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Revues de presse
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â–ºVAUTOURS + 11 VIDÉOS
Le trash après le crash. Lors de l'accident d'Air France, les grands médias n'avaient que les familles de victimes à se mettre sous la dent et deux prétendus miraculés... Cette fois, une survivante s'est tirée du crash de l'airbus A310 en direction des Comores. Que le petit garçon de 5 ans soit devenu une jeune fille de 14 ans (puis 12 ans) en quelques heures (voir le live de Rue89.com repris par plusieurs sites "sérieux") n'a pas fait sourciller grand monde. La course à l'audimat a décollé bien avant l'avion de Yemenia et ne risque pas de se poser de sitôt. Mais les premières images du retour de la seule survivante du crash Bahia Bakari en France ont choqué de nombreux visiteurs du site 20minutes.fr. Si bien que la rédaction a retiré la vidéo de son site pour en mettre une autre où l'on entend très peu la petite miraculée. 20Minutes précise que la fillette et les médecins ont donné leur accord et qu'elle a été filmée en gros plan pour des raisons de son. Si le quotidien gratuit a été le plus montré du doigt sur le web, il est loin d'être le seul média à céder aux sirènes du sensationalisme dans cette affaire...
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â–ºTRANSFORMISTE + 7 VIDÉOS
Même les interviews les plus complaisantes peuvent comporter des passages intéressants. Le directeur du Nouvel Observateur Denis Olivennes et son directeur de la rédaction Michel Labro ont accordé à Nicolas Sarkozy un entretien très controversé. L'ancien directeur de la Fnac (chevalier de la légion d'honneur depuis le 14 juillet 2008) et son assistant, qui ont soigneusement évité de relever les contre-vérités du Président, ont évoqué avec lui ses étranges plaisanteries en réponse à une question d'un journaliste de l'AFP sur les attentats de Karachi. Comme l'indique le site Arrêt sur Images, "le Sarkonouveau n'a pas résolu tous ses problèmes de mémoire".
Voici ce qu'a raconté Sarkozy au Nouvel Obs (paru le 2 juillet) sans être contredit : "Si ce journaliste m’avait demandé: 'L’assassinat de nos compatriotes est-il lié à un différend franco-pakistanais à propos de commissions non payées ?', je lui aurais répondu que je n’en savais rien et qu’il fallait que la justice aille jusqu’au bout de la recherche de la vérité. La question était : 'Vous étiez ministre du Budget, vous souteniez Balladur dans la campagne présidentielle, il y a l’attentat de Karachi, est-ce que vous étiez dans le coup ?'"
Une rapide recherche dans les archives vidéos permet de s'apercevoir que la version de Sarko est très différente de la réalité. Voici la question qui a fait pouffer le Président à Bruxelles, le 19 juin:
"Selon les informations qui ont été rapportées hier à la suite d'une réunion entre les parties civiles dans l'affaire de l'attentat de Karachi et les juges d'instruction, il semblerait que l'origine de l'attentat ne soit pas dû à un acte terroriste mais plutôt à des représailles de l'Etat pakistanais après le non-versement de commission. On parle même de rétro-commission qui avaient dû alimenter la campagne électorale d'Edouard Balladur en 95. Est-ce qu'en tant que ministre du budget, vous avez été courant de tels accords ?" Difficile de prendre plus de précautions... Mais possible. Il suffit de demander aux patrons du Nouvel Obs.
â–ºLAURENT MACABIES
> Voir l'interview du 2 juillet 2009 sur le site du Nouvel Observateur.
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Publié le 2/07/09 à 20:04 |
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â–ºMARCHANDISES + 6 VIDÉOS
"Stop aux avions poubelles !", "Qu'attendent les autorités pour protéger la vie des Comoriens?", "Les compagnies ne pensent qu'à engranger des bénéfices", "Boycottons Yemenia Airways en 2009 !"... Ces appels datés de 2008 ne viennent pas de Nostradamus ou Paco Rabanne, mais de franco-comoriens furieux par les déplorables conditions de voyage des vols sur la compagnie Yemenia. Des mises en garde restées lettres mortes. Le crash de l'airbus A310 dans la nuit du 29 au 30 juin devraient enfin faire bouger les autorités françaises et comoriennes. Il aura fallu 153 personnes portées disparues (dont 66 Français), même si l'espoir demeure pour certaines familles après la possible découverte d'un jeune survivant miraculé. Après les premières infos sur l'accident faisait état de catastrophiques conditions météorologiques (contredites par Météo France), la responsabilité de la compagnie aérienne intéresse de plus en plus.
