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LA REVOLUTION DES BONZES +16 VIDEOS
Des bols d'aumône contre des mitraillettes. Le rapport de force peut paraître très inégal entre la junte militaire qui dirige (de manière dictatoriale) la Birmanie et les moines bouddhistes qui manifestent depuis une semaine contre la hausse des prix. Pourtant, les 400 bonzes qui entamaient leur marche pacifiste jeudi (20/09/07) se sont faits rejoindre par des étudiants, des membres de la Ligue nationale pour la démocratie (parti d'opposition), des comédiens, des poètes et de "simples" citoyens. Ils étaient finalement 100.000 à manifester lundi (24/09/07). Le lendemain, le gouvernement décrétait un couvre-feu. Aujourd'hui (26/09/07), l'armée a chargé les pacifistes. Une situation qui n'est pas sans rappeler la violente répression de 1989 qui s'était terminée dans un bain de sang. Cette fois, pourtant, les bonzes birmans ont lancé un mouvement qui a pris une ampleur internationale, obligeant les Nations Unies à se pencher (enfin) sur la dictature birmane exercé dans le pays depuis plus de 40 ans. D'une opposition à la hausse des prix, la manifestation s'est peu à peu transformée en une vrai révolte contre le régime répressif de la junte militaire. Ce gouvernement illégitime (non-élu) pourra-t-il se permettre de tuer des bonzes dans un pays où le bouddhisme est pratiqué par 80% de la population ? La communauté internationale va-t-elle fermer (à nouveau) les yeux sur la dictature birmane ? L'opposante (et Prix Nobel de la Paix en 2001) Aung San Suu Kyi va-t-elle pouvoir enfin sortir de sa résidence où elle est assignée alors qu'elle a gagnée démocratiquement les élections ? Combien de temps tiendront les moines et leurs alliés face à la violence des soldats ? Et si, pour une fois, c'était le pot de terre qui battait le pot de fer... Si vous avez manqué le début ou si vous voulez connaître la suite, suivez la flèche.
VIDEO 1 (3'04) Reportage du J.T. du 12-13 de France 3 (26/09/07) sur la répression de la junte birmane.
Le régime dictatorial, un prix nobel de la paix enfermé, Bush en pacificateur, Kouchner qui s'est mis dans une sacré galère, la Chine qui doit calmer les militaires, Total accusé de complicité de crime contre l'humanité, la censure des birmans... Vous verrez tout cela (et bien plus) en suivant la flèche (+16 VIDEOS).
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AUTEUR
LAURENT MACABIES (DSS)
> Carte de la Birmanie tirée de diplomatie.gouv.fr
(les régions fortement déconseillées aux touristes sont en rouge).
La junte au pouvoir
VIDEO 2 (2'37) Reportage de France 24 (du 07/06/07) en pleine guerre civile birmane. Les militaires sont omniprésents à Rangoun, au sud de la Birmanie.
> C'est la première fois depuis 1988 que l'on assiste à une manifestation de cette importance en Birmanie. Le pays était alors dirigé par le général Ne Win (depuis 1962), un militaire très autoritaire. En 1987, le dirigeant réduit de 80% la valeur de l'argent (sans compensation) pour lutter contre l'inflation. Quelques mois plus tard, des millions d'étudiants manifestent dans la rue et contraignent Ne Win à démissionner.
> Les protestations se poursuivent, en faveur du pluralisme politique, des libertés démocratiques et des droits de l'Homme. Mais ces actions menées sous la direction de Aung San Suu Kyi (secrétaire générale de la Ligue nationale pour la démocratie) sont réprimées par la violence. 3.000 manifestants sont tués (dont de nombreux moines bouddhistes). Après des mois d'instabilité, un groupe de généraux (la junte) prend le pouvoir.
> Mais, en juillet 1989, de nouvelles manifestations obligent la junte à organiser des élections législatives libres. Elles sont remportées par Aung San Suu Kyi avec plus de 80% des voix (le 27 mai 1990). Mais Aung San Suu Kyi (qui a reçue le prix Nobel de la paix en 1991) est assignée à résidence depuis 1989 et la junte refuse de reconnaître le résultat des élections.
VIDEOS 3 et 4 (1'36) Aung San Suu Kyi, assignée à résidence, remercie les pays qui la soutiennent et lance un appel à la communauté internationale (en anglais, à gauche/doublé en français, à droite).
