New York a cru à un remake du 11 septembre. Les américains ont vu avec effroi le Boeing 747 du Président et deux avions de chasse survoler à basse altitude la "Grande Pomme". Traumatisés par les attentats de 2001, de nombreux américains ont évacué des bureaux aux alentours du site où se dressaient les deux tours du World Trade Center, que les avions ont approché. Le directeur du Bureau militaire à la Maison Blanche a même dû s'excuser pour la panique provoquée. Le département de la Défense a indiqué que le but de la mission était de mettre à jour la base photo du site Internet de l'appareil. Des excuses qui n'ont pas calmé le maire de New York, Michael Bloomberg, "furieux" de ne pas avoir été prévenu. "La raison pour laquelle le Ministère de la Défense voulait faire des photos juste autour du site de la tragédie du World Trade Center défie l'imagination", a-t-il déclaré à la presse. La manoeuvre a été coordonnée par l'aviation fédérale américaine, les autorités fédérales et les autorités locales.
Le retour des théories du complot
Sur les sites américains où sont diffusées les vidéos, les commentaires pleuvent (plus de 200 sur Youtube en quelques heures). On retrouve, bien sûr, des thèses conspirationnistes. Ainsi, des membres de la Défense américaine tenteraient de réinstaller un climat de peur aux USA pour faire augmenter les budgets militaires... Les thèses critiquant de façon plus ou moins improbable la version officielle affluent. Certains soutiennent, sans plus de preuves, qu'il s'agirait d'une sorte de fausse alerte pour mesurer la réactivité de New York en cas d'attaque. Plutôt que le "on nous cache tout, on nous dit rien", propice à tout ce qui touche à 9/11, on trouve surtout des critiques. Celles-ci volent plus haut... Outre le manque de communication manifeste avec la mairie de New York et ses habitants, la majorité des internautes se moquent des moyens déployés (Air Force One et deux chasseurs) pour prendre de simples photos et mettre à jour un site Internet alors que l'on ne cesse de souligner que les dépenses en carburant sont néfastes pour l'économie et l'environnement. Un simple coup d'oeil sur Google Map permet de s'apercevoir que les techniques photographiques des satellites permettent de ne pas avoir à faire du rase-motte. Cet incident, finalement pas très grave, permet au moins de se rendre compte d'une chose. Plus de sept ans après, l'ombre des attaques sur les tours du WTC continue de planer sur l'Amérique. â–ºLM
Les Tigres tamouls sont en voie de disparition au Sri-Lanka. Mais, aucune association de protection ne viendra sauver les rebelles qui mènent une lutte pour leur indépendance depuis plus de 40 ans (voir bakchich.info). Les puissances occidentales semblent toute aussi peu disposées à s'intéresser au sujet. Malgré les appels de la communauté tamoul de Paris, notre cher gouvernement, apôtre des droits de l'Homme, ne s'exprime pas sur le conflit qui aurait fait au moins 70.000 morts dont 2800 civils depuis janvier, d'après l'ONU. Comme dans plusieurs villes d'Europe, un rassemblement pro-tamoul s'est organisé près de la Gare du Nord, mardi 21 janvier. La manif' a débuté très calmement [voir vidéo "No Comment" à gauche] avant de monter en puissance quand les protestataires ont bloqué une rue à la Chapelle. Un policier et trois manifestants auraient été légèrement blessés. 210 personnes ont été interpelées de manière très musclée [vidéo à droite] et 164 placés en garde à vue. En France, les Tigres qui sortent les griffes se retrouvent vite en cage. â–ºLM
Une conférence contre le racisme dont l'un des principal protagoniste se nomme Mahmoud Ahmadinejad, c'est aussi approprié que si Lance Armstrong animait un dîner de la lutte anti-dopage... Sans surprise, le président iranien, connu pour ses déclarations tonitruantes sur les homosexuels, les femmes ou l'holocauste, s'en est pris à Israël pendant la conférence contre le racisme à Genève. Echaudés par la conférence de Durban I (en Afrique du Sud, 2001), marquée par des débordements antisémites, plusieurs pays (USA, Canada, Italie, Allemagne...) ont boycotté le rendez-vous de Suisse. Et le dérapage annoncé a bien eu lieu. Beaucoup de ceux qui étaient présents (dont la France et la Grande-Bretagne) ont vite quitté les lieux pendant le discours d'Ahmadinejad. Celui-ci, en plein campagne électorale, avait prévenu qu'il parlerait à la tribune en ce jour anniversaire de commémoration des victimes de la Shoah. Bien sûr, ce n'était pas pour rendre un quelconque hommage. "Après la fin de la seconde guerre mondiale, les Alliés ont eu recours à l'agression militaire pour priver de terres une nation entière sous le prétexte de la souffrance juive", a commencé l'Iranien. "Ils ont envoyé des migrants d'Europe, des Etats-Unis et du monde de l'Holocauste pour établir un gouvernement raciste en Palestine occupée", a-t-il ajouté. Ahmadinejad réitère ses accusations: "Et, en fait, en compensation des extrêmes conséquences du racisme en Europe, ils ont aidé à porter au pouvoir le plus cruel et répressif régime raciste en Palestine".