Il aurait pourtant simplement suffit de lire les communiqués et actions de l'organisation non-gouvernementale "SOS-Voyages aux Comores", basée à Marseille et défendant le droit des Comoriens de France. En novembre 2008, l'ONG a même porté plainte contre Yemenia Airways "sur plusieurs charges, notamment le passage à tabac de certains passagers de cette compagnie à Sanaa" (communiqué retranscrit sur le site alwatwan.net du 7 novembre 2008). Des Comoriens avaient aussi manifesté à l'aéroport de Marseille en appelant au boycott de Yemenia (voir le journal La Marseillaise du 12 août 2008). Mais la compagnie exerçait presque un monopole vers les Comores. D'après les nombreux témoignages d'utilisateurs, elle ne se privait pas de pratiquer des prix prohibitifs sans tenir vraiment compte ni du confort des passagers, ni de leur sécurité. Depuis ce matin, la popularité de thèse de l'accident dû à la météo est en chute libre. Celle dénonçant les anomalies de la compagnie aérienne risque de décoller rapidement.
â–ºLAURENT MACABIES
Si l'on en juge par ce document incroyable qui aurait été filmé le 4 novembre 2005, Yemenia Airways ne serait pas la seule compagnie des Comores peu soucieuse de la sécurité des passagers. Comores Aviation International assure depuis 10 ans des vols entre îles de l'archipel des Comores. Cet incident (qui débute à partir de la cinquantième seconde) aurait eu lieu au décollage d'un vol entre Anjouan (Canal du Mozambique) et Mayotte (nord-ouest de Madagascar).

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â–ºDÉSERTEUR
Le 23 juin 1959, Boris Vian succombait à une crise cardiaque (à 39 ans) en découvrant au cinéma l'adaptation de son livre "J'irai cracher sur vos tombes" souillée par les producteurs. On peut se demander comment réagirait le génie subversif en apprenant que Carla Bruni ou Arielle Dombasle vont massacrer reprendre ses chansons dans un CD qui sort à l'occasion du cinquantième anniversaire de sa mort (voir en fin de page). Plutôt que de postillonner sur la sépulture de l'artiste, nous avons sélectionné quelques unes de ses chansons les plus marquantes. Ecrivain, bricoleur, traducteur, poète, trompettiste, scénariste, acteur... la liste des talents de Boris Vian ne saurait être exhaustive. Nous avons donc choisi la musique, témoin d'un éclectisme et d'une subversivité rarement égalée par la suite. En espérant que les futures reprises ne résonnent pas comme des "arrache-coeurs".
"Monsieur le Président, je vous fais une lettre que vous lirez peut-être si vous avez le temps..." Ecrite le 15 février 1954 (vers la fin de la guerre d'Indochine et le début de celle d'Algérie), la chanson "Le déserteur" est devenue au fil du temps un hymne pour tous les pacifistes. Mouloudji enregistre pour la première fois le morceau le 7 mai 1954, jour de la défaite de Diên Biên Phu. C'est l'interprète qui aurait incité Boris Vian à changer le dernier couplet trop violent. Dans la première version, le déserteur veut se défendre ("Prévenez vos gendarmes que j'emporte des armes et que je sais tirer"). Le passage sera transformé par "Prévenez vos gendarmes que je n'aurai pas d'armes et qu'ils pourront tirer". La chanson provoque un scandale dès sa sortie. Les anciens combattants ont, par exemple, manifesté leur mécontentement à plusieurs concerts de Vian. Au déclenchement de la guerre d'Algérie en novembre 1954, la chanson est interdite à la radio pour "anti-patriotisme". Elle sera censurée jusqu'en 1962.
A gauche, l'interprétation de Boris Vian. A droite, celle de Mouloudji :
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â–ºMEDIA
Les sifflets qui ont accueillis Sarkozy à Libreville n'ont pas résonné de la même façon selon les médias. Beaucoup de journaux ont relaté ces lazzis qui ont accompagné l'arrivée de Nicolas Sarkozy aux obsèques d'Omar Bongo devant le Palais présidentiel du Gabon (mardi 16 juin). Plusieurs dizaines de Gabonais, selon l'AFP, ont "pris à partie la France" en lançant à Nicolas Sarkozy: "On ne veut plus de vous, partez !" Puis, "Nicolas Sarkozy et son prédécesseur Jacques Chirac ont ensuite été applaudis lorsqu'ils ont déposé, ensemble, une gerbe de fleurs devant le cercueil".
Aucune vidéo de cet accueil houleux n'était visible à la mi-journée, mais des envoyés spéciaux ont raconté la scène.
