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â–ºWEB 0.0 + 15 VIDEOS
Comment devenir la risée du web en quelques secondes ? Frédéric Lefebvre a répondu à cette question avec brio. Invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFM TV (le 6 janvier), le député UMP s'est avéré incapable d'expliquer ce qu'était le web 2.0, bafouillant cette réponse devenue rapidement culte dans la blogosphère : "Euhhh, c'est l'internet d'aujourd'hui". Pas de quoi, pourtant, avaler sa souris (ou fouetter un chat). Sauf que "la voix de Nicolas Sarkozy" risque fort de devenir Secrétaire d'Etat en charge de l'Economie numérique dans quelques jours. D'autant que Lefebvre s'auto-proclame spécialiste du web depuis des semaines [voir plus bas]. Le natif de Neuilly-sur-Seine s'était déjà mis les bloggeurs à dos en lançant des amendements liberticides et en accumulant les clichés les plus anxiogènes sur le comportement des internautes. Il est loin d'être isolé au sein du gouvernement où certains confondent prévention (nécessaire) et diabolisation (caricaturale). Le gouvernement déteste-t-il le web ? Bakchich.tv tente de répondre.
â–ºPar Laurent Macabies
VIDEO 1 (0'31) Ce moment de solitude ra^pelle une anecdote qui avait permis aux Guignols de Canal + de se payer la tête de Jacques Chirac. En 1996, le Président de la République inaugurait la nouvelle Bibliothèque François Mitterrand avec Jacques Toubon. Durant la visite, Chirac avait demandé à son ministre de la Culture ce qu'était... une souris. A partir de là, sa marionnette des Guignols a parlé de "mulot" pour désigner l'accessoire de l'ordinateur. Une vidéo bfmtv.fr.
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Frédéric Lefebvre était déjà la tête de turc d'une bonne partie de la blogosphère à cause de ses propos tenus à l'Assemblée nationale le 15 décembre. Venu présenter un amendement pour taxer l'utilisation de la vidéo sur le web et, surtout, confier au CSA la distribution de label pour les "bons" sites, il prononce une véritable diatribe contre le web en utilisant sans vergogne de la crise économique causée par un libéralisme outrancier. Le député surfe sur les plus gros clichés...
Extraits (tirés du compte-rendu de assemblee-nationale.fr) :
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> "Je tiens beaucoup à cet amendement parce que le monde vient de vivre la plus grave crise qu’il ait connue depuis 1929, et qu’une seule réponse s’est imposée –réclamée sur tous les bancs– : la régulation. [...] Faudra-t-il attendre qu’il y ait des dégâts irréparables pour que le monde se décide à réguler Internet ?"
> "L’absence de régulation financière a provoqué des faillites. L’absence de régulation du Net provoque chaque jour des victimes. Combien faudra-t-il de jeunes filles violées pour que les autorités réagissent ? Combien faudra-t-il de morts suite à l'absorption de faux médicaments ? Combien faudra-t-il d’adolescents manipulés ? Combien faudra-t-il de bombes artisanales explosant aux quatre coins du monde ? Combien faudra-t-il de créateurs ruinés par le pillage de leurs œuvres ?"
> "Il est temps, mes chers collègues, que se réunisse un G20 du Net qui décide de réguler ce mode de communication moderne envahi par toutes les mafias du monde."
> "On va me répondre que je ne comprends rien à Internet, que je dépeins le retour de Big Brother, une atteinte à la liberté, que ma proposition n’est pas applicable, [...]. En fait, je connais sans doute plus que d’autres le monde d’Internet pour des tas de raisons. [...] Il se trouve que j’ai commencé à communiquer sur Internet avant même la création de Wanadoo, parce que mon frère qui vit aux États-Unis en est l’un des pionniers. [...] Il y a plus de dix ans, j’ai passé quelques bouts de nuits à ses côtés dans des caves du 18ème arrondissement [...] pour mettre en route des serveurs. Je connais donc parfaitement Internet. Lorsque ce mode de communication ne concernait que quelques milliers d’individus, ceux qui ne sont mus que par l’appât du gain en restaient éloignés. Maintenant que des millions de Français l’utilisent régulièrement, les enjeux économiques sont devenus considérables, et, Internet reste l’un des lieux du monde où règne le capitalisme sauvage, le libéralisme sauvage."
