Pour résumer ses 10 ans au pouvoir, Hugo Chavez a formulé ces trois mots : "Révolution, indépendance et socialisme". "Sang, populisme et dictature", contredisent ses détracteurs. Du coup d'Etat raté de 1992 à ses derniers coups de sang (réussis), retour sur l'histoire de la plus grande gueule d'Amérique du Sud en vidéos.
VIDEOS 1 et 2 (2'51 et 1'37) A l'occasion de "son" anniversaire, Chavez a décrété que le 2 février serait désormais férié. Lors de son discours [vidéo à gauche], le président a rendu hommage Simon Bolivar, héros de l'indépendance au 19ème siècle. "Ecoutez comme notre peuple chante aujourd’hui. Prenez garde ! Prenez garde ! L‘épée de Bolivar avance en Amérique latine", a-t-il clamé. Chavez en a profité pour continuer sa campagne afin de faire réviser la Constitution et lui permettre de se faire élire après son deuxième mandat en 2012. "Si vous voulez me mettre dehors, votez pour le non", dit-il à des Vénézueliens [à droite]. Les deux vidéos sont en espagnol.
VIDEO 3 (1'00) Le 4 février 1992, Hugo Chavez, à la tête de son mouvement révolutionnaire bolivarien (MBR-200), tente un coup d'Etat (soutenu par une bonne partie de la population) contre le président vénézuelien Carlos Andres Perez. Après quelques heures d'incertitudes, l'opération "Ezequiel Zamora" échoue et Chavez est emprisonné pendant deux ans. Bilan de ce coup d'Etat avorté : 15 morts, 51 blessés et 1.100 arrestations.
VIDEOS 4 et 5 (1'09 et 1'04) Le lieutenant colonel Hugo Chavez justifie son coup d'Etat par l'aggravation de la situation sociale du Vénézuela et la corruption de l'administration.
VIDEOS 6 et 7 (8'02 et 4'12) De sa prison, Chavez et les puschistes arrêtés enregistrent une vidéo dans laquelle ils appellent à l'insurrection du pays. Elle est diffusée dans la nuit du 26 au 27 novembre (à 4h du matin) pendant que le MBR-200 tente un second coup d'Etat. Après avoir perdu le contrôle du pays pendant quelques minutes, Perez parvient à rétablir l'ordre constitutionnel. A gauche, la vidéo des putschistes. A droite, le MBR-200 bombarde les édifices publics. L'un des avions sera détruit (à la fin de la vidéo).
VIDEO 8 (8'00) Images de la deuxième tentative de coup d'Etat du 27 novembre 1992.
Déjà malmené par ces deux coups d'Etat et la grogne de la population énervée par l'austérité de sa politique économique, Carlos Andrés Perez est accusé de délit de malversation de fonds publics (en mars 1993). Il est destitué de son poste de président le 21 mai 1993 puis condamné par la Cour suprême de Justice (le 30 mai 1996). Rafael Caldera le remplace à la tête du pays du 6 décembre 1994 au 6 février 1999. Comme il en avait fait la promesse pendant les élections, le nouveau président libère Hugo Chavez.
VIDEO 9 (1'13) Aujourd'hui, Perez vit exilé à Miami (USA) malgré des demandes d'extradition du Vénézuela. Soutenu par les chaînes de télévision privées (en grande majorité hostile au président), il continue d'être l'un des plus farouches opposants à Hugo Chavez, soutenant même les tentatives de coup d'Etat contre lui (voir l'article d'Ignacio Ramonet dans le Monde Diplomatique d'août 2007). Il aurait ainsi déclaré : "Contre Chavez, il faut utiliser la violence [...] et instaurer ensuite une dictature". Ce à quoi l'intéressé aurait répondu : "Les chefs de l'opposition sont pires que Hitler".
Après sa libération, Hugo Chavez créé le Mouvement de la cinquième République (MVR). Ce parti de gauche obtient le meilleur score aux élections législatives du 8 novembre 1998 avec son slogan "Fléau de l'oligarchie et héros des pauvres". Chavez remporte ensuite les élections présidentielles avec 56% des voix (meilleur score de la Présidentielle du Vénézuela depuis 40 ans).
VIDEO 10 (0'47) "Aqui estàn los golpistas !" ("Ici sont les putschistes!"). Hugo Chavez, lors de sa victoire aux élections présidentielles de 1998 s'adresse à la foule.
