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Revues de presse
réalisées par :
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Superficie : 1 284 000 km² (5ème pays d'Afrique).
Population : 9 826 419 hab (en 2007).
Indépendance (vis-à-vis de la France) : 11/08/60.
Langues officielles : français et arabe.
VIDEO 2 (10'34) La très bonne émission "Les dessous des cartes" présente la situation du Tchad (en mai 2006).
Brefs repères historiques:
â–ºLe Tchad est sans doute un des berceaux de l'humanité. En 2001, a été découvert le crâne fossile de Toumaï, vieux de sept millions d’années et considéré comme le plus ancien hominidé connu.
â–ºConsidéré comme protectorat français à partir de 1900, le Tchad devient une colonie en 1920 dans le cadre de l'AEF (Afrique équatoriale française). Il est devenu la première colonie française à se rallier à la France libre en 1940.
â–ºle Tchad accéda à l'indépendance le 11 août 1960 sous la présidence de François Tombalbaye. Mais celui-ci a été contraint de solliciter l'aide des troupes françaises en 1968, lorsque des populations du Nord, en majorité musulmanes, se sont révoltées.
La "démocratie" tchadienne
â–ºLe général Idriss Déby Itno (wikibio), ancien bras droit du dictateur Hissène Habré (wikibio), a pris le pouvoir par un coup d'État en 1990 grâce à l'appui de la France (en 1983, la France avait pourtant aidé Hissène Habré à résister à un envahissement de la Libye de Kadhafi). Le coup d'Etat avait été mené depuis... le Soudan. Les rebelles accusent le président Déby de corruption et de violations de droits et affirment qu'il dilapide la richesse pétrolière du pays (cyberpresse.ca du 10/01/08). Producteur de pétrole depuis 2003, le Tchad abrite à Doba, le point de départ d'un oléoduc de 1070 km qui va jusqu'au port de Kribi, au Cameroun. Ce projet a coûté plus de 4 milliards de dollars investis par Chevron, Exxon-Mobil, Petronas et la Banque mondiale.
â–ºPlusieurs sites rendent compte des zones d'ombre d'Idriss Déby. Tous pointent du doigt les élections très suspectes de 2006 (il aurait d'ailleurs fait changer la constitution pour pouvoir se représenter en procédant à un vote... à main levée) et la corruption dont il serait adepte. Selon certains, ses hommes seraient responsables d'au moins 25.000 assassinats et de nombreux actes de tortures et arrestations arbitraires (entre autres). Voir tchadactuel.com ou pressafrique.com.
> D'après un article paru dans L'Humanité du 20/09/03 à l'occasion de la visite du président tchadien à Paris, Déby a "mâtiné son pouvoir d’une apparence démocratique" sous la pression des occidentaux mais il "n'est pas un homme recommandable". Le journal communiste rapporte que selon les organisations SurvieAgir ici, la France aurait largement aidé au truquage des élections de 1996, afin d’éviter un renversement légal du régime. L'article, prémonitoire, se termine ainsi : " et d ans un pays qui, depuis 1965, a vu naître des dizaines de rébellions armées [...], la bénédiction du parrain français reste un élément important pour garantir la pérennité du pouvoir".
> "Que sont devenus la centaine de militaires arrêtés ?" demandait Amnesty International du 04/04/06 après le coup d'Etat raté contre le président Déby. "Aucune information quant à l'identité de ces personnes ni le lieu de leur détention n'a été officiellement communiquée. Selon certaines sources, ces personnes seraient détenues au secret à la Présidence, d'autres parlent de cas de 'disparitions'. Le ministre de la sécurité s'est contenté de préciser que ces militaires allaient être traduits en cour martiale. [...] Il est à craindre que certains, voire tous ces militaires, ne risquent d'être torturés ou exécutés de manière extrajudiciaire", s'inquiétait l'organisation de défense des droits de l'Homme.
