après la mort d'un enfant. Il débat avec l'avocat d'un pédophile castré (volontairement) et un sexologue clinicien. Les affaires de pédophilie donnent toujours lieu à des discussions passionnelles.

> En Angleterre, les criminels les plus dangereux encourent des peines à "durée indéterminée" (lefigaro.fr du 20/08/07). Depuis 2003, ils ne sont pas libérés de prison tant que la commission des remises de peine estime qu'ils sont dangereux. En 2006, s'est créé un site Internet gouvernemental dans lequel les visiteurs peuvent dénoncer des personnes qu'ils trouvent suspectes.

> Le gouvernement britannique a récemment annoncé son intention de recourir à la castration chimique (cyberpresse.ca du 13/06/07). Le traitement serait effectué sur la base du volontariat (comme en Allemagne). La loi (qui pourrait être adoptée en avril 2008) prévoie également que les personnes qui pourraient être concernées soient au courant du passé d'un pédophile dans leur entourage.

> Le projet anglais s'inspire de la Megan's Law (voir wikipédia, en anglais) américaine (même si les conservateurs regrettent qu'elle n'aille pas aussi loin). Cette loi a été instaurée le 17 mai 1996 aux USA après l'enlèvement et le meurtre de Megan Kanka (en 1994). La base de cette loi est "Chaque parent à le droit de savoir si un voisin dangereux entre dans son voisinage". Tous les délinquants sexuels sont donc enregistrés et ils doivent prévenir la police de leur nouvelle localité lorsqu'ils déménagent. La liste est à disposition du public. Au Kansas, la "sodomie consentie" ("consensual sodomy") était, jusqu'en 2003, un délit justifiant l'enregistrement...

Fichier de la Megan's Law

> De nombreuses associations prônant les libertés individuelles sont farouchement opposées à la Megan's Law. Certains contrevenants peuvent être (injustement) inclus parmi les délinquants sexuels dans certains Etats, tels que des nudistes, les femmes allaitant leur bébé en public, les personnes urinant dehors... Elle pose aussi le problème de la double peine et certains spécialistes pensent qu'une loi si dure entraîne plus fréquemment une récidive car le délinquant a beaucoup de mal à se réinsérer. Les délinquants peuvent aussi être traqués ; en août 2005 et avril 2006, deux personnes se sont faite tuer car on avait consulté leur fichier et vu qu'ils avaient des antécédents pédophiles. De plus, les délinquants fichés sont ceux qui se soumettent à la loi, les autres ne donnent pas leur nom à la police lorsqu'ils déménagent... Voir aussi l'histoire de la Megan's Law sur BBC News du 12/12/01 (en anglais).

> Pour tout savoir sur les sanctions encourues et les mesures contre les agressions sexuelles en Europe et aux Etats-Unis (avant décembre 1996), lisez le grand dossier du Sénat.


Qui veut la peau du viagra ?

Pilules de Viagra


> Le Viagra est commercialisé en France depuis novembre 1998. Au départ, il a surtout provoqué beaucoup de (virils) gloussements... Puis une angoisse après que les médias annonçent 33 morts en moins d'un an. En réalité, les pilules bleus n'ont jamais tué personne (si l'on suit les indications d'emploi) même s'il peut exister de petits effets secondaires (maux de têtes, rougeurs...). Tout, tout, tout, vous saurez tout sur le Viagra dans le dossier médical (sur 2 pages) de doctissimo.fr qui indique que le principal risque est la valorisation de la culture de la performance sexuelle...

> Le Viagra doit être ingurgité par voix orale 30 à 45 minutes avant la relation sexuelle. Ses composantes chimiques restent dans le sang pendant 4 heures. Contrairement aux idées reçues, ce n'est pas une pilule miracle ; il faut être stimulé sexuellement pour que cela fasse son effet (psychomedia.qc.ca). "Le Viagra ne créé pas de pulsion, ni de désir sexueI. Il favorise l'acte sexuel mais n'en est pas à l'origine", explique Sylvie Balanger (praticien hospitalier à la prison de la Santé) dans une interview pour le figaro.fr du 21/08/07. La pilule coûte 12 euros.

> Au départ, le Viagra (appelé scientifiquement Sildénafil) était un médicament développé pour réduire l'hypertension artérielle (wikipedia.org). Mais les premiers résultats ont été très décevant pour guérir cette maladie. Décevant ? Pas pour tout le monde, puisque certains patients ont découvert une seconde jeunesse après la prise de ces pilules bleues ! Le Viagra a ainsi été commercialisé pour les dysfonctionnements érectiles. Il a connu un tel succès mondial que dans les pays où il n'était pas commercialisé, il se vendait au marché noir pour plus de 10 fois son prix.

> On aurait pu croire que le Viagra allait permettre à certains couples de retrouver la sérénité. C'est pourtant le contraire qui se produit parfois... Il serait à l'origine de nombreux divorces dans des pays anglo-saxons où des épouses se plaignent d'être harcelées et trompées (seniorplanet.fr du 14/08/07).

> Les femmes vont-elles aussi avoir droit au Viagra ? Un nouveau médicament en train d'être testé pourrait avoir un effet sur les zones qui déterminent le plaisir féminin (aldavas.be 08/01/07). Si les tests sont concluants, le Viagra pour femme (qui était à l'origine un anti-dépresseur) sera commercialisé en 2009.

> Le Viagra ne s'achète qu'après prescription du médecin. Mais la vente sur Internet est très fréquente (les sites qui en vendent foisonnent). Pourtant, mieux vaut être méfiant. Des scientifiques britanniques ont analysé des échantillons de ces pilules et se sont aperçus que la moitié d'entre elles contenait soit des composants différents, soit moins de principes actifs qu'il n'y en a dans le véritable médicament (pcimpact.com du 29/09/04). En clair, que c'était des contrefaçons et qu'elles pouvaient être dangereuses.

> Mieux que le Viagra, voici le Super-Viagra ! Le Cialis est une nouvelle molécule active dès la seizième minute et dont les effets durent plus de 24 heures (seniorplanet.fr du 19/06/06). Il aurait très peu d'effets secondaires (moins de 5 %). Attention tout de même à ne pas abuser...

> Connaissez-vous les huîtres aphrodisiaques ? Libération (du 5 juin 2007) relate l'insolite histoire d'un ostréiculteur australien de 59 ans qui a eu l' (étrange) idée de nourrir ses huîtres au Viagra après prescription de son médecin. L'huître étant déjà bonne pour l'appétit sexuel, le mélange des deux serait détonnant... Les plats de cet ostréiculteur connaissent un grand succès.

VIDEO 7 (1'15) Attention aux enthousiastes, le Viagra peut être dangereux pour la
santé !

DOSSIER : Laurent Macabiès (DSS)

[+/-]  Le 23 août 2007 - 10:24 BEVE Claude a dit :

Article trés bien compilé et au final une pointe d'humour. Rien ne manque dans le fond mais plus de photos auraient agrémenté l'ensemble... On en redemande...

[+/-]  Le 24 août 2007 - 16:40 Clémence a dit :

Un sujet difficile, traité avec tact et justesse. bravo !

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