Le 2 février 1999, Hugo Chavez devient officiellement président du Vénézuela en prêtant serment sur la Constitution. Il s'attache dès ses premiers mois à changer celle-ci en organisant un référendum pour voter une nouvelle Assemblée Constituante. Le nouveau nom du Vénézuela est "République bolivarienne du Vénézuela". Le mandat du président passe de 5 ans à 6 ans. Le "référendum révocatoire" est installé : le peuple peut destituer n'importe quel gouvernant, fonctionnaire ou administrateur public (même le président). Chavez organise une nouvelle élection le 30 juillet 2000 et est réélu avec 59,6% des voix.
En 2001, les cours du pétrole (première ressource économique du pays) s'effondrent après les attentats du 11 septembre. Le patronat accuse les réformes sociales du pays d'être à l'origine de la crise et multiplient les mouvements de grève. Le 11 avril 2002, l'opposition tente un coup d'Etat. Un groupe de militaire parvient à prendre le pouvoir après avoir arrêté Chavez qui refusait de démissionner.
VIDEO 11 (3'02) La situation s'envenime le 7 avril 2002, lorsque Chavez, équipé d'un sifflet, licencie 7 dirigeants la Compagnie nationale des pétroles du Venezuela (PDVSA), et en force 12 à prendre leur retraite en direct à la télé. 4 jours plus tard le coup d'Etat a lieu. L'intervention télévisée de Chavez intervient à la trentième seconde de ce reportage (où la musique de fond a été rajoutée par un internaute alter-mondialiste pour lui rendre hommage).
VIDEO 12 (1'00) Le 11 avril 2002, des francs-tireurs tuent 17 personnes et font une centaine de blessés. L'opposition impute à Chavez la responsabilité de ces meurtres. Quelques heures plus tard, le président est arrêté.
Pedro Carmona, président de la chambre de commerce du Vénézuela s'autoproclame chef du gouvernement et annonce la démission de Chavez. Carmona, soutenu notamment par les gouvernements américains et espagnols (voir Le Monde diplomatique de mai 2002) dissout tous les pouvoirs constitués. Le 13 avril, une énorme mobilisation populaire a lieu et des militaires se prononcent pour le retour de Chavez. Celui-ci est libéré le lendemain et revient au pouvoir.
DOCUMENTAIRE (1'03'37) Deux réalisatrices (Kim Bartley et Donnacha O'Briain) étaient en train de tourner un documentaire sur le président du Vénézuela à ce moment là. Elles se trouvaient au palais présidentiel et ont reconstitué la chronologie du putsch et du contre-putsch dans un documentaire intitulé "The revolution will not be televised". Le documentaire présenté ici en intégralité (et sous-titré en français) a reçu plusieurs prix dont le Grierson documentary awards anglais en 2003. Si la vidéo ne s'affiche pas, cliquez ici.
Hugo Chavez ressort de cet épisode encore plus populaire auprès de la population pauvre du Vénézuela. L'opposition parvient pourtant à collecter les signatures nécessaires afin d'organiser un référendum pour révoquer le président à mi-mandat (comme stipulé dans la Constitution). Le 15 août 2004, 58,91% des votants plébiscitent une nouvelle fois Chavez qui décide dans la foulée qu'il se représentera en 2006... Ce qui peut être interprété comme contraire à la nouvelle Constitution (le président ne peut être réélu qu'une fois).
Le 3 décembre 2006, Chavez gagne l'élection présidentielle avec 63% des voix. Il réforme une nouvelle fois la Constitution en instaurant notamment des mesures d'exception pour la liberté de la presse ou la liberté d'expression en général. En cas "d'Etat d'urgence", la liberté de la presse et les "normes de justice" sont suspendues. Chavez a aussi prévu de faire voter un autre référendum en 2010 pour mettre fin à la limitation des mandats et donc se représenter aux élections. Y aurait-il du Poutine chez le Vénézuélien ?
VIDEO 14 (4'17) Cette réforme a été suivie d'un mouvement d'étudiants qui a été réprimé de façon très "musclée". Après de nombreuses mesures visant à censurer (voire supprimer) les chaînes privées (voir les réactions de Reporters Sans Frontières après l'annulation de la licence de la chaîne RCTV), les étudiants ont une nouvelle fois manifesté massivement pour la liberté d'expression.