Vidéo en anglais, signée CNN.
Cherchez le clown... Le discours d'Ahmadinejad a une première fois été interrompu par un homme déguisé, lui criant des "racistes, racistes!". Ce manifestant a tenté de l'atteindre en lui lançant un objet rouge dans sa direction.
Une info chasse l'autre... Après la lumière médiatique qui a accompagné le voyage de Nicolas Sarkozy au Mexique, Florence Cassez est retournée dans l'ombre. Plus précisément, la Française de 34 ans est restée à l'ombre de sa cellule où elle est enfermée après avoir été condamnée à 60 ans de prison pour participation à des enlèvements. Son ex-fiancé mexicain, Israel Vallarta, avait avoué avoir séquestré plusieurs personnes mais avait soutenu que sa compagne n'était pas impliquée. Niant toujours les faits qui lui sont reprochés, la Nordiste a lancé son "ultime appel" sur Europe 1, ce matin. Des sanglots dans la voix, Cassez paraît déspérée : "Aujourd’hui, je pense que le président Nicolas Sarkozy, il me semble qu’il m’ait oubliée". "Je suis innocente", répète-t-elle, "Qu’il me sorte de là, je lui en supplie"... La jeune femme se dit, aujourd'hui, prête à passer les vingt prochaines années en prison si elle est rapatriée en France en vertu de la Convention de Strasbourg. Un droit qui n'est toujours pas appliqué, les proches échéances électorales au Mexique ne jouant pas en sa faveur. Visiblement à bout, Florence Cassez tente donc de remobiliser l'opinion publique hexagonale par cet appel radiophonique : "Il faut que je sois transférée. Je n’en peux plus. Je ne tiens plus. Je suis en train de moisir ici, il faut me transférer". â–ºLM
"Gregson est le meilleur limier de Scotland Yard. Lui et Lestrade sont le dessus du panier, ce qui ne veut pas dire qu'ils valent grand-chose", expliquait le célèbre détectives Sherlock Holmes à son complice le docteur Watson (voir Le mystère de Lauriston Gardens sur sherlock-holmes.org). Le héros de Sir Arthur Conan Doyle était fictif, mais ce fin limier avait aussi des talents de visionnaires. Ces dernières semaines, les services de Scotland Yard sont montrés du doigt par les citoyens britanniques. Pendant le G20, un passant de 47 ans qui rentrait du travail a eu la malchance de tomber sur l'un des policiers en charge de réprimer les manifestations. Le cadavre encore chaud, les autorités avaient d'abord parlé de "mort inexpliquée" (voir ici), avant qu'une vidéo qui a fait le tour des médias montre qu'il a été bousculé par un agent de police alors qu'il se promenait tranquillement les mains dans les poches. Il est mort quelques minutes plus tard d'une crise cardiaque. Le policier zélé a été identifié puis suspendu le temps des conclusions de l'enquête.
"Le niveau de mort au Congo, c'est un 11 septembre par jour", a mesuré Brian Wood, d’Amnesty International (voir bakchich.info). Dans cette guerre qui sévit depuis une dizaine d'années, il reste aussi un phénomène d'une ampleur assez méconnue que l'on désigne très cyniquement comme des "dommages collatéraux". Beaucoup moins visibles que les combats qui continuent de faire rage au Congo-Kinshasa, des milliers de femmes sont victimes chaque année de violences sexuelles. Les conséquences physiques et mentales sont ravageuses. Dans la région des Kivus, à l'est, Médecins Sans Frontières (MSF) indique avoir traité 6700 victimes de violences sexuelles dans des centres de santé en 2008. Les équipes médicales de l'association soignent les lésions, fournissent les pilules du lendemain et des traitements contre les maladies sexuellement transmissibles. Sans oublier un soutien psychologique aux victimes. Sujet tabou, le viol perpétré par les hommes armés reste souvent impuni et le dangereux sentiment de banalisation est très difficile à combattre. Dans la région, les populations civiles sont sans cesse en déplacement pour fuir les combats et éviter les pillages. Aussi, des équipes mobiles ont été créées. Afin de sensibiliser l'opinion publique à la situation de l'est du Congo-Kinshasa, MSF diffuse des vidéos qui leur donnent la parole. Le premier reportage suit le centre de Nyanzalé où 3500 victimes de violences sexuelles ont été traitées l'an dernier (soit plus de la moitié des patients).
Selon votre navigateur (Internet Explorer, Firefox...), vous ne parviendrez peut-être pas à lire la vidéo "Paroles de femmes". Elle est aussi visible ici.
