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Couac Hadopi : Internet est bien un droit fondamental

â–ºHADOPIRE + 4 VIDEOS

L'UMP et InternetCette fois, la faute n'incombe pas à quelques affreux zozos gauchistes planqués derrière un rideau à l'Assemblée. Impossible, non plus, d'accuser la méchante Europe dont le but est de mettre des bâtons dans les roues à la France... Non, pas sur ce coup là. Mercredi 11 juin, onze "Sages" du Conseil constitutionnel [voir les membres, plus bas] ont rejeté les dispositions relatives au pouvoir de sanction de la commission de protection des droits de la haute autorité Hadopi. Une censure partielle qui fera date dans l'histoire de cette institution, même si les déclarations "à chaud" du porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre et de la ministre de la Culture Christine Albanel montrent que le gouvernement projette de ne pas vraiment tenir compte du Conseil. Pas vraiment une surprise. Mais, malgré les rejets successifs, la ligne de conduite n'a pas dévié d'un pouce. L'Elysée a décidé de promulguer la loi, amputée (pour le moment) de son volet répressif et envisage la création de neuf tribunaux spéciaux pour juger les internautes [voir ZDNET.fr].

"IP IP IP Hourra!", clame pourtant l'opposition. Outre la présemption d'innocence Le conseil Constitutionnel a, en effet, estimé que le web était bien un droit fondamental en invoquant "la liberté de communication et d'expression" et l'"importance pour la participation à la vie démocratique et à l'expression des idées et des opinions, la liberté d'accéder à ces services de communication au public en ligne", inscrit dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 [voir le compte-rendu des décisions sur Hadopi dans le site du Conseil constitutionnel].

Les opposants à la loi "Création et Internet" n'ont pas cessé de prévenir le gouvernement sur ce sujet. Ci-dessous deux extraits vidéos des séances du 30 mars et 7 mai 2009. Les députés Patrick Bloche (PS), Martine Billard (les Verts), Christain Paul (PS), Lionel Tardy (UMP), Jean-Pierre Brard (PCF puis CAP) évoquaient ce "droit fondamental d'accès à l'éducation des personnes".


Les déclarations du rapporteur UMP de la loi Hadopi Franck Riester et de Jean-François Copé reviennent alors comme un boomerang.
Le 28 avril 2009, après un premier rejet folklorique et juste avant un retour devant l'Assemblée nationale, Riester expliquait au Point que "même si l'accès à Internet est une commodité essentielle, ce n'est pas un droit fondamental". Il insistait aussi sur la "spécificité culturelle française" pour justifier de passer outre les décisions du parlement européen. Copé dénonçait aussi "l'Europe des combines" sur Europe 1, le 24 mai 2009. Le président du groupe UMP à l'Assemblée s'enflamme en accusant les socialistes français qui "inventent qu'Internet est un droit fondamental". "Quelle insulte pour les droits fondamentaux pour lesquels nous nous battons! Et dieu sait que nous avons des libertés autrement plus importantes", ajoute-t-il avant de se calmer en parlant de "cet outil formidable".
â–ºLM



envoyé par Europe1fr.


Qui sont les fameux "Sages" ? La liste est disponible sur le site du Conseil constitutionnel:
Les membres du conseil constitutionnel

> Les deux anciens présidents en vie (Jacques Chirac et Valéry Giscard d'Estaing) sont "membres de droit".

> Pierre Steinmetz,
Olivier Dutheillet de Lamothe et Jean-Louis Debré ont été nommés par le président Jacques Chirac respectivement en 2001, 2004 et 2007 (peu de temps avant l'élection de Sarkozy).

> Pierre Joxe s'est fait nommer par Raymond Forni (PS), le Président de l'Assemblée nationale en février 2001. Jean-Louis Debré (UMP, ex-RPR), Président de l'Assemblée nationale en 2004 et 2007, a nommé Jean-Louis Pezant et Guy Canivet.

> Dominique Schnapper (en 2001), Jacqueline de Guillenchmidt (2004) et Renaud Denoix de Saint Marc (2007) ont été nommés par Christian Poncelet (UMP, ex-RPR).


Même s'ils sont nommés par des politiques, les membres du conseil Constitutionnel prennent des décisions indépendamment de la couleur politique des lois.

D'après
l'article 62 de la Constitution du 4 octobre 1958, "les décisions du Conseil Constitutionnel ne sont susceptibles d'aucun recours. Elles s'imposent aux pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives et juridictionnelles".

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