VIDEO 15 (7'15) Hugo Chavez qualifie RCTV "d'insubordonnée" et décide de la remplacer par une chaîne d'Etat socialiste. Dans cette vidéo sous-titrée en anglais, le président explique sa décision en précisant "cause des dommages à la société et cherche à destabiliser le gouvernement".
VIDEO 16 (3'42) Si Hugo Chavez est critiqué dans les médias privés du Vénézuéla, il n'en est pas de même sur la chaîne de télé publique Venezolana de Television. Toutes les semaines, le président est invité pour animer l'émission Alo Presidente (sorte de Vivement Dimanche vénézuélien) dans laquelle des personnalités ou des citoyens lui font part de leur soutien. Ici, une petite fille semble réciter tout le bien qu'elle pense de son président. Un débit de robot qui fait froid dans le dos.
VIDEO 17 (0'57) Simon Bolivar, Che Guevara, Don Quichotte... Hugo Chavez dit s'inspirer de ces figures pour mener "sa révolution". Extrait (sous-titré en français) du documentaire ¿¡Revolución!? dans lequel il pointe du doigt "ces sauvages impérialistes des Etats-Unis" qui "devront dorénavant se vomir dessus"... Du Chavez dans le texte.
DOCUMENTAIRE (1h45) "Hugo Chavez, ange ou démon ?", 'l'arme du pétrole", "les liaisons dangereuses"... voici quelques unes des questions que se pose ce très bon reportage de Planète (en intégralité).
Le "Chavez Show"
VIDEO 18 (3'30) Le dernier coup de colère de Chavez était destiné à Israël. Au cours d'une réunion publique retransmise à la télé (le 6 janvier), le Président du Venezuela a appelé "le monde entier à se mettre debout". "Il faut dénoncer le gouvernement d'Israël comme un gouvernement assassin, un gouvernement génocidaire", a ajouté le bouillant sud-américain en demandant aux citoyens du monde de suivre la position du Venezuela. Reportage de Fenix TV en espagnol.
Avant d'éjecter l'ambassadeur d'Israël, Chavez avait viré sans ménagement le représentant des USA de son pays en septembre 2008. Avec sa "sobriété" légendaire, le Vénézuélien a laissé à l'Américain 72 heures pour "aller au diable". C'est à dire, selon lui, aux Etats-Unis... Chavez entendait ainsi montrer sa solidarité avec son ami Evo Morales. Le président de la Bolivie avait expulsé le représentant américain la semaine précéden en l'accusant de soutenir des manifestations d'opposition. "Ici, il y a un peuple digne, yankees de merde. Allez au diable 100 fois", a clamé Chavez lors d'un rassemblement de son parti. Quelques heures avant, le président vénézuelien avait dénoncé une tentative présumée de coup d'Etat contre lui menée par les USA. Chavez a aussi menacé de couper l'approvisionnement de pétrole vers les Etats-Unis. Le Vénézuela étant le cinquième fournisseur de brut, les USA n'ont pas souhaité commenter le départ forcé de leur ambassadeur... Enfin, Chavez a ordonné le rapatriement de l'ambassadeur vénézuélien de Washington jusqu'à ce qu'il y ait un "nouveau gouvernement aux Etats-Unis qui respecte l'héritage de Bolivar". Le "yankee" Obama va devoir jouer serrer avec "Zorro" Chavez.
VIDEO 19 (4'25) La diatribe contre les "yankees" intervient vers la deuxième minute. Dans son discours enflammé, le Vénézuelien a aussi déclaré au nom des Pays d'Amérique Latine : "Nous sommes résolus à être libres et à nous libérer du joug de l'empire américain".
VIDEO 20 (3'35) "Ignorant, lâche, singe, alcoolique, assassin, le pire des dirigeants". Hugo Chavez en seulement trois minutes était parvenu à placer ces insultes à l'encontre de George Bush. Extrait diffusé sur la télévision vénézuelienne (en espagnol, sous-titrée en anglais).
VIDEO 21 (1'07) Ce n'était pas la première fois que Hugo Chavez comparait George Bush au diable. A la tribune de l'Onu, à New York, Chavez fait un discours très étonnant (le 21/09/06). Voir le sketch discours complet sur questionscritiques.free.fr.