Pour BFM TV, "c'est d'abord Jacques Chirac qui est sorti de la voiture et qui a été applaudi". "Puis, une fraction de seconde plus tard, Nicolas Sarkozy est sorti de la même voiture. Fin des applaudissements, ce sont des hués qui ont retentis", ajoute le journaliste.
France 24 décrit à peu près la même séquence : "Nicolas Sarkozy est arrivé dans une voiture avec Jacques Chirac. Quand l'ancien Président est sorti, il a été applaudi. En revanche, quand Nicolas Sarkozy est sorti de la voiture, il a été hué [...]". Une sortie d'autant plus cruelle pour Sarko que son prédécesseur a été acclamé.
Ce n'est pourtant pas ce qu'a observé le journaliste d'Europe 1. "A peine arrivé [Nicolas Sarkozy] s'est copieusement fait siffler, huer... conspuer par des Gabonais installés de chaque côté du tapis rouge. Nicolas Sarkozy venait de sortir de sa berline rouge, en compagnie de Jacques Chirac [...]. Jacques Chirac qui a eu droit à quelques applaudissements avant que tout ne se gâte: des noms d'oiseaux, les quolibets, les insultes, 'les Français dehors!' 'vous avez sali la mémoire du Président Bongo!', 'allez-vous en!'" Cette fois, Chirac se trouve dans la même galère que Sarkozy. La radio diffuse ensuite le son enregistré à ce moment là.
L'analyse de ces sifflets divergent aussi. "Ces invectives traduisent certainement le sentiment d'une partie de la population gabonaise... mais certainement pas de l'ensemble", croit savoir France 24. BFM TV est moins catégorique: "Bon, à dire vrai, ce ne sont pas tous les membres du public [...] mais une poignée de Gabonais mais qui retranscrivent bien le sentiment du moment [...]" Pour Europe 1, ces "quelques jeunes gabonais un peu éméchés" sont "surtout très remontés contre la France".
Seule Europe 1 nous explique comment a réagi le Président : "Un mouvement d'humeur que n'a pas apprécié Nicolas Sarkozy qui a décidé d'écourter son passage à Libreville. Une fois la cérémonie achevée, il reprendra son avion sans assister, comme c'était prévu, au défilé militaire". Mais là encore, tout le monde n'est pas d'accord. Lefigaro.fr a joint un membre de l'entourage du chef de l'État qui "précise qu'il n'avait jamais été question qu'il assiste à ce défilé".
â–ºLM
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â–ºANTI-SARKO
La neutralité suisse n'est plus ce qu'elle était. Un reportage à charge contre Nicolas Sarkozy de l'émission "Temps Présent" a été diffusé le 8 juin sur la Télévision Suisse Romande (TSR). "Il ne fait pas bon être journaliste par les temps qui courrent dans les rédactions françaises", lance le présentateur Jean-Philippe Cepi en introduction du sujet. Le documentaire s'intéresse en effet à l'emprise de Sarkozy sur les médias de l'hexagone. L'équipe de la TSR a suivi plusieurs journalistes pendant des semaines qui ont livrés leur difficulté à travailler dans l'ombre du "roi-soleil". Pressions, auto-censure, menaces, injures, réseaux, connivences... Le documentaire passe en revue les différentes possibilités de contrôles médiatiques exercées par Nicolas Sarkozy.
Rien de bien nouveau sous le "soleil", mais quelques passages intéressants comme le témoignage de l'ancien rédacteur en chef du Matin Peter Rothenbülher qui s'interroge sur le black-out hexagonal lors du départ de Cécilia Sarkozy en pleine campagne présidentielle [vers la 13ème minute de la vidéo]. Le quotidien helvétique avait été le premier à oser révéler l'information. Les médias français prenaient ainsi moins de risque à citer Le Matin, ce que Peter Rothenbülher appelle avec humour "le blanchiment d'information". Selon lui, les services de police, cherchant la source, ont longtemps soupçonné le Premier ministre de l'époque Dominique de Villepin. L'informateur du Matin travaille toujours sous pseudonyme par crainte de "représailles", d'après l'ex-rédacteur en chef.
D'autres témoignages révèlent avec justesse cette emprise du pouvoir sur les rédactions. Mais la succession d'accusations parfois simplistes dessert la thèse qu'il entend défendre. Le grand méchant Sarko menace la liberté de la presse, contrôle tout, veut virer tous ceux qui osent le critiquer... Bref, à côté de la France sarkozyste vu par la télé suisse, la Russie de Poutine passerait pour un Club Med de journalistes. Comme les médias qui suivent le Président, ceux qui témoignent dans le reportage sont triés sur le volet. On y retrouve Daniel Schneidermann (Arrêt sur images), Alain Genestar (viré de Paris Match pour la photo de Cécilia et Richard Attias), Noël Mamère (décrit comme un "journaliste et politicien"), Patrice Machuret (auteur de "L'enfant terrible, la vie à l'Elysée sous Sarkozy"), Christophe Deroubaix (de l'Humanité), Jean-Michel Thénard (du Canard Enchaîné) ou le chroniqueur Didier Porte (France Inter).
