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De source sûre : À la recherche de la tribu perdue

 
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À la recherche de la tribu perdue
SEULS AU MONDE + 7 VIDEOS

Partie d'une des photos prises par la FunaiExiste-t-il encore sur terre un endroit où on n'a jamais vu un ordinateur, joué au foot, regardé la télé, payé avec un billet de banque ou une carte bleue, fait le plein d'essence, mangé un McDo, bu un Coca, ou même téléphoné ? Oui, si on en croit la Fondation nationale de l'Indien (Funai) qui est parvenue à photographier une des dernières tribus isolées du reste du monde. Cela faisait une vingtaine d'années que les spécialistes soupçonnaient son existence, mais c'est la première fois qu'une preuve est ramenée. Le document est d'autant plus important que le gouvernement péruvien nie l'existence de ces tribus isolées car la région est très prisée par les compagnies pétrolières (voir sous la flèche). La Funai dit ne pas savoir grand chose sur ces indigènes, à part qu'ils vivraient sur une superficie de 630 000 hectares dans l'Etat de l'Acre (entre le Brésil et le Pérou). Trois autres groupes isolés habiteraient dans la même région. On peut également constater qu'ils possèdent des arcs et des flèches puisqu'ils ont tiré sur les hélicoptères qui les photographiaient. Le message est clair... Si cette tribu ne paraît pas menacée par la déforestation (contrairement à celles d'Amazonie), le moindre contact avec d'autres sociétés pourrait lui être fatale (car elle n'a pas d'immunité contre les microbes et virus extérieurs). La Funai souhaite donc que cette tribu reste coupée du monde. Reste à espérer qu'après l'avoir découvert, on l'oublie le plus longtemps possible...
►LAURENT MACABIES / DSS

VIDEO 1 (57'') Les photos ont été prises lors du survol de la zone protégée d'Acre. On peut voir des guerriers "forts et en bonne santé", six huttes et un grand jardin (où sont cultivés du manioc, des bananes et des pommes de terre). Les hommes sont peints en rouge et les femmes en noir. D'après la Funai, la tribu serait composée de plus de 250 individus. L'organisme gouvernemental brésilien dit avoir voulu "montrer leurs maisons, montrer qu’ils sont là, montrer qu’ils existent" et "alerter le monde  sur les dangers qu'encourent ces Indiens". D'après rtbf.be (du 31/05/08), "Jusqu'à présent le gouvernement péruvien affirmait que ces tribus n'existaient pas". C'est dire l'importance de ces clichés.


►Sources : lemonde.fr, 20minutes.fr et telegramme.com.
►Voir aussi le très beau diaporama sur lefigaro.fr.

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Carte du brésil Carte d'Acre
> La carte du Brésil (à gauche) est tirée de earthobservatory.nasa.gov et la carte d'Acre (à droite) est tirée de v-brazil.com.

VIDEO 2 (4'06) "En voyant l'hélicoptère, on imagine aisément leur stupéfaction", explique le journaliste de France 2. Les trafiquants de bois et chercheurs de pétrole menacent la forêt et les tribus isolées. Selon Emilie Barrucand, ethnologue qui a vécue avec des indiens d'Amazonie et milite pour leur cause, analyse leur situation.  D'après elle, il s'agit de peuples "isolés volontairement qui fuient face à l'avancée du front de colonisation, face à la spoliation de leur terre et face aux épidémies". La spécialiste explique aussi la nouvelle politique du Brésil vis-à-vis de ces peuples.

►La Funai est le département des affaires indiennes du Brésil, chargé de protéger leur sanctuaire. Elle a été créée en Cândido Rondo (wikibio), un indien bororo (tribu amazonienne) et officier de l'armée brésilienne, en 1967, lorsque le Brésil a (enfin) décidé de protéger les réserves indiennes. La Fondation a la responsabilité de "promouvoir l'éducation de base aux indiens, délimiter, sécuriser et protéger les terres que ceux-ci occupent traditionnellement, favoriser le développement d'études et d'informations sur les groupes indigènes". Elle a aussi pour objectif d'éveiller l'intérêt de la société nationale pour les Indiens et leurs causes afin d'empêcher les actions prédatrices.
> Pour en savoir plus, consultez sur wikipedia Fondation nationale de l'Indien et Peuple indigène du Brésil.

"Cela ne m'intéresse pas de connaître leur ethnie. Tout ce que je veux, c'est les protéger et faire en sorte qu'ils restent coupés du monde", a déclaré José Carlos dos Reis Meirelles Meirelles, directeur du département de protection de l'environnement de la Funai (france24.com du 31/05/08). Il a également affirmé à la presse que les gouvernements du Brésil et du Pérou ont le devoir de protéger ces Indiens. "Leur avenir dépend de nous. Si ces régions sauvages, qui de toute façon ne sont pas cultivables, ne sont pas préservées, ces Indiens mourront". La Funai s'abstient de tout contact direct avec ses membres pour préserver leur autonomie. Elle procède ainsi depuis les années 80.