> Le rapport annuel 2007 de Reporters Sans Frontières est assez accablant pour le gouvernement tchadien. Malgré un bon début d'année et les promesses du président Déby, les rapports avec la presse se sont peu à peu aggravés. Extraits du rapport : " La reprise des combats, l’état de guerre avec le Soudan et l’intolérance du gouvernement ont porté un dur coup aux libertés. A la fin de l’année, l’état d’urgence a été proclamé. Et avec lui, la censure. [...] Le 27 octobre, Evariste Ngaralbaye, journaliste de l’hebdomadaire privé Notre Temps, a été arrêté et incarcéré pendant quatre jours avec des prisonniers de droit commun. Son arrestation était liée à la publication d’un article traitant des enfants soldats. [...] La presse indépendante, réduite à une poignée d’hebdomadaires paraissant exclusivement à N’Djamena, à quelques radios privées et communautaires, s’est retrouvée par conséquent, fin 2006, sous la stricte surveillance du gouvernement, pendant que des combats se déroulaient dans une grande opacité. [...] Plusieurs correspondants étrangers ont fait état de pressions et de menaces. Le 15 avril, René Dillah Yombirim, journaliste de la radio publique et correspondant du service en français de la BBC, a pour sa part été sévèrement battu par des soldats alors qu’il interviewait des habitants de N’Djamena, avant d’être relâché quelques heures plus tard.[...]"
> Pendant les derniers moments de crise, le gouvernement en aurait profité pour pratiquer "la chasse aux opposants". Le Monde (du 05/02/08) rapporte les observations d'organisation de droits de l'Homme sur ces arrestations arbitraires. L'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW) a affirmé, le 05/02/08 à New York, avoir reçu des informations selon lesquelles, depuis trois jours, "les forces de sécurité du gouvernement tchadien sont impliquées dans l'arrestation d'hommes politiques de l'opposition". La veille, la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme (Raddho) affirmait qu' "Au moins sept responsables politiques tchadiens ont été arrêtés depuis dimanche soir" en précisant que "des militaires les ont conduits vers des endroits inconnus". Les personnalités visées seraient accusées d'avoir préparé un accueil favorables aux rebelles à N'Djamena. Certaines organisations craignent qu'il s'agisse de prétexte pour réduire au silence les oppositions.
VIDEO 2 (32'16) Reportage du 15/09/05 d'Envoyé Spécial au Tchad sur la situation des enfants esclaves à Djamena.
Qui sont ces rebelles ?
â–ºEn 1999, une dizaine de rébellions armées se sont constituées avec des objectifs très hétérogènes. Les groupes les plus importants se sont rassemblées au début de l'année sous l'impulsion du Soudan, principal pourvoyeur d'armes. Libération (du 06/02/08) explique que 3 mouvements (dont le seul but commun est de renverser Idriss Déby) ont participé à l’offensive éclair lancée depuis la frontière soudanaise :
>>> L’Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD), dirigée par le général Mahamat Nouri (ancien proche de Déby et ambassadeur en Arabie Saoudite jusqu'en 2006, voir wikibio) : le régime soudanais se sert de Nouri pour renverser Déby car celui-ci a soutenu certains groupes de rebelles soudanais du Darfour (au nom de la solidarité clanique). En clair, Le Tchad accuse le Soudan d'armer et d'abriter les rebelles tchadiens. Le Soudan accuse le Tchad d'armer et d'abriter ceux du Darfour. De son côté, Kadhafi a une dent contre Nouri car il lui a infligé une cuisante défaite lorsqu'il était sous les ordres de Hissène Habré.
>>> Le Rassemblement des forces pour le changement (RFC), fondé par les frères Timane et Tom Erdimi (des neveux de Déby) : Timane Erdimi (surnommé "Raspoutine") a qualifié la présidence de Déby de "régime le plus corrompu de l'histoire de l'Afrique". C'était pourtant le bras droit du président. Son frère coordonnait le projet pétrolier. Leur visée n’est pas politique, mais porte sur l’accaparement de la manne pétrolière.