Ce manichéisme à la Michael Moore entraîne aussi une petite manipulation lorsqu'est diffusée la vidéo de Sarkozy en off avant un plateau de France 3 (juin 2008). Mis en ligne par Rue89.com, la séquence est présentée comme une réaction violente de Sarko vis-à-vis des manifestations devant France Télévision. Le Président s'était, en réalité, énervé après avoir estimé qu'un technicien n'avait pas répondu à son salut. Devant la musique angoissante, la voix off dramatique et les images souvent assombries, les habitués du Droit de Savoir ne sont pas dépaysés. Le tout exacerbe cet atmosphère de danger permanent. Malgré ces quelques caricatures, le documentaire d'une demi-heure titré "Sarkozy, vampire des médias" est fascinant à plus d'un titre. Ne serait-ce que pour y découvrir la vision qu'ont nos voisins sur la liberté de la presse en France. Il est encore temps de s'exiler en Suisse.
â–ºLM
> Si la vidéo ci-dessus ne fonctionne plus, il est possible de la visionner en cliquant sur ce lien direct ou sur dailymotion (partie 1 et partie 2).
> Présentation et diffusion du documentaire sur tsr.ch.
> Sur le forum de l'émission, les commentaires approuvent globalement "la mort de la liberté d'expression" en France. Une discussion (qu'il est toujours possible de rejoindre) à laquelle devait participer Pierre Haski, ancien journaliste de Libération et cofondateur de rue89.com.
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â–ºCOLLATERAL
Certains parleront d'auto-censure, d'autres de compassion. A l'heure où toutes les télés nous martellent d'images montrant le chagrin des proches des victimes, tant de pudeur à propos du crash de l'avion d'Air France peut surprendre. Mais, pas d'inquiétude: le show et le marketing finiront par reprendre leur droit.
Les catastrophes entraînent toujours des dommages collatéraux. Et le crash de l'avion d'Air France ne déroge pas à la règle. On se souvient de la floppée de films passés à la trappe ou reportés après les attentats du 11/09. Initialement prévu pour 2001, "Dommage Collateral" (justement), dans lequel Arnold Schwarzenegger décide de se venger de la mort de sa femme et son fils victimes d'un attentat terroriste, était sorti en salles en juillet 2002. Jackie Chan a dû renoncer à interpréter un laveur de carreau qui déjoue une attaque sur le World Trade Center dans "Nose Bleed" dont le tournage devait débuter le 11 septembre 2001. Les images des tours jumelles ont été supprimées de plusieurs épisodes de "Sex and The City" et des films "Spiderman" [voir la bande-annonce non-censurée de "Spiderman"], "Men In Black 2" et "Zoolander". Les jeux vidéos qui ont suivi les attentats ont été fortement édulcorés par les éditeurs.
Dans le même genre, Franck Sinatra, acteur principal et producteur du film "Un crime dans la tête" (l'original de 1962) a décidé de supprimer toutes les copies existantes après la mort de John F. Kennedy. Des rumeurs affirmaient en effet que le long-métrage avait servi de source d'inspiration à l'assassin de JFK deux ans plus tard ("Un crime dans la tête" relate une tentative de meurtre sur sa personne). Il a fallu attendre 25 ans et sa sortie en format laserdisc pour que le film sorte des oubliettes.
Le hasard a contraint TF1 à déprogrammer le premier épisode de la série américaine "Fringe" après l'accident d'avion du vol A330. Le speech de la fiction qui devait être diffusée ce soir: les passagers et l'équipage d'un avion sont retrouvés morts à leur arrivée à l'aéroport de Boston. Des agents du FBI tentent d'élucider ce mystère et s'aperçoivent peu à peu que cette hécatombe cache "une choquante vérité" (voir la fiche allocine de "Fringe"). Le premier épisode débute par une scène de panique dans l'appareil pris dans un violent orage... La réalité ayant rejoint brusquement la fiction, la chaîne a jugé que les images auraient "été trop dures" à supporter pour les télespectateurs. Ils pourront quand même voir ce premier épisode le 10 juin. Il a fallu des années pour que les Américains puissent revoir les deux tours sur les écrans. Les Français sont certainement moins sensibles puisqu'ils ne leur suffira que d'une semaine pour supporter les images si "dures". Une sueur froide, quand même: combien de temps devrons-nous attendre pour revoir le vertigineux "Y a-t-il un pilote dans l'avion?" sur nos écrans?

