10 jours de conflit, plus de 500 Palestiniens tués, et toujours pas l'ombre d'un cessez-le-feu. L'opération "Plomb durci" de l'armée israélienne ne semble pas ramollir, malgré les appels de la communauté internationale. Les chefs d'Etats des plus grands pays restent assez timides (certains diront "diplomates") face à cette offensive qui n'en finit pas. Pourtant, aux quatre coins du monde, les mobilisations en faveur de la paix se multiplient depuis le 27 décembre. De l'Asie à l'Amérique du Sud, en passant par l'Europe, le Moyen-Orient ou l'Amérique du Nord, des centaines de milliers de citoyens s'élèvent contre les raids israéliens avec plus ou moins de violence, au gré de la position des autorités de chaque pays. Perturbés par quelques énergumènes antisémites, certaines manifestations tournent parfois au tragique. D'autres mêlent au contraire, avec bonheur, Juifs et Arabes dans un même défilé. Tour d'horizon en vidéos des différents cris et espoirs venus de la rue.
â–ºPAR LAURENT MACABIES
VIDEOS 1, 2, 3 et 4 (8'36, 1'36, 1'21 et 1'16) En Jordanie, 30000 personnes se sont retrouvées dans le stade Al Hussein Sports City, de la capitale Amman [vidéo en haut à gauche]. A Montreal, 5000 manifestants, dont beaucoup se protégeaient du froid en portant un Keffieh (symbole de la résistance palestinienne) ont clamé leur soutien aux Palestiniens [vidéo en haut à droite]. De jeunes juifs se sont unis aux militants pour montrer leur solidarité. Le but affiché est de faire pression sur le voisin américain et sur le gouvernement canadien qui a appelé à un cessez-le-feu tout en estimant que les tirs de roquettes du Hamas étaient "la cause de la crise". Les manifestants étaient beaucoup moins nombreux dans les pays nordiques d'Europe. Mais, dès le premier jour de l'offensive d'Israël (le 27 décembre), la communauté musulmane du Danemark indiquait sa solidarité en plaçant des bougies dans le centre-ville de Copenhague [vidéo en bas, à gauche]. Quatre pays d'Amérique du Sud ont immédiatement dénoncé les raids israéliens et exprimé leur "solidarité envers le peuple palestinien". Il s'agit du Chili [vidéo en bas à droite], du Brésil, du Vénézuela et l'Argentine.
VIDEOS 5 et 6 (2'11 et 2'43) Le monde arabe manifestait en masse dès le deuxième jour du conflit (dimanche 28 décembre). Des milliers d'Irakiens ont défilé à Bagdad contre l'attaque israélienne, et, collatéralement, contre les USA [vidéo à gauche]. De nombreux réfugiés palestiniens vivent dans la capitale depuis que le régime de Saddam Hussein les avait accueillis. A Mossoul (Nord de l'Irak), où 300 personnes manifestaient, un kamikaze s'est fait exploser (un mort et 17 blessés). Les mobiles de l'attentat demeurent inconnus. L'Egypte, qui tient un rôle clé dans le conflit israélo-palestinien depuis un demi-siècle, se trouve une nouvelle fois dans une situation ambigüe. L'attitude des dirigeants égyptiens, jugée trop conciliante envers Israël, énerve fortement la population. Le 2 janvier, au Caire, la police a sévèrement réprimé les manifestations [vidéo de droite].
VIDEO 7 (8'00) Samedi 3 janvier, des citoyens de plusieurs grandes villes de France (Lyon, Toulouse, Marseille, Bordeaux...) manifestaient pour les Palestiniens. A Paris, entre 21000 et 25000 personnes ont répondu à l'appel du "Collectif national pour une paix juste entre Palestiniens et Israéliens" (regroupant le MRAP, le PCF, la LCR, des syndicats...) avec Marie-Georges Buffet et Olivier Besancenot en "guest-star". Mais les manif' ont dégénéré, une centaine de casseurs ayant pillé des boutiques et brûlé des voitures. Un bijoutier s'est ainsi fait cambrioler à l'Opéra des produits estimés entre 200000 et 300000 euros. Depuis le début du conflit, des milliers de personnes se mobilisent tous les jours. Ici, la manifestation du 30 décembre 2008. Voir aussi le récit de notre correspondant.
VIDEOS 8 et 9 (5'25 et 6'48) En Europe, des tensions aux relents racistes sont apparues lors de certaines marches. Une poignée d'Italien a brandi des banderolles antisémites et des croix gammés. En Grèce, on a encore pu voir que la situation était loin de s'être calmée après les émeutes [voir notre sujet vidéo là-dessus]. Devant l'ambassade d'Israël, les policiers ont violemment réprimé certains manifestants [vidéo à droite].
VIDEOS 10 et 11 (1'42 et 1'10) En Angleterre, on n'avait pas vu autant de monde défiler depuis les protestations contre la guerre en Irak. Entre 10000 personnes (selon la police) et 60000 personnes (selon les organisateurs) ont manifesté à Londres le 3 janvier [vidéo à gauche]. Les Allemands étaient aussi nombreux, la veille, à Berlin [vidéo à droite]. Au début du conflit, à la suite d'une conversation téléphonique entre Angela Merkel et le Premier ministre israélien Ehud Olmert, le porte-parole allemand a indiqué que les deux dirigeants "sont tombés d'accord pour dire que la responsabilité de l'évolution de la situation dans la région incombe clairement et exclusivement au Hamas"...
VIDEOS 12 et 13 (1'30 et 1'08) Malgré le silence de Barack Obama (il est vrai, pas encore officiellement investi), de nombreux citoyens américains défilent dans les rues. Comme dans cette vidéo [à gauche] prise à New York le 28 décembre, où des membres de la communauté juive faisaient partis du cortège (voir aussi cette vidéo). A Jérusalem, les affrontements sont autrement plus musclés entre manifestants palestiniens et l'armée [vidéo à droite].
VIDEOS 14 et 15 (3'30 et 2'47) Chavez ne calmera pas les manifestants. Au cours d'une réunion publique retransmise à la télé (le 6 janvier), le Président du Venezuela a appelé "le monde entier à se mettre debout". "Il faut dénoncer le gouvernement d'Israël comme un gouvernement assassin, un gouvernement génocidaire", a ajouté le bouillant sud-américain [vidéo à gauche]. Le bouffeur de Yankees demande aux citoyens du monde de suivre la position du Venezuela. Les manifestations dans le pays ont aussi été très suivies [vidéo à droite]. Des drapeaux israéliens ont été brûlés devant l'ambassade de Caracas.
VIDEOS 16 et 17 (1'02 et 3'00) Voici des images que l'on a très peu vues. Elles montrent des manifestations de Sud-Coréens. La Corée du Sud a rapidement appelé à la paix et annoncé lundi une aide humanitaire de 300000 dollars pour la population de la bande de Gaza. Une poignée de militants déchirent [voir ici] ou tapissent symboliquement de sang le drapeau israélien [vidéo de gauche]. Beaucoup plus poétique : l'ornement du drapeau palestinien [vidéo à droite]. Ces actions ont été filmées le 5 janvier devant l'ambassade d'Israël à Seoul.
Maintenant que des gens comme Richard Falk, rapporteur spécial auprès des Nations-Unies sur les droits de l’homme, parlent officiellement des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis par l’état d’Israël, il est inévitable de s’intéresser aux journalistes en France et ailleurs mais surtout en France qui se montrent publiquement coupables aux yeux de l'article 24 de la loi du 29 juillet 1881 réprimant l'apologie de crime de guerre.
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