|
|

|
| |
Revues de presse
réalisées par :
|
|
|
â–ºDÉSERTEUR
Le 23 juin 1959, Boris Vian succombait à une crise cardiaque (à 39 ans) en découvrant au cinéma l'adaptation de son livre "J'irai cracher sur vos tombes" souillée par les producteurs. On peut se demander comment réagirait le génie subversif en apprenant que Carla Bruni ou Arielle Dombasle vont massacrer reprendre ses chansons dans un CD qui sort à l'occasion du cinquantième anniversaire de sa mort (voir en fin de page). Plutôt que de postillonner sur la sépulture de l'artiste, nous avons sélectionné quelques unes de ses chansons les plus marquantes. Ecrivain, bricoleur, traducteur, poète, trompettiste, scénariste, acteur... la liste des talents de Boris Vian ne saurait être exhaustive. Nous avons donc choisi la musique, témoin d'un éclectisme et d'une subversivité rarement égalée par la suite. En espérant que les futures reprises ne résonnent pas comme des "arrache-coeurs".
"Monsieur le Président, je vous fais une lettre que vous lirez peut-être si vous avez le temps..." Ecrite le 15 février 1954 (vers la fin de la guerre d'Indochine et le début de celle d'Algérie), la chanson "Le déserteur" est devenue au fil du temps un hymne pour tous les pacifistes. Mouloudji enregistre pour la première fois le morceau le 7 mai 1954, jour de la défaite de Diên Biên Phu. C'est l'interprète qui aurait incité Boris Vian à changer le dernier couplet trop violent. Dans la première version, le déserteur veut se défendre ("Prévenez vos gendarmes que j'emporte des armes et que je sais tirer"). Le passage sera transformé par "Prévenez vos gendarmes que je n'aurai pas d'armes et qu'ils pourront tirer". La chanson provoque un scandale dès sa sortie. Les anciens combattants ont, par exemple, manifesté leur mécontentement à plusieurs concerts de Vian. Au déclenchement de la guerre d'Algérie en novembre 1954, la chanson est interdite à la radio pour "anti-patriotisme". Elle sera censurée jusqu'en 1962.
A gauche, l'interprétation de Boris Vian. A droite, celle de Mouloudji :
 |
|
Visionnaire, Boris Vian caricature la société de consommation qui commence à poindre en 1956 dans l'hillarant "La complainte du progrès".
En 1955, en pleine guerre froide, les deux blocs tremblent en imaginant l'utilisation de la bombe atomique par le camp opposé. Boris Vian change de style pour composer "La Java des bombes atomiques".
Autre chanson censurée : "Fais-moi mal Johnny" (1955). Le morceau avait été jugé indécent à l'époque. Boris Vian a écrit plusieurs chansons pour l'interprète Magali Noël par la suite.
Petit intermède musical : Boris "roucoule" en italien...
Complice de Vian, Philippe Clay interprète le célèbre "On n'est pas là pour se faire engueuler" en 1955.
Boris Vian est issu d'une famille bourgeoise. Ses souvenirs sont remontés à la surface en écrivant "J'suis snob", bijou de cynisme.
Pour les 50 ans de la mort de Boris Vian, Universal (sous le label AZ) sort un CD censé lui rendre hommage avec des titres interprétés, entre autres, par Lio (voir vidéo), Arielle Dombasle ou Carla Bruni (que l'on aurait aimé entendre chanter "Le déserteur"). Si elle n'était pas rempli de crachats, Boris Vian se retournerait sûrement dans sa tombe... On vous a épargné la complainte de l'épouse de BHL, dans "J'suis snob" (pour les maso, un extrait ici).
â–ºLM
Liens :
> Le petit cahier du grand Boris Vian
> Le site officiel (des ayants droits)
> Tout savoir sur les poèmes et chansons de Boris Vian
> Le blog lhistgeobox.blogspot.com, très instructif sur le contexte historique des morceaux.
Archives nécrologiques :
> Machagrin
> Hommage à Maurice Jarre
> Mort de Claude Berri
> Golden globe pour Heath Ledger
> Enterrement et défilés pour YSL
> Qu'il était soudain Aimé Césaire
> Connaissiez-vous Thierry Gilardi ?
> Carlos est mort mais on lui souhaite "bon courage !"
> Françoise Dolto rend hommage àt Carlos
> Les tous derniers jours du France
> Hommage vidéo à Fred Chichin
> Adjö Ingmar, Addio Michelangelo
> Michel Serrault, du rire aux larmes
|
|
Il est mort à 39 ans et pas à 34 et c'est Philippe Clay et pas Klay...
après d'aussi grossières erreurs, vous avez l'air malin à fustiger Dombasle et Bruni, tiens....
@ Antoine B
Merci pour ces rectifications. Boris Vian est bien mort à 39 ans et il s'agissait de Philippe Clay et pas "Klay"...
Par représailles, l'auteur de ses fautes a été condamné à écouter en boucle "Banana Split" jusqu'à nouvel ordre
Poster un commentaire