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â–ºLOST + 4 VIDÉOS
"Air France demande aux journalistes, notamment la presse audiovisuelle, de bien vouloir respecter le deuil des familles des victimes actuellement accueillies dans les hôtels de Paris-Charles-de-Gaulle", le communiqué d'Air France envoyé à l'AFP ce matin reste assez sobre mais dénote d'un malaise. Depuis hier, à l'aéroport de Roissy (Paris) et à celui de Rio, les proches des victimes attendent des nouvelles du crash du vol F447 d'Air France à bord duquel avaient embarqué 228 passagers. N'ayant pas d'images de l'accident ni de la carcasse de l'avion (pour le moment), les télévisions du monde entier abreuvent les télespectateurs des familles et amis de victimes pour insister sur la tragédie. Ici, un proche, interviewé sur RTL, racontant combien la situation "est invivable" et "insoutenable". Là, un article et une vidéo du Parisien sur "la terrible émotion des familles à Roissy". 20minutes.fr était aussi à l'aéroport où "l'attente" se mêle à "la tristesse". Le Figaro propose un diaporama "des parents et des proches de passagers du vol AF447 en larmes au milieu de touristes interloqués".
Les médias français ne sont pas les seuls à avoir envoyer les journalistes dans les aéroports pour capter la détresse des proches des passagers de l'A330. Les vidéos en provenance du Brésil apparaissent même beaucoup plus choquantes. Les familles paraissent traquées par les journalistes dès leur arrivée à l'aéroport et beaucoup pressent le pas pour éviter les questions (voir les vidéos ci-dessous de RJTV Globo et celle de la BBC diffusée au Brésil) Certains se sentent même obligés de cacher leur visage sous les crépitations de flashes (voir le début de cette vidéo). Des moments souvent coupés dans l'hexagone où l'on préfère ne pas montrer les médias solliciter une interview. Les témoignages des rares proches qui acceptent de parler sont d'une telle intensité (certains sont en pleurs) que le spectateur éprouve une gênante impression de voyeurisme. Devant cette déferlante médiatique, un endroit spécial du terminal Charles-de-Gaulle a même dû être aménagé pour maintenir la presse à l'écart. Le désir d'informer sur les répercussions du drame est une chose. Ne pas empiéter sur le respect du deuil des victimes en est parfois une autre.
â–ºLM
> Images ci-dessus capturées sur cette vidéo et celle-ci.

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â–ºBIG BROTHER
Bienvenue dans un monde bardé de cartes biométriques, caméras de vidéo-surveillance et contrôle d'internet. Une société basée sur la surveillance préventive où l'Etat peut contrôler la moindre action de ses citoyens. Pas de crainte, nous ne sommes pas dans notre douce France de 2009, mais chez nos voisins allemands. Un spot intitulé "Du bist terrorist" ("Tu es un terroriste") entend dénoncer le climat de suspicion générale qui monte dans le pays avec des lois de plus en plus sécuritaire. Bien sûr, ce clip exacerbe les sentiments paranoïaques, mais il résonne aussi très bien chez nous où les lois Hadopi, Dadvsi ou Loppsi visent à contrôler les surfs sur Internet.
Le clip est un détournement d'une campagne lancée fin 2005 (puis relancée en 2007) par le gouvernement teuton pour promouvoir le patriotisme. Diffusée sur toutes les chaînes du pays, la vidéo "Du bist deutschland" avait été très controversée, certains y voyant là des réminiscences nauséabondes des années 30. "Tu es Allemand", martelait le spot plus mièvre que nationaliste [voir deuxième vidéo]. "Tu es un terroriste", accuse cette vidéo réalisée par un étudiant nommé Alexander Lehman et qui est rapidement devenue la plus vue de Youtube en Allemagne. Pour la petite histoire, d'après le Spiegel, le site officiel dubistterrorist aurait été menacé de fermeture par l'agence de communication qui avait tourné la campagne de pub "Tu es Allemand" mais un accord a pu être trouvé. Interdire un clip qui dénonce la censure aurait pu avoir un effet vraiment contre-productif. Big Brother ne surfe pas encore avec nous. Pour le moment.
LM
Vidéo "Du bist terrorist" en version sous-titrée en français par l'internaute Rudy-D:
Vidéo "Du bist deutschland" en version sous-titrée en anglais:
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