Les Enawene Nawe qui vivent à l'Ouest du Brésil►D'après l'ONG Survival (mouvement pour les peuples indigènes), on estime que plus d'une centaine de peuples vivent de manière isolée dans le monde dont plus de la moitié au Brésil ou au Pérou. "Tous sont gravement menacés par la spoliation de leurs terres et les maladies allogènes qui peuvent les décimer". Citant, José Carlos dos Reis Meirelles Júnior, un expert chargé des Indiens isolés pour la Funai, l'ONG explique que la population de ce groupe augmente. "Mais d'autres groupes isolés de la région, dont les maisons ont été photographiées par avion, sont gravement menacés par l'exploitation illégale de la forêt péruvienne. Ces activités poussent les Indiens isolés à passer la frontière et pourraient déclencher des conflits avec les quelque 500 Indiens isolés qui vivent déjà du côté brésilien", dénonce Survival.
> Source et photo : survivalfrance.org du 30/05/08.


VIDEOS 3 et 4 (6'15 et 6'17) L'ONG Survival International a lancé une campagne médiatique en faveur de la protection des territoires des tribus isolées, en utilisant notamment ce documentaire fort intéressant (en 2 parties et en anglais), avec la participation de l'actrice Julie Christie.

VIDEO 5 (1'00) Les Toulambis tentent de survivre en Nouvelle-Guinée, une des régions les plus isolées du monde. D'après les témoignages, la tribu serait décimée par la malaria. Le réalisateur, photographe et explorateur Jean-Pierre Dutilleux (qui avait fait le film "Raoni", commenté par Marlon Brando et nominé aux Oscars en 1979, voir sa carrière et sa filmographie sur cinema.encyclopedie.fr) décide de partir à leur rencontre pour essayer de les sauver. Il en a tiré le documentaire "Toulambis, les fantômes de la forêt), disponible en totalité (51mn) sur vodeo.tv (environ 6 euros). Cet extrait montre ce qui est présenté comme l'une des premières rencontres avec "l'homme blanc". Un mélange de curiosité et de crainte très étonnant. Découvrez tous les détails sur sa rencontre avec le peuple Toulambi sur son site officiel (en anglais).


Carte des peuples découverts par J-P Dutilleux
> Carte (tirée de jpdutilleux.com) des tribus isolées filmées et photographiées par Jean-Pierre Dutilleux.


VIDEO 6 (1'02) La rencontre, puis le film sur le chef de tribu des Kayapos Raoni (wikibio), avaient permis au grand public de prendre conscience de la déforestation en Amazonie. Raoni Metukire et les Indiens Kayapos ont rencontré pour la première fois les blancs en 1954. Il est devenu l'ambassadeur du combat pour la survie de ces peuples en rencontrant des chefs d'Etat (dont Jacques Chirac et François Mitterrand) et le pape Jean-Paul II. Le projet pour protéger les réserves indigènes de l'Amazonie promis par le G7 en 1993 n'est toujours pas achevé aujourd'hui... Cet extrait du documentaire "Txucarammae, le monde de Raoni" raconte comment est née l'amitié entre
Dutilleux et Raoni qui lui a sauvé la vie. Le documentaire complet (mais payant) est ici.

Chapeau d'explorateur►L'histoire de ces peuples qui découvrent les occidentaux (et vice et versa) est belle mais parfois exagérée. D'après la revue d'ethnologie Terrain, certaines de ces tribus dites "perdues", avaient déjà été en contact avec le monde extérieur. Mais certains journalistes et explorateurs rêvent de cette "chasse à l'authentique" et transforme parfois la légende. D'après Terrain, les Toulambis (aussi appelé "Yoye Amara") se sont par exemple laissés prendre en photo par trois ethnographes différentes avant Jean-Pierre Dutilleux (dont l'auteur de l'article, Pierre Lemonnier). Ceci étant dit, même si certains peuples ont eu des contacts extérieurs, ces interactions n'ont pas bouleversé leur société. Pour en savoir plus, lire l'article complet sur terrain.revues.org.

VIDEO 7 (10'17) Ce documentaire en six parties de la BBC (diffusée le 1er février 2007) montre une expédition menée par le journaliste (et explorateur) Mark Anstice qui souhaite établir un premier contact avec une tribu isolée de Papouasie occidentale. Au cours de son reportage, Mark Anstice rencontre des Papous mais se demande si sa "découverte" est vraiment authentique ou s'il est victime d'une supercherie. La suite du documentaire (en anglais) est disponible (gratuitement) sur Youtube : Partie 2, Partie 3, Partie 4, Partie 5 et Partie 6.