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Avant l'interview de BFM, la possible future nomination de Frédéric Lefebvre ne plaisait donc déjà pas à tout le monde. Interrogé par le site de L'Express, le président et co-fondateur de Price Minister et directeur de l'Acsel (Association pour le commerce et les services en ligne), Pierre Kosciusko-Morizet n'avait pas apprécié les propos tenus par le député à l'Assemblée. "On pense que c'est un fou qui a prononcé ces mots", disait-il en espérant "que cette rumeur n'est qu'une mauvaise blague". Le frère de Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat à l'Ecologie, se disait aussi déçu du départ d'Eric Besson, peu de temps après l'annonce de son plan numérique.
VIDEOS 2 et 3 (7'31 et 3'21) Eric Besson est, en effet, plutôt apprécié par les professionnels du web. Il faut dire que son livre sur "La révolution numérique" chante les louanges d'Internet. Le chroniqueur Eric Nolleau ("On n'est pas couché") lui a d'ailleurs reproché cet angélisme [vidéo à gauche]. Contrairement à Nicolas Sarkozy (voir VIDEO ), l'ancien socialiste trouve "extraordinaire" que l'accès à l'information soit gratuit. Il a l'air quand même un peu candide de croire à une auto-régulation concernant le piratage. L'autre membre du gouvernement "fan" d'Internet est Valérie Pécresse. La ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche explique en octobre 2007 (à linternaute.com) qu'elle souhaite faire en sorte qu'"Internet soit dans chaque foyer français d'ici 5 ans" [vidéo à droite]. Interviewée par le site Intalk.fr, elle raconte qu'elle est rentrée en politique "grâce à Internet". Selon liberation.fr (mai 2007), c'est également elle qui a eu la grande patience d'"initier Chirac à Internet". Ces deux-là paraissent bien seuls dans ce gouvernement.
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VIDEO 4 (1'12) Le ministre de l'Education Nationale Xavier Darcos aime beaucoup moins le web. "Internet ne doit pas seulement être un espace de désinformation", hurle-t-il à l'Assemblée Nationale, après avoir été interpellé par le député socialiste Gaëtan Gorce (le 18 novembre). Darcos tentait, en effet, de lancer un appel d'offres "pour repérer les mouvements d'opinion sur le web". Le ministre de l'Education Nationale fait aussi allusion à cette vidéo dans lequel il parle de l'école maternelle en évoquant des "phrases détournées" qui font "dire le contraire de ce que disent les ministres". "Je veux savoir comment s'expriment sur internet les esprits libres", finit-il par lâcher. Pendant la campagne électorale de 2007, Jean-Pierre Raffarin se félicitait pourtant de la vidéo dans laquelle on entendait Ségolène Royal parler des professeurs.
> Voir la déclaration de Raffarin.
> Voir la vidéo de Royal en off.
VIDEO 5 (2'39) Nicolas Sarkozy parle de "problème Internet". D'après lui, c'est la cause principale de la crise de la presse (qui date depuis des années). "Le problème d'Internet est considérable car ce n'est tout de même pas sain que le journal soit gratuit", s'emporte-t-il sur RTL le 27 mai 2008 [vers 1'55 de la vidéo]. L'accès à l'information doit-elle être uniquement marchande ?
VIDEOS 6 et 7 (1'05 et 1'01) Pour savoir ce que nos dirigeants pensent d'Internet, il suffit de regarder le spot réalisé pour Noël. Cette publicité multi-diffusée à la télé depuis quinze jours est très révélatrice de l'état d'esprit qui règne [vidéo à gauche]. On y voit un pédophile, une sorte de Terminator, des filles "aux moeurs légères" ou encore des néo-nazis rentrer dans une maison tranquille pour rendre visite à un enfant dans sa chambre, sous le regard bienveillant de la mère. Une belle succession de clichés pour illustrer les pires dangers d'Internet... Pour critiquer la disproportion des mesures envisagées par le projet de loi Création et Internet, l'association UFC-Que Choisir a réalisé une série de spots plutôt drôles [à droite] et ouvert le site ca-va-couper.fr. Il s'agit de parodies visant aussi à se moquer du site lancé par le ministère : jaimelesartistes.fr.