> Site officiel de Aung San Suu Kyi : dassk.com.
> Depuis, le groupe de généraux (perpétuellement en lutte interne pour le pouvoir) dirigent (d'une main de fer) la Birmanie. Aujourd'hui, le pouvoir est partagé en deux : Than Shwe est le Président et Maung Aye est Chef des Armées.
VIDEO 5 (8') Carole Veissière (chargée de mission pour INFO BIRMANIE) analyse les circonstances de l'arrivée de la junte et la solidité du régime autoritaire birman (sur France 24).
> Les atteintes à la liberté sont nombreuses (et les opposants au régime mis sous silence). La dernière en date : le 08/09/07, six défenseurs des droit du travail ont été condamnés à des peines de prison allant jusqu'à 28 ans pour avoir organisé un séminaire dans un centre de l'ambassade américaine (canadianpress.google.com du 08/09/07).
VIDEO 6 (9'54) L'association askforfreedom (chaîne sur Dailymotion) lutte pour libérer Aung San Suu Kyi. Voici un des reportages qu'ils ont mis en ligne pour dénoncer la situation en Birmanie.
> Sources : nouvelobs.com, wikipedia de la Birmanie et rue89.com.
> Si vous voulez en savoir plus sur Aung San Suu Kyi, sa biographie est sur webspace.oanet.com.
<< Voir aussi le reportage poignant (de Dominique Mussche et Maryse Hendrix) sur la situation en Birmanie (paru sur le site d'Amnesty International).
La révolte de 2007 : Bis repetita ?

> Les moines avaient déjà joué un rôle important dans les manifestations de 1988. Le clergé, en Birmanie, rassemble 400 000 personnes, un nombre équivalent à celui des militaires (Photo AFP).
> Le 15 août 2007, le général Than Shwe décide d'augmenter le prix des carburants (essence: +66%, diesel +100%, gaz naturel comprimé: +535%). Cela entraîne le doublement des tarifs dans le transports et une augmentation de 30% des produits alimentaires de base (dans un pays où une forte proportion d'enfants sont sous-alimentés).
VIDEO 7 (48'') Le 20/09/07, au début de la grande semaine de manifestations, ils étaient 1.000 moines birmans à marcher devant la population qui les soutenait en applaudissant leur passage.
> Les premières véritables manifestations contre la hausse des prix ont eu lieu juste après le 15 août. Les moines avaient été violemment dispersés par la junte militaire (des coups de feu avaient retenti). Les autorités avaient diffusé dans les médias des messages imputant les violences aux moines. Le lendemain, des responsables birmans sont venus présentés leurs excuses aux moines tout en leur demandant d'arrêter de manifester (cyberpresse.ca du 06/09/09). Ceux-ci ont répliqué en les... enlevant quelques heures.
> Même si le régime est très décrié, peu d'observateurs pensent qu'il pourra être renversé par les manifestants. Il faut rappeler que la Birmanie est sous une dictature depuis 1962. Pour le moment, les moines se sont d'ailleurs abstenus d'appeler au renversement de la junte (courrierinternational.com du 24/09/07). Ils se contentent de demander des excuses après les premières violences. Ils exigent aussi la libération des membres de Génération 88, un groupe d'opposants condamnés après la répression violente des manifestations de 1988. 400 d'entre eux avaient été arrêtés à la mi-août, après les premières manifestations qui ont suivi l'envolée des prix du carburant (courrierinternational.com du 26/09/07).
> La junte militaire birmane a passé sous silence les premiers jours de manifestations. La population n'était pas au courant car les médias ne les mentionnaient pas (latribune.fr du 23/09/07). Samedi et dimanche (22 et 23/09), les principales informations étaient réservées aux inondations et à la circulation.
VIDEO 8 (1'20) Reportage de LCI sur la manifestation du 24/09/07 qui a réunie 100.000 personnes.
> La junte militaire au pouvoir s'est réunie d'urgence mardi 25/09/07 pour répondre aux manifestations (lemonde.fr du 25/09/07). Des mesures se mettent déjà en place (photo Reuters). Les militaires de la 22ème division, qui s'étaient "illustrés" en étant à la pointe de la répression de 1988, viennent de quitter la frontière thaïlandaise pour rejoindre Rangoun. La télévision d'Etat birmane a appelé les moines bouddhistes à mettre fin à leur mouvement de protestation et à rester à l'écart de la politique. De plus, selon des associations, la junte militaire aurait passé commande de 3.000 tuniques de bonze et des soldats auraient reçu l'ordre de se raser le crâne pour infiltrer les rangs des moines bouddhistes. En 1988, des agents provocateurs avaient infiltré les manifestants.