La télé a-t-elle décimé un peuple? ►Puisqu'on vous dit que la télé peut tuer... Une société de production anglaise (Cicada Films, pour ne pas la nommer) a été accusée d'avoir transmis une épidémie de grippe dans une communauté d'Indiens d'Amazonie (les Matsigenkas) en voulant tourner une émission de télé-réalité (appelée "Goig Tribal"). Quatre autochtones en sont morts et le reste de la tribu (qui avait été rarement en contact avec d'autres sociétés) a été très malade. Cicada Films a nié catégoriquement être à l'origine de cette hécatombe, en disant que les membres de son équipe n'ont pas rencontré les personnes décédés. Selon un anthropologue qui connaît bien la tribu, l'équipe de tournage, déçue de voir les premiers habitants occidentalisés (les enfants portaient des shorts, allaient à l'école et jouaient au foot), a voulu partir dans des endroits plus reculés, malgré les avertissements de spécialistes. Selon des témoins, un des autochtones craignaient fortement leur retour : "S'ils reviennent, ils vont nous décimer", s'était-il exclamé.
> Détails : courrierinternational.com du 27/03/08 (pour les abonnés mais l'article complet a été recopié sur forum-algerie.com, pour les autres) et telegraph.co.uk du 27/03/08 (en anglais).

►Quand ce n'est pas la télé, c'est le pétrole. Les chercheurs de l'or noir sont une menace pour les Indiens. Mais ils ne se laissent plus faire. L'Association des Indiens de l'Amazonie péruvienne (Aidesep) vient de traîner devant la justice la compagnie française Perenco qui tente d'exploiter une concession pétrolière en Amazonie. D'après l'Aidesep, cette exploitation (qui produirait 100 000 barils de pétrole par jour) menace les tribus indiennes isolées. L'Aidesep a entrepris en 2007 une action en justice contre les pétroliers Repsol YPF, Burlington Resources et Barrett (rachetée par Perenco en janvier). Dans un article publié en novembre 2007 par El Comercio de Lima, Alan Garcia (président du Pérou) avait défendu les pétroliers et mis en doute l'existence de ces peuples. La photo publiée par la Funai arrive donc à point nommé.
> Détails : Le Monde du 01/06/08.

►A la suite de la publication des photos de la tribu perdue, le gouvernement du Pérou a annoncé le lancement d'une grande enquête sur les Indiens isolés vivant dans la forêt d'Amazonie. Le directeur de Survival International (Stephen Corry) a déclaré qu'"il s'agit d'un premier pas positif de la part du gouvernement péruvien mais que celui-ci doit agir rapidement. Il doit mettre fin à l'exploitation forestière, faire partir les bûcherons et tous les autres envahisseurs des terres des Indiens isolés, et veiller à ce que personne d'autre n'y entre à l'avenir" (survival-international.org du 03/06/08, en anglais).


Tristes Tropiques►"Je hais les voyages et les explorateurs", commence le célèbre livre de l'anthropologue Claude Lévi-Strauss "Tristes tropiques". La phrase provocatrice doit se comprendre comme une critique de l'exotisme et du sensationnel qui débouchent sur la fabrication de stéréotypes. Le livre (publié en 1955) marque un tournant dans l'ethnologie et dans la manière de se représenter les cultures qui ne sont pas occidentales. Régis Meyran écrit une critique du livre dans la revue "Sciences Humaines" : "Le propos est de toute manière quelque peu désabusé : c'est que l'arrogante civilisation occidentale ne semble amener partout que guerre et désolation, provoquant l'extinction de nombreuses peuplades « primitives » et dévastant l'écosystème. De ce point de vue, les tropiques paraissent bien « tristes », car les voyages nous montrent finalement « notre ordure lancée au visage de l'humanité »... Ouvrage poignant, Tristes tropiques porte en soi le remords de l'Occident et la difficile posture de l'ethnologue, écartelé entre des mondes inconciliables".
> Voir aussi "Tristes Tropiques" sur wikipedia.
> Vous pouvez le lire en intégralité (en format Word et PDF) sur le site classiques.uqac.ca.

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Le village englouti (depuis 50 ans) qui refait surface (20/04/07).
Le lac qui s'en va et qui revient (05/07/07).
La forêt de 8 millions d'années découverte en Hongrie (13/08/07).
L'avion de la première guerre mondiale sauvé des eaux (16/11/07).


►LAURENT MACABIES / DSS

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