VIDEO 22 (0'29) Chavez singeant Bush qui imite John Wayne... Ça vaut vraiment le détour. Le président vénézuélien explique que son homologue américain est un "malade", un "fils à papa" et "un alcoolique". C'était en septembre 2005, à Harlem, où Chavez promettait aux familles à faibles revenus du fioul bon marché. Six mois plus tard, un camion affrété par le président vénézuélien rapportait du fioul.
VIDEO 23 (1'27)Le 13 septembre 2006, Hugo Chavez a tenu à "commémorer" le 5ème anniversaire des attentats sur le World Trade Center. Il s'est interrogé sur un dynamitage des tours jumelles. "Un avion serait tombé sur le Pentagone. Mensonge ! À moins que ce soit un avion invisible !", a-t-il déclaré en parlant d'attaques intérieures. Reportage de CNN (en anglais).
â–ºIl n'y a pas que les USA. On a assisté à un très beau clash lors du 18e sommet ibéro-américain qui s'est tenu le 9 novembre 2007. Hugo Chavez a qualifié l'ex premier ministre espagnol Jose Maria Aznar de "fasciste" en l'accusant d'avoir soutenu la tentative de coup d'Etat au Vénézuéla en 2002. "Un fasciste n'est pas humain, un serpent est plus humain qu'un fasciste", avait-il développé (20minutes.fr). Ce qui n'avait pas plu à son prédécesseur Jose Luis Zapatero ni au roi Juan Carlos, présents sur scène...
VIDEO 24 (1'43) Jose Luis Zapatero tente de calmer Hugo Chavez. Il lui demande de respecter le choix démocratique des espagnols d'avoir élu avant lui son adversaire José Maria Aznar dont il reconnait ne pas être proche idéologiquement. Chavez continue de râler, micro éteint. Cela fait sortir de ses gonds le roi Juan Carlos, pourtant réputé pour son flegme, qui lui demande "Pourquoi il ne veut pas se taire ?". Zapatero, décidemment très conciliant demande à Hugo Chavez d'exprimer ses idées autant qu'il le souhaite mais sans entrer dans la diffamation. La vidéo existe en version longue ici (en espagnol).
â–ºL'incident diplomatique n'était pas loin. Après son altercation avec le roi Juan Carlos, Hugo Chavez avait enfoncé le clou en qualifiant la conquête de l'Amérique latine par l'Espagne de "pire génocide de tous les temps". Le président vénézuélien a annoncé juste après qu'il allait revoir ses relations diplomatiques avec l'Espagne, et que les entreprises ibériques allaient "devoir rendre plus de comptes" (lefigaro.fr du 14/11/07).
> Voir aussi le reportage de BFMTV sur dailymotion.
VIDEO 25 (5'47) On ne peut pas reprocher à Chavez d'avoir changé d'avis à l'égard de l'Espagnol. Le 27/04/07, il décrivait Aznar de "laquais de Georges Bush" et surtout de "fasciste de la trempe d'Hitler" ! Vicente Fox (ancien président du Mexique) en prend aussi pour son grade dans ce discours (en espagnol). Pendant son passage à Paris, Bush, "bon pour être enfermé à l'asile", est aussi comparé à Dracula [voir vidéo].
VIDEOS 26 et 27 (1'44 et 1'38) Mais le grand fou est aussi un grand sensible... L'histoire d'amitié entre Fidel et Hugo n'est un secret pour personne. Le mois dernier, dans son émission "Alo Presidente, Chavez était très triste d'annoncer qu'on ne reverrait plus Castro à cause de sa maladie. "En visitant la maison où a vécu le petit Che, nous étions comme deux polissons. Ensuite, Fidel m'a accompagné personnellement jusqu'à la passerelle d'embarquement de mon avion, et nous nous sommes embrassés. Mon Dieu, pouvais-je alors imaginer que ce serait la dernière fois ?", a-t-il déclaré avec amour [vidéo à gauche, en espagnol]. Des marques d'affections qui ont inspiré un internaute [vidéo à droite]. Celui-ci a réalisé un montage sur les diverses rencontres de ces "polissons".
Une information très importante : Chavez nationalise une filiale de Cargill au Vénézuela.
http://www.france24.com/fr/20090305-chavez-ordonne-expropriation-fabrique-riz-filiale-cargill-venezuela
Serait ce le début d'une révolution des pays du sud contre l'exploitation des multinationales du nord qui pompent les richesses des rares entreprises locales rentables ?
Voir les ouvrages de Jean Ziegler et en particulier "L'empire de la honte"
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