VIDEO 9 (1'36) Interview audio d'un Français résidant en Birmanie depuis 15 ans. Celui-ci décrit les manifestations comme très pacifiques. Il ne pense pas qu'elles se termineront dans un bain de sang comme en 1988 car le conflit est plus médiatisé.
> Peu à peu, les manifestations ont pris de l'ampleur. 400 au départ, 3.000 vendredi (21/09/07), 5.000 le lendemain et 20.000 dimanche, ils étaient plus de 100.000 dans les rues lundi (24/09/07). La junte a alors menacé de "prendre des mesures". Le lendemain, la junte birmane décrétait un couvre-feu de 21h à 5h du matin (lemonde.fr du 25/09/07). Le régime a aussi déclaré la ville "zone d'accès restreint" et interdit le regroupement de plus de 5 personnes. Une sorte "d'Etat d'urgence".
VIDEO 10 (1'44) No Comment d'Euronews pendant la manifestation du 24/09/07.
> Pour l'ancien premier ministre birman Sein Win, ces mesures annonçaient que la junte allait tirer sur la foule. "S'il ne reste plus que quelques centaines de moines, ils tireront sur la foule, j'en suis certain. Ils déclareront l'état d'urgence, arrêteront des centaines de personnes" (tqs.ca du 25/09/07). La junte "avait procédé de la même façon en 1988 avant de tirer sur les manifestants" a-t-il expliqué.
> Apparemment, Sein Win est un visionnaire puisque, après avoir décrété l'état d'urgence, la junte a procédé à des dizaines d'arrestations et a chargé à coups de bâtons et de gaz lacrymogène des manifestants (latribune.fr du 26/09/07). Selon un groupe dissident en exil, 300 moines ont été arrêtés.
VIDEO 11 (2'10) Olivier Guillard (directeur de recherche sur l’Asie à l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques à Paris) analyse la situation birmane pour Le Figaro le 24/09/07. Quelques heures avant la répression des policiers, il pense que "l'armée s'oriente vers une épreuve de force". Il trouve "crédible" l'infiltration de milices dans les rangs des manifestants birmans. Selon lui, les revendications des militants sont les mêmes qu'en 1988.
> Selon des témoins, l'affrontement a été très violent. Les policiers tiraient en l'air, frappaient leurs boucliers avec leur bâton, auraient matraqué plusieurs moines et des partisans qui étaient venus les applaudir (canadianpress.google.com du 26/09/07). Alors que des moines ont été emmenés de force dans des camions militaires, d'autres tentaient de tenir coûte que coûte leur position à l'entrée de la porte ouest du temple de la Pagode Shwedagon (le plus sacré du pays).
VIDEO 12 (5'31) BBC News du 26/09/07 montre les évènements de la journée (en anglais).
VIDEO 13 (56'') Les journées de mardi et mercredi (25/09/07) ont été filmées.
> D'après Emmanuel Mouriez, un diplomate français en poste à Rangoun (interrogé depuis Paris par RTL), "les forces birmanes ont tiré sur des manifestants" et "on peut être certain que le sang a coulé" (lefigaro.fr du 26/09/07). La Ligue nationale pour la démocratie (LND) a estimé que le régime militaire avait commis "une faute irréparable" en chargeant des manifestants pacifiques, dont des bonzes.
> Après des heures d'un black-out sur l'information (dénoncé par Reporters sans Frontières), les autorités birmanes ont annoncé que trois moines et un civil ont été tués et une centaine de personnes blessées au cours de la répression (lemonde.fr du 26/09/07). Un des bonzes aurait été tué par un coup de feu alors qu'il tentait de désarmer un soldat alors que les deux autres auraient été battus à mort.
> Le lendemain, à l'aube, les soldats ont procédé à de nombreuses arrestations. Selon différents témoignages l'armée aurait investi quatre grands monastères (rtbf.be du 27/09/07). Dans la capitale, ce sont au moins 200 moines bouddhistes qui ont été arrêtés, tandis que dans le Nord-Est, où de grandes manifestations anti-gouvernementales ont eu lieu ces derniers jours, ce sont plus de 600 moines qui auraient été arrêtés.