VIDEOS 8 et 9 (2'36 et 2'42) Le 26 novembre, à l'Assemblée, Nadine Morano présentait le spot qui est, selon elle "de l'ordre de l'intérêt national". Elle n'oublie pas de remercier le CSA qui est partenaire (et accessoirement le possible futur contrôleur du web français). "Un ordinateur relié à Internet dans la chambre d'un enfant, c'est le danger à l'intérieur de la maison". La Secrétaire d'Etat chargé de la famille prononce quasiment le même genre de discours à six mois d'intervalle, en brandissant notamment des "études menées". Quelles sont-elles, par qui ont-elles été réalisées ? On ne le saura pas. Mais, "les chiffres sont criants", dit-elle en novembre [vidéo de gauche] ou "les chiffres sont éloquents", assène-t-elle en mai [vidéo de droite]. En six mois, nos charmants bambins sont apparemment devenus lubriques et violents. "37% de 11-17 ans déclarent avoir été en relation avec des images choquantes, dégradantes ou traumatisantes" (en mai). "9 enfants sur 10 déclarent avoir été en contact avec des images violentes, dégradantes, pornographiques" (en novembre). Elle a raison Nadine Morano, les chiffres sont vraiment éloquents...
VIDEOS 10 et 11 (6'27 et 0'10) Le 4 mai 2008, Nadine Morano été invitée dans l'émission "Revue et Corrigée" (France 5). Plus anxiogène que jamais, elle se lache sur les "dangers permanents d'Internet" en enchaînant les amalgames [à gauche]. "C'est vraiment la caricature. Plus qu'Internet, tu meurs", a râlé Morano devant un journaliste de rue89.com, après lui avoir dit qu'elle "déteste Internet" [à droite].
VIDEOS 12 et 13 (0'31 et 1'02) L'Elysée a-t-elle peur du web ? En tout cas, le Président préfère l'avoir à l'oeil. Sans doute échaudé par les nombreuses vidéos le critiquant, Nicolas Sarkozy a engagé Nicolas Princen, un jeune normalien de 24 ans qui s'occupait du site sarkozy.fr et dorénavant chargé de surveiller ce qui fait le buzz autour du gouvernement depuis mars. Surnommé "l'oeil de Moscou", "le mouchard" ou "l'agent cyber renifleur", il est la bête noire de nombreux internautes et sa présentation vidéo [à gauche] a fait l'objet de nombreuses parodies [comme celle de droite].
> Voir nos archives.
VIDEOS 14 et 15 (3'13 et 20'42) Pendant la campagne présidentielle, l'UMP (comme le PS) s'est beaucoup investi sur le web. Dans cette vidéo [à gauche] lancée par le parti, les militants UMP étaient vivement encouragés à investir la toile. Le bloggeur sarkozyste Loïc Lemeur donnait ses conseils. Depuis, l'UMP s'est beaucoup développé sur Dailymotion, Youtube ou encore Facebook. Nicolas ne manquait d'ailleurs pas de faire l'éloge du web en décembre 2005, lorsqu'il était interviewé sur le site de... Loïc Lemeur [à droite]. Qui a dit que le problème d'Internet était considérable?
Archives :
> Le gouvernement tente de contrôler réguler Internet depuis l'élection Présidentielle de 2007. Nous vous parlions déjà de l'offensive du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy dans l'article "Big Brother is watching with you".
> Lefebvre inutile
> L'AFP complètement à Louette
> Aïe, Sarkozy a des projets sur l'AFP
> L'AFP réveillée à coups de pied au cul
> Après les sondages, le web joue des tours à Sarkozy
> Le patron de Skyblog : « en France, on nous prend pour des sous-merdes »
> Big Darcos is watching you
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Publié le 8/01/09 à 00:45 |
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Tracké le juin 11, 2009 11:51 AM
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En Australie, pays "démocratique", le gouvernement met en place une censure de l'Internet "à la chinoise", bien sûr sous prétexte de "protéger" sa population...
A quand la même mesure en France. J'imagine que les grands "démocrates"" de la Sarkozie étudient la façon de faire la même chose ici.
Oui en effet pas très Net tout ça!
Soyons vigilant à notre liberté de penser et d'expression qui risque d'êtte fortement menacée ....
La Télé, l'audio-visuel, le web, la justice (remise en cause du juge d'instruction) etc .....
Vous avez raté la dernière bourde de Lefèbvre !
Réécoutez le 19-20 du 12 janvier 2009, sur France 3.
http://jt.france3.fr/player/1920/index-fr.php?jt=20090112&timeStamp=1025
Frédéric Lefèbvre fait des siennes à 18 min 30, à peu près.
« C'est pas en faisant des amendements bidon, avec... en répétant à l'infini des mots, en utilisant Internet pour changer ici une virgule, ici un mot pour faire un nouvel amendement, qu'on grandit l'image du travail du Parlement. »
Voilà , Internet, c'est un traitement de texte !
Qui a peur d'internet?