>>> L’UFDD-Fondamentale, dirigée par un Arabe, Abdelwahid Aboud Makaye, qui était le secrétaire général du Front uni pour le changement (FUC). Ce mouvement avait failli conquérir N’Djamena en avril 2006. Son chef, Mahamat Nour Abdelkerim, était devenu ministre de la Défense après cette tentative de putsch. Déby l’a limogé en décembre dernier.
VIDEO 3 (37'') D'après la personne qui la mise en ligne, cette vidéo montre une colonne de rebelles qui tente de pénétrer à Massaguet, à 70km de Ndjamena, le 01/02/08. L'armée les attend. L'affrontement est inévitable.
VIDEO 4 (8'43) Reportage de Arte (24/08/05) sur les tensions entre le Soudan et le Tchad et les ONG humanitaires qui aident les réfugiés.
Le retour de Kadhafi
â–ºEn grand défenseur de la démocratie (sic), Muammar Kadhafi apparaît dans ce dossier en tant que médiateur. Médiation "visant à apaiser la crise" que l'ONU a approuvé (afriquenligne.fr du 04/02/08). Le Guide Libyen a condamné l'offensive des rebelles qui constitue selon lui "une grave violation des règles démocratiques" (lejdd.fr du 02/02/08). Kadhafi ne manque vraiment pas de verve lorsqu'il s'agit de dénoncer ses voisins.
â–ºPrésident de la Commission de l’Union africaine (UA), Alpha Oumar Konaré livre son diagnostic sur la situation au Tchad avec son franc-parler à lexpress.fr (04/02/08). D'après lui, "la première des conditions [à la résolution de la crise], c’est d’empêcher la prise du pouvoir par les armes". "Il ne s’agit pas de sauver Déby, mais de sauver le Tchad", explique-t-il. "Une nouvelle aventure militaire conduirait ce pays à l’anarchie et y ouvrirait une période d’incertitude terrible". Oumar Konaré justifie aussi le mandat de médiateur confié par l'UA à Muammar Kadhafi : "Il faut se rendre à évidence: si on le tient à l’écart, ça ne marchera pas. Le Guide libyen entretient des contacts avec tous les acteurs de la crise. C’est donc lui qui a le plus de cartes en main. Le sortir du jeu, c’est fermer les portes".
â–ºDelwa Kassiré Coumakoye (le premier ministre tchadien) ne veut pourtant pas entendre parler de Kadhafi, l'accusant d'avoir aussi aider la rébellion. "[Les rebelles] ont été armés par le Soudan et soutenus par la Libye", a déclaré Delwa Kassiré Coumakoye (lemonde.fr du 04/02/08). Le ministre a ajouté : "On n'a rien à traiter avec ces gens", [Les médiateurs] "veulent faire une médiation entre qui et qui ? Il ne reste presque plus rien de la rébellion"
La position de la France
â–ºLa France est dans une situation délicate explique La Croix (03/02/08) dans son dossier très complet. L’armée française, principal soutien occidental du Tchad, a été jusqu’ici plus mesurée dans son soutien, note le journaliste Laurent d'Ersu. Elle semblait, en effet, attendre le déploiement de la force européenne Eufor Tchad-RCA. Cette opération a pour mandat de sécuriser les populations civiles dans l’est du Tchad et dans le nord de la République centrafricaine. Elle est censée déployer d’ici à mai 3.700 militaires, dont 2.100 Français, 400 Irlandais et 400 Polonais.
â–ºPourtant, Paris a officiellement apporté son soutien au président Déby. Nicolas Sarkozy a lancé une mise en garde aux rebelles (rtbf.be du 05/02/08). "Si la France doit faire son devoir, elle le fera", a-t-il annoncé. En cas d'agression, le président soutient que "la France aurait les moyens de s'opposer à une action contraire aux règles du droit international".