> Malgré ces répressions, le nombre de manifestants à Rangoun avait grossi. Alors qu'ils étaient 700 à passer outre le couvre-feu décrété par les autorités, des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue après la charge des policiers (romandie.com du 26/09/07).
> Dans l’Ordre bouddhiste les moines ne sont pas soumis à la règle de "l’obéissance aveugle", bien qu’ils aient des obligations (voir le monachisme sur wikipedia). Lorsque après au moins cinq ans ils possèdent savoir et expérience et une bonne connaissance de leurs règles, ils sont libres de voyager où bon leur semble, à la recherche de Maîtres de valeur ou pour pratiquer dans la solitude.
> Cyril Payen, dans Le Nouvel Obs (du 26/09/07), explique pourquoi les moines bouddhistes sont la terreur des généraux en Birmanie. "L'engagement des bonzes birmans a souvent accompagné les grands bouleversements politiques dans le pays. Ils ont activement pris part à la lutte pour l'indépendance, il y a un demi-siècle", rappelle-t-il.
<< Photo AP.
> Des artistes birmans ont décidé de s'engager dans cette lutte. Les comédiens Zaganar et Kyaw Thu ont rejoint les manifestations pour donner de la nourriture aux religieux. Zaganar a déclaré dans une chaîne de télé indépendante : "Les moines prient pour nos âmes alors que nous restons à la maison à regarder la télévision. J'ai honte de nous" (nouvelobs.com du 24/09/07). Mais, les déclarations de l'artiste n'ont pas été du goût des militaires puisque Zanagar et Win Naing (un homme politique modéré) ont été arrêté pendant le couvre-feu en pleine nuit, alors qu'ils étaient à leur domicile (afp.google.com du 26/09/07).
> Deux opposants, Hla Pe et Myint Thein, ont été interpellés à leur domicile (rfi.fr du 27/09/07). Myint Thein est l'un des porte-parole de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) de Aung San Suu Kyi. Selon un porte-parole de la LND, Myint Thein aurait été arrêté en raison de "critiques contre le régime" formulées auprès de représentants de la "presse étrangère". 300 personnes ont été arrêtées entre mardi et mercredi.
> Voir aussi le portrait des figures de proue de l'opposition birmane emprisonnée sur lefigaro.fr.
> Jeudi (27/09/07), des forces de sécurité ont bloqué avec des barbelés et des sacs de sable l’avenue menant à la maison où Aung Suu Kyi (tdg.ch du 27/09/07). Un responsable birman à la retraite, qui suit de près le sort réservé à la "Dame" de Rangoun, a dit qu’il n’avait reçu aucune information concernant son éventuelle incarcération à la prison d’Insein. Des rumeurs courent, en effet, sur son emprisonnement.
> Samedi 22/09/07, un millier de moines étaient passées devant la maison où est assignée Aung San Suu Kyi. L'opposante du régime est venue les saluer en pleurs (AP via yahoo.fr du 22/09/07). Les moines sont restés environ un quart d'heure devant la maison en répétant une prière : "Faisons en sorte d'être totalement libérés de tout danger, de toute douleur, de la pauvreté et que la paix soit dans nos coeurs et dans nos esprits". Le lendemain, un petit groupe s'est vu interdire d'entrer sur l'avenue de l'Université où Aung San Suu Kyi est maintenue "en isolement".
> Interrogé par Le Monde du 24/09/07, Khin Maung Win (directeur délégué de la télévision indépendante Democratic Voice of Burma) indique que "les moines ont rejoint les manifestations après que trois d'entre eux ont été frappés par des militaires début septembre. C'est après avoir vainement exigé des excuses du gouvernement qu'ils sont descendus dans la rue". Concernant la possible répression des manifestants, il souligne que "le gouvernement est dans une situation délicate. Il est difficile de justifier l'emploi de la force contre des moines qui défilent pacifiquement" d'autant que la communauté internationale observe l'évolution de la situation. Enfin, il espère que "les militaires au pouvoir, devant l'impossibilité de réprimer le mouvement, vont finir par être obligés de dialoguer avec l'opposition".
> Voir aussi la manifestation en photos sur cyberpresse.ca.

> Les moines bouddhistes ont défilé en tenant à l'envers le bol qui leur sert à mendier la nourriture, en signe de refus de toute obole (photo AFP).