C'est vrai que cette chaîne est parfois risible... Mais la dernière plaisanterie de Fox News n'a pas fait décroché beaucoup de sourires. Greg Gutfeld, l'animateur de l'émission satirique "Red Eye", s'est moqué de l'armée canadienne qui a annoncé son intention de suspendre ses interventions en Afghanistan avant la fin de leur mission prévue pour 2011. Sur la chaîne très "va-t-en-guerre" de Ruppert Murdoch, Gutfeld a tourné en ridicule ce désir de repos : "Les militaires canadiens veulent prendre une pause pour faire du yoga, peindre des paysages et courir sur la plage dans de beaux capris blancs". Avant d'insulter le Canada: "N'est-ce pas le moment idéal d'envahir ce pays ridicule? Ils n'ont pas d'armée!"
L'Amérique a décidemment bien changé. Qui aurait pu penser, il y a encore quelques mois, que le Président des Etats-Unis proposerait au régime islamique d'Iran de surmonter les dissensions entre les deux pays ? Emblême de "l'axe du mal" pointé par George Bush, l'Iran n'a aucune relation diplomatique avec les Etats-Unis depuis une trentaine d'années.
En novembre 1979, des étudiants islamiques exigeant l'extradition du Shah Mohamed Reza Pahlavi prenaient en otages des diplomates de l'ambassade des USA à Téhéran. Six mois plus tard, le président Jimmy Carter décidait de rompre toute relation diplomatique. Au cours de ces dernières années, cette sorte de guerre froide s'est parfois réchauffée. Comme en février 1993, lorsque l'Iran a été mis en cause par les Américains pour un attentat contre le World Trade Center (qui avait fait six morts). L'arrivée au pouvoir de Mahmoud Ahmadinejad n'a fait qu'accroître les dissensions entre Washington et Téhéran. Jusqu'à la nuit dernière, donc.
Barack Obama, qui avait pourtant déclaré fraîchement élu que la fabrication d'armes nucléaires par l'Iran était "inacceptable", a diffusé sur le site de la Maison Blanche un message historique. Le président a voulu parler "clairement et directement au peuple et aux dirigeants de la République islamique d'Iran" à l'occasion du Nouvel an iranien (Norouz). Obama tend la main : "Mon administration est désormais résolue à pratiquer une diplomatie qui traite la totalité des problèmes que nous avons devant nous. [...] Ce processus ne progressera pas par la menace. Nous cherchons au contraire un dialogue honnête et fondé sur le respect mutuel". "Les Etats-Unis veulent que la République islamique d'Iran prenne la place qui lui revient dans la communauté des nations", a déclaré Obama. A une condition : "On ne peut obtenir cette place par le terrorisme ni par les armes". Cette main tendue surprenante a été bien accueillie par l'Iran. "Nous accueillons favorablement la volonté du président américain de mettre de côté les différences passées", a répondu le conseiller de presse d'Ahmadinejad. Avec quand même un bémol. "Les Etats-Unis doivent reconnaître leurs erreurs passées et les réparer afin de mettre de côté les différences entre les deux pays", a-t-il ajouté. Reste à savoir quelle attitude les alliés des américains adopteront dorénavant. La France, par la voix de Bernard Kouchner, n'avait pas hésité à brandir la menace d'une guerre. Voir aussi comment les citoyens américains vont accueillir cette position très pacifiste d'Obama. D'ailleurs, Le Figaro révèle le même jour que le président américain a envoyé un autre message. Obama a, en effet, écrit une lettre à Jacques Chirac, symbole de la position anti-guerre en Irak pour "collaborer ensemble dans un esprit de paix et d'amitié afin de construire un monde plus sûr". Une missive qui ressemble à une déclaration de guerre vis à vis d'un certain Nicolas S., qui cherche désespérément à rencontrer Obama.
L'auteur de ces photographies a travaillé un mois au Moyen-Orient pendant le conflit de Gaza. David Gilkey, du National Public Radio (NPR), était en Israël quand se sont déclenchées les attaques dans la région. Quand le conflit s'est arrêté, le photographe et le correspondant Eric Westervelt ont pu entrer dans Gaza et saisir les dégâts matériels et humains de cette guerre. Des images frappantes. â–ºLM
Comme en juillet 2008 [voir la deuxième vidéo], un homme aurait été tué après avoir tenté de commettre un attentat avec un bulldozer à Jérusalem. D'après la radio israélienne, le véhicule a foncé sur un bus vide puis a tenté de renverser une voiture de police. Des témoins auraient vu un chauffeur de taxi, qui se trouvait sur les lieux, abattre le conducteur. Celui-ci a précisé à la radio publique qu'il "avait tiré sur le conducteur et un officier de police qui se trouvait dans la voiture a aussi ouvert le feu et l'a tué". L'assaillant serait Palestinien, d'après l'agence Associated Press. Deux policiers seraient légèrement blessés. Quelques minutes après ce drame, difficile d'obtenir plus de précision, certains médias rapportant même que le conducteur du bulldozer ne serait pas mort mais grièvement blessé. Un envoyé spécial de Reuters a pu filmer l'arrivée de l'ambulance et la vidéo montre bien l'état de confusion générale juste après ce drame. â–ºLM