â–ºLes rebelles accusent la France d'armer le régime de son ancienne colonie et d'être intervenue dans les combats. Le général rebelle Mahamat Nouri (voir plus haut) a affirmé que l'aviation française a bombardé les positions rebelles (matin.qc.ca du 05/02/08). "Depuis avant-hier soir, c'est l'aviation française qui nous pilonnait. L'aviation nous a bombardés depuis hier matin [lundi] jusqu'à ce matin [mardi] une heure du matin." Sur Europe 1, Bernard Kouchner a promis que l'aviation française n'a pas (encore) pris part au conflit : "Nous ne sommes pas intervenus [...] Nous n`avons pas pris part à cette guerre entre Tchadiens. Et pourtant nous le pourrions maintenant si nous le souhaitions (et nous ne le souhaitons pas) puisque la communauté internationale nous en a donné non pas seulement la possibilité mais l`obligation de servir le gouvernement légal", a expliqué le ministre français des Affaires étrangères (letribune.fr du 06/02/08). Concernant une éventuelle intervention militaire, Bernard Kouchner affirme qu'"aucune décision n'est prise".
VIDEO 5 (2'08) Au début du conflit, la France a aidé le gouvernement tchadien en lui fournissant les renseignements sur l'évolution de la situation. Reportage du J.T. de France 3 du 01/02/08.
â–ºLe ministère des Affaires étrangères français mène des opérations pour accueillir les ressortissants du Tchad. Mercredi 06/02/08, Rama Yade a accueilli à Paris 299 personnes en provenance de Libreville grâce aux moyens militaires français (diplomatie.gouv.fr). Au total, 1.231 personnes (491 Français et 740 étrangers) ont été évacués depuis ce week-end de N'Djamena vers Libreville. 867 personnes sont arrivées à Paris (530 ressortissants français et 337 ressortissants étrangers de plus de 60 nationalités différentes). Le concept " d'Etat-pilote" prôné par la France vise " à améliorer la protection des ressortissants des Etats membres de l'Union européenne en temps de crise dans les pays tiers", a expliqué le ministère (voir le communiqué de presse sur tv5.org).
VIDEO 6 (4'48) L'évacuation des humanitaires vers la base française comme si vous y étiez en cliquant sur la vidéo.
â–ºCes derniers jours, le gouvernement français a accentué sa prise de position en faveur du régime tchadien en place. Point d'orgue de ce soutien, Hervé Morin a effectué une "visite-surprise" au président Déby (france-info.com du 06/02/08). Le ministre de la Défense a dit avoir " démontré à quel point notre soutien était sans faille" et que le président et lui se sont " quittés avec le sentiment que, lui, dans le cadre de ses opérations militaires et nous, dans le cadre de nos opérations, nous participions à la même oeuvre, c’est-à-dire la stabilité et l’intégrité du Tchad". Et un échange de bons procédés ?
â–ºEn effet, ce "soutien sans faille" ne cacherait-il pas une négociation pour "libérer" les "zozos" de l'Arche de Zoé ? Après s'être félicité que la France ait " tenu tous ses engagements", Idriss Déby a évoqué une possible grâce pour les 6 Français de l'Arche de Zoé condamné à 8 ans de prison (france24.com du 06/02/08). " Ce n'est pas impossible, si la France le demande bien sûr, que j'examine cette question", a dit le président tchadien, ajoutant : "Pour le moment je n'ai pas réfléchi à cette question". Ce retournement serait donc un heureux hasard, sans lien direct avec l'aide française et sans réflexion...

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Bonjour,
merci pour ce dossier très intéressant M. Macabiès.
Nous manquons cependant d'informations sur le jeune Knut.
Que devient-il ?
Est-il toujours séparé de son père adoptif ?
S'il vous plait, donnez des nouvelles !!
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