Les réactions internationales
> Le Dalaï Lama a été la première grande personnalité à apporter son "plein soutien à l'appel pour la liberté et la démocratie" des manifestants (romandie.com du 24/09/07). Le leader spirituel du Tibet (et autorité morale du bouddhisme) appelle les membres du régime militaire qui croient au bouddhisme à agir "dans un esprit de compassion et de non-violence".
> Lors de l'Assemblée générale de l'ONU, les Etats-Unis et l’Europe tentent de mettre la pression sur le gouvernement birman, pour qu’il engage des réformes démocratiques. La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a dénoncé le régime "brutal" au pouvoir en Birmanie et affirmé suivre de "très près la situation" (lefigaro.fr du 23/09/07).
> George W.Bush a annoncé de nouvelles sanctions américaines contre la junte militaire au pouvoir en Birmanie pour aider le mouvement de protestation en cours et renforcer la pression contre le régime (afp.google.com du 25/09/07). Mais les sanctions ont peu de chance d'aboutir si l'Inde et la Chine continuent de soutenir la junte militaire avec qui elles ont des accords commerciaux.
VIDEO 14 (1'34) Bush a été le premier dirigeant politique à condamner la junte birmane et (pour le moment) le seul à annoncer des sanctions devant l'ONU (en anglais). Passera-t-il outre une résolution des Nations Unies ?
> Cristina Gallach (porte-parole de Javier Solana) a indiqué que l'Union européenne a appelé les dirigeants birmans à faire preuve de la "plus grande retenue" (latribune.fr du 25/09/07).
> Après la manifestation réunissant 100.000 personnes (24/09/07), la France a exprimé sa "grande préoccupation" face à la situation en Birmanie et a souligné que la junte au pouvoir serait "tenue pour responsable" de la sécurité des manifestants (lci.fr).
> Mais on n'avait pas encore entendu notre hyperprésident sur le problème birman. Nicolas Sarkozy a déclaré à New York que la France n'accepterait pas une répression des manifestations en Birmanie et annoncé qu'il recevrait à Paris l'opposition birmane en exil pour lui manifester son soutien (romandie.com du 25/09/07). "Nous n'acceptons pas qu'il y ait une répression par la force" a-t-il dit.
VIDEO 15 (15'33) Nicolas Sarkozy a parlé pour la première fois à l'ONU le 25/09/07. Il y a présenté son désir de soutenir l'opposition birmane.
> Sein Win (voir plus haut) a demandé à l'ONU de tenir une réunion d'urgence après les premières répressions. Alors qu'il devrait être reçu par l'Elysée, il a demandé que Nicolas Sarkozy tiennent une déclaration "en ce sens" (cyberpresse.ca du 26/09/07). "Ce que nous attendons de la France, c'est qu'elle nous aide à sortir de cette situation" a-t-il précisé.
> "Nous avons décidé de convoquer le conseil de sécurité" a déclaré Bernard Kouchner, alors que la France assure ce mois-ci la présidence tournante du Conseil (afp.google.com du 26/09/07). Le Conseil de sécurité de l'ONU a en effet été convoqué d'urgence pour des consultations sur la Birmanie. "Cela peut aboutir à un texte de condamnation, de vigilance, d'appui à la mission des Nations unies" en Birmanie, à dit le chef de la diplomatie française.
> Ban Ki Moon, le secrétaire général des Nations Unies a demandé à la junte de faire preuve de retenue face aux manifestants. Les Nations Unies veulent envoyer un émissaire en Birmanie (euronews.net du 27/09/07).
La Chine, alliée de la junte
> La Chine et l'Inde, partenaires commerciaux de la junte, se cantonnent à des positions de non-ingérence. Pékin souhaite "la stabilité et le développement économique de la Birmanie" et a appelé le gouvernement birman à "gérer correctement" le mouvement de protestation (romandie.com du 25/09/07). Un appel pour calmer le jeu et continuer à prospérer avec le régime en place. Le commerce entre la Chine et la Birmanie s'est élevé à 1,46 milliard de dollars en 2006 (selon le ministère chinois du Commerce). La Chine est aussi un des principal revendeur d'armes à la junte.
> La Chine n'a pas que des intérêts économiques en Birmanie. En 1989, les deux pays ont conclu un accord pour s'échanger des renseignements (rue89.com du 25/09/07). Quatre mois après le massacre de la place Tiananmen (en 1989), la direction chinoise a conclu un contrat d'1,5 milliards de dollars de matériel en Birmanie.
> Pour Debbie Stothard (coordinatrice de l’ONG Altsean), "L’intérêt de la Chine sur le long terme est qu’il n’y ait pas de chaos en Birmanie. Si la junte réprime et provoque un bain de sang, cela aura des conséquences négatives sur la Chine", rajoute-t-elle (liberation.fr du 26/09/07). Debbie Stothard ajoute que "selon certaines spéculations, Pékin aurait dit au régime birman : ne tuez pas les gens". Mais la Chine craint également que les manifestations birmanes ne donnent des idées au Tibet (ou même à Pékin).
> Des sources diplomatiques viennent confirmer l'analyse de Debbie Stothard. Alors qu'elle a promis qu'elle n'interviendrait pas dans ce conflit, la Chine travaille en coulisse pour éviter l'épreuve de force (latribune.fr du 26/09/07). Un haut responsable chinois a ainsi appelé la junte birmane à trouver un terrain d'entente avec l'opposition démocratique.
> Pékin se préparerait-elle (déjà) à retourner sa veste? La Chine se préparerait déjà à un éventuel changement de régime en courtisant l'opposition birmane (lemonde.fr du 26/09/07). Selon Zin Linn, porte-parole d'un parti d'opposition, a assuré avoir rencontré des représentants chinois l'an dernier.
Pourquoi l'ONU a laissé faire jusqu'à maintenant
> Au début de cette année, l'ONU a rejeté une résolution appelant au respect des droits de l'homme au Myanmar (un.org du 15/01/07). Le vote du texte a donné 9 voix pour et 3 voix contre. Mais, parmi elles, étaient la Russie et la Chine (membres permanents) qui ont exercé un double droit de veto (pour la première fois depuis 1972). La raison officielle invoquée à l’issue du veto est que la situation des droits de l’homme au Myanmar (ou Birmanie) relève principalement des affaires internes d'un pays souverain et ne constitue pas une menace à la paix et à la sécurité de la région. La raison moins officielle était que les Russes ont voulu montrer que les USA (qui ont coparrainé le projet avec le Royaume-Uni) n'étaient pas seuls décisionnaires. De plus, la Chine est le principal allié de la junte militaire (voir plus haut).
> Le 14/04/05, la commission des Droits de l'homme de l'ONU avait pourtant adopté plusieurs résolutions pour dénoncer des violations systématiques des droits de l'homme dans plusieurs pays. La résolution contre la Birmanie avait été adoptée par consensus (ladocumentationfrancaise.fr). Le rapport complet de cette commission (qui appelle le gouvernement à respecter les résultats des élections de 1990 et à libérer Aung San Suu Kyi) est très dérangeant.
Voici un extrait (texte complet sur le site des Nations Unis) : "La Commission se déclare gravement préoccupée par les violations systématiques des droits de l'homme dont continue à souffrir le peuple du Myanmar [...] La Commission se déclare en outre gravement préoccupée par les exécutions extrajudiciaires, les viols et autres formes de sévices sexuels commis de façon constante par des membres des forces armées, la poursuite de la pratique de la torture, les nouveaux cas d'arrestations politiques, le trafic d'êtres humains, l'emploi systématique d'enfants soldats, et la reprise des attaques des forces armées contre les groupes ayant conclu un cessez-le-feu".
> Une nouvelle résolution pourrait-elle être votée cette fois-ci ? On peut en douter lorsque l'on voit que l'attitude de la Chine mais aussi de la Russie a peu changé. Moscou a, en effet, envoyé un communiqué (du Département de l'Information et de la Presse du ministère russe des Affaires étrangères) : pour refuser "toute tentative d'exploiter les événements au Myanmar pour faire pression sur cet Etat souverain ou s'ingérer dans ses affaires internes" (Ria Novosti du 26/09/07). "Nous estimons toujours que les processus en cours au Myanmar (Birmanie) ne menacent pas la paix et la sécurité dans la région et le monde" explique le communiqué.
VIDEO 16 (5'44) De nombreux artistes comme Damien Rice, Jane Birkin, Jeanne Moreau, REM, Black Eyed Peas, Jim Carrey... ont donné des concerts en soutien à Aung San Suu Kyi. Le groupe U2 lui a consacré une chanson "Walk On" (paroles et traduction sur lacoccinelle.net).