Ne vous posez pas la question si vous êtes aveugle, et si vous vous réveillez regardez de plus près:
* les prévaricateurs et les parasites en tous genre de la pensée
* les adorateurs de la pensée unique et désertée
* les groupes de pressions, qu'ils soient politiques ou économiques qui cherchent à dénaturer la réalité au profit d'une virtualité de circonstance qui leur permet d'asservir des populations entières à un mode de pensée
Ceux qui cherchent à réguler Internet cherchent prioritairement à détruire la pensée, la Liberté de penser, cette pensée libre qui permet à chacun de s'exprimer sur la nature même des composantes idéologiques qui se meuvent à travers la planète, ces composantes qui se sentent fragilisées par la voix de tout un chacun, dont le libre arbitre n'est pas inféodé et tributaire de leurs modèles économiques sous tendus par des mobiles politiques de subordination.
Internet est le contre pouvoir manifesté, et bien entendu cela ne peut aller dans le sens de la pensée unique, de la propagande délibérée inféodée au mondialisme qui cherche à fonder son asservissement par l'asservissement des esprits.
Sur Internet, pas de chiens de pavlov, la nature de la pensée y est féconde et c'est pour cela que les processus politiques sous tendent à la canalisation de sa réalité qui est l'expression humaine, créatrice, critique, toujours constructive, et qui permet à chacune comme à chacun de s'éveiller sans avoir à rejoindre les carcans intellectuels autorisés par les pouvoirs politiques, de pseudos philosophies qui revêtent des expressions nuisibles pour le genre Humain, et que l'Humain se devrait d'accepter comme vérité inévitable.
Qu'internet soit investi par des sites mineurs n'ayant pour vocation que l'instinct, c'est déjà le cas dans la vie sociale, et cela ne représente en aucun cas la densité créatrice de l'ensemble des sites qui y sont circonscrit. Nul n'a besoin d'une législation pour s'en éloigner comme on s'éloigne d'un sex shop où d'un magasin si on ne désire pas y rentrer. Lorsqu'on voit la majorité des sites qui sont principalement des sites de créateurs, en dehors des sites n'ayant exclusivement comme vocation que le business, qui au demeurant sont très intéressants ne serait ce que pour les prix des denrées qu'ils pratiquent, on ne peut que s'interroger sur la notion de discernement qui est exposée au législateur, une notion que l'on peut nommer vampirique qui dit en substance ne penser pas en dehors des limites fixées par le politique et ses féaux!
Personne n'est aveugle devant ce phénomène, et tout le monde doit combattre légalement pour faire respecter la Liberté de penser, et contraindre ces manifestations politiques, qui ressortent de la fragilité la plus exemplaire, - si on est incapable d'accepter la critique c'est que l'on veut imposer la dictature et que l'on est inévitablement fragile - à revenir dans la réalité et non dans les fondements de leurs virtualités, figures géométriques imposées par ce qui est précité et qui laissent rêveur quand à la capacité de stabilité qui les développe.
L'Art de diriger ce n'est pas l'Art d'endormir ou d'assoupir, d'asservir ou de bâillonner, l'Art de diriger c'est bien au contraire d'éveiller, idéalement de montrer l'exemple, et par là même de savoir accepter les critiques constructives au lieu de les rejeter dans les basses fosses de la contrainte qui n'est autre que l'égarement.
Pour résumer, que l'on propose des mesures de discernement, d'accord, que l'on contraigne au discernement, non, c'est déjà une atteinte aux libertés fondamentales dont l'expression est la Liberté, cette Liberté qui si on ne fait pas attention petit à petit s'amenuisera comme jamais jusqu'à nous rendre esclave de cette pensée unique qui veut régir nos vies.
En considération de tout cela, compte tenu de l'évolution de la technique de diffusion de l'information, de la liberté acquise au sein de certains Pays de notre Monde, sachant qu'il n'est pas difficile aux ordinateurs de communiquer entre eux par Internet 2, et demain internet 3, ne vaut-il mieux pas que ce grand livre ouvert qu'est Internet actuellement, reste ouvert, plutôt que de se refermer et créer des viviers qui ne correspondraient pas à l'expression démocratique? Je ne pense pas que les tenants de l'expression de billonnage d'Internet aient pensé un seul instant à ce problème. La Démocratie existe sur Internet là où elle est bridée dans certains pays. Si on défend la Démocratie, sous la réserve exprimée plus haut quant au conseil de discernement, il serait préférable de ne pas voir une législation, à l'image de celle existant dans les pays totalitaires, naître dans notre Nation, à moins bien sûr que l'on cède au désir de voir sombrer notre pays dans une dictature.
Mais cela est un autre débat.
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