Les chenapans qui n'ont pas été sages reçoivent-ils des cadeaux pour noël ? Si certains cadres de Wall Street vont devoir renoncer à leur bonus de fin d'année, des grandes banques ont prévu de distribuer de très grosses primes à leurs dirigeants et employés. La banque d'affaires américaine Goldman Sachs a voulu donner l'exemple en annonçant qu'elle ne verserait à sept cadres (dont le PDG, Lloyd Blankfein) "que" leur salaire de base de 600 000 dollars annuel. Une générosité (sic) qui met la pression sur les huit autres sociétés ricaines qui ont bénéficié du pactole du gouvernement de 125 milliards de dollars. Morgan Stanley, qui a touché 10 milliards pour se renflouer et qui prévoit de réduire considérablement ses effectifs, pourraient donner une grande partie de la somme à ses meilleurs cadres. Pire, la Citigroup, qui va licencier plus de 50 000 salariés, vient de se faire envoyer un courrier peu charitable par le président de la commission parlementaire Henry Waxman, chargé de contrôler l'argent du plan de sauvetage. La lettre du père Waxman (envoyée le 28 octobre) vise à prévenir le "club des 9" que l'argent n'est pas destiné aux étrennes des banquiers. "Ce mois-ci, le Département du Trésor a annoncé son plan d'investissement de 125 milliards de dollars de fonds des contribuables dans neuf grandes banques, y compris la vôtre, en tant que mesure d'urgence pour reconstruire le capital épuisé. Selon de récents documents publics, ces neuf banques ont dépensé ou réservé 108 milliards pour l'indemnisation des employés et des primes au cours des neuf premiers mois de 2008, à peu près le même montant que l'an dernier", rappelle Waxman à Vikram Pandit, PDG de la Citigroup. 108 milliards de primes sur 125 milliards de dollars... Si le père Fouettard existait, il irait sûrement faire un tour à Wall Street cette année. ►LAURENT MACABIES
VIDEOS 1 et 2 ( et 3'15) A gauche : extrait du JT de 13h de TF1 (du 15/11/08). A droite : le journaliste de CNN Jack Cafferty, se demande comment Morgan Stanley et Goldman Sachs ont pu prévoir 13,2 millions de dollars de primes de fin d'années [en anglais].
►L'an dernier, Lloyd Blankfein, le PDG de Goldman Sachs avait obtenu une prime record pour Noël. Tenez-vous bien : en raison de "sa bonne gestion de la crise du subprime", il a perçu un bonus de 68 millions de dollars [lefigaro.fr du 24 décembre 2007]. Une prime qui s'ajoutait à son salaire de 600 000 dollars annuel. En décembre 2006, sa prime s'élevait déjà à 53 millions de dollars alors que le patron de Morgan Stanley, John Mack, avait touché 40 millions de dollars de bonus [lexpansion.com du 20 décembre 2006]. Les pauvres (sic) PDG des banques de Morgan Stanley et Bear Stearns, qui avaient dû faire face à des pertes importantes, avaient renoncé à leur prime de fin d'année en 2007. Les malheureux ont dû se contenter de leurs salaires annuels de 800 000 et 250 000 dollars.
►Depuis fin 2007, Vikram Pandit est le PDG de l'ancienne première banque mondiale Citigroup qui fait partie du fameux club des quatres banques qui ont reçu des aides de l'Etat [easybourse.com du 12 décembre 2007]. Quelques mois après, cette nomination a fait scandale lorsque le New York Times du 14 mars 2008 a révélé que Citigroup aurait dépensé 216 millions de dollars pour recruter Vikram Pandit. En 2007, alors que plusieurs banques de Wall Street avaient décidé de ne pas attribuer de bonus après une année désastreuse, Citigroup avait donné 10,4 millions de dollars à son ancien PDG, Charles Prince, quand il a démissionné.
►Le gouvernement américain a injecté 25 millions de dollars de fonds propres dans la Citigroup qui a pris beaucoup de risques sur les marchés des créances immobilières. La société s'apprête à supprimer 53 000 emplois pour "résister à la crise" et "économiser 19% de ses coûts" [d'après Le Figaro du 18 novembre 2008]. Citi a perdu plus de 20 milliards de dollars au cours des 12 derniers mois. Selon les analystes, l'entreprise ne devrait pas générer de profits avant 2010.
►La grande société de services financiers UBS a eu le bon goût de geler également les bonus de Peter Kurer, président du conseil d'administration, et aux membres du directoire du groupe. Mais les autres rémunérations variables pour 2008 seront fixées par le Conseil d'administration. Pour la sortir de la crise, un fond a été créé afin de racheter les actifs pourris du groupe. Mais, la Banque nationale suisse (BNS) a trouvé la solution : liquider ces actifs toxiques dans... les îles Caïman [swissinfo.ch du 2 novembre 2008]. Une bonne façon pour UBS de se retrouver, par la suite, dans un paradis fiscal exempt d'impôt... La société est, depuis le début du mois, dans le collimateur de la justice américaine. Raoul Weil, n°3 d'UBS vient d'être inculpé aux USA. On lui reproche d'avoir aidé près de 20 000 Américains à échapper au fisc [La Tribune de Genève du 14 novembre 2008].
VIDEO 3 (3'16) Ne riez pas, certains traders sont vraiment dans la panade! Le Monde (du 28 octobre) a mené l'enquête chez les golden boys de Lehman Brothers à Londres. Pour beaucoup d'entre eux, c'est la fin de 15 ans d'euphorie, de restaurants hors de prix, d'achats de Ferrai et autres voitures de luxe, de "nanny" à 40000 livres par an, d'école privée prestigieuse... La presse anglaise appelle ces anciens nantis, les "Desperate Citywiwes". Le court métrage ci-dessous est une (très bonne) fiction qui s'inspire de cette déconvenue. "The Job" a été vu plus de 230.000 fois en un mois sur dailymotion.
» Dexia: le parachute tombe à pic de desourcesure
Il y a six mois, l'Elysée annonçait fièrement qu'Axel Miller avait quitté Dexia sans parachute doré. Aujourd'hui, l'ex-patron récupère discrètement un pactole. [Lire la suite]
Poster un commentaire