TOTAL (et Kouchner) en Birmanie
> Selon la FIDH (la plus ancienne organisation internationale non-gouvernementale de défense des droits de l’Homme), l’investissement de TOTAL en Birmanie "contribue à maintenir le régime militaire en lui fournissant une source importante de devises, en plus d’une caution morale et politique" (fidh.org). L'association pense que "les contrats passés par TOTAL avec la junte militaire comptent, en effet, parmi les plus importants pour la Birmanie (environ 7% du budget estimé de l’Etat)". Voir aussi le rapport "La Birmanie, TOTAL et les droits de l’Homme" (d'octobre 1996).
> TOTAL fait l'objet de plusieurs plaintes pour complicité de crime contre l'humanité dans une de ses filiales en Birmanie (site officiel de TOTAL). Les plaignants relatent le travail forcé massif des employés (dont beaucoup d'enfants) "rémunérés" en munitions (birmanie.net). Selon la plainte, les dirigeants actuels auraient eu "une parfaite connaissance de ces agissements".
> De plus, Aung San Suu Kyi aurait déclaré en 1996 : "Les investisseurs ne devraient pas s'implanter car tout l'argent va à une élite. Je tiens à mentionner la firme française TOTAL qui est devenue le plus fort soutien du système militaire birman" (birmanie.net). En 2000, le gouvernement anglais avait demandé à la compagnie Premier Oil (premier investisseur britannique en Birmanie) de se retirer de ce pays. La France n'a jamais envisagé d'en faire autant avec TOTAL.
> Mais dans quelle galère Bernard Kouchner est-il encore allé se mettre ? Le Monde du 6 janvier 2004 révèle que le French Doctor a effectué (très discrètement) en mars 2003 une mission sur le site de TOTAL en Birmanie pour le compte de l'entreprise (les non-abonnés peuvent lire la reproduction de l'article sur jmthivel.com). Son rapport a ensuite été utilisé par la compagnie pétrolière dans le cadre des plaintes. Bernard Kouchner a été payé 25.000 euros dans le cadre de cette mission...
> Vous pouvez voir le rapport Kouchner qui "confirme la qualité du programme socio-économique mené par TOTAL" sur le site officiel de TOTAL.
> Avant que son nom ne soit associé à la junte birmane (avec la médiatisation du conflit), TOTAL a tenté de se démarquer (légèrement) de celle-ci. Le groupe pétrolier a affirmé que sa conduite en terme d'éthique "ne dépendait pas des gouvernements en place" (afp.google.com du 25/09/07). TOTAL a aussi affirmé qu'il "partage les préoccupations de la communauté internationale sur la situation politique et des droits de l'Homme en Birmanie" mais qu'il est "convaincu que sa présence a des retombées positives durables pour la région".
> Voir aussi notre dossier Total ment seul.
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Tracké le octobre 1, 2007 4:58 PM
» HEADER GUERRE+TERRORISME de desourcesure / guerre + terrorisme
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Tracké le novembre 6, 2007 4:30 PM
» Document vidéo : la police tire sur les manifestants au Kenya de desourcesure / guerre + terrorisme
Depuis la réélection très controversée du président Mwai Kibaki (le 27/12/07), les conflits se multiplient au Kenya. En moins d'un mois, 700 personnes ont été tuées et au moins 200.000 ont été déplacées. [Lire la suite]
Tracké le janvier 17, 2008 10:04 PM
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je suis révolté,nous avons les moyen d'agir, de faire pression.J'ai 18 ans et j'ai peur.Est ce que vous trouvez ça normal ?
Il est temps de réagir et surtout d'agir.Faisons pression sur notre gouvernement et il fera pression sur la junte.
je suis d'accord mais les seules pressions aux quelles le gouvernement se plie sont celles des lobies industriels. Ainsi le mot "démocratie" est dénué de tout sens en présence de conflits d'interêts représentant des masses d'argent colossales. Seul le profit compte. Il faudrait bien plus qu'une simple manifestation, c'est une prise de conscience collective en masse qui permettrait de sortir de cet engrenage boueux, mais autant parler de miracle. Sommes nous déjà allé trop loin pour faire machine arrière et changer radicalement notre manière de vivre ?
Opération du 4 octobre 2007, peut-être pour compléter votre article
http://freeburma.stots.de/doku.php?id=official_wiki
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