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"Invictus" ou l'essai transformé de Nelson Mandela
â–ºPLAQUAGE + 2 VIDÉOS

Nelson Mandela invictus Un demi-siècle de luttes contre l'Apartheid (la ségrégation raciale menée par la minorité blanche) symbolisées par une victoire en finale de Coupe du monde de rugby. Tel est le propos de la nouvelle oeuvre de Clint Eastwood "Invictus", qui sort mercredi 13 janvier au cinéma. Une vision beaucoup plus pertinente que le trépassé slogan "Black, blanc, beur" dont se félicitait nos politiques pendant la coupe du monde de football 1998. Bien culotté (ou tordu) qui s'attaquerait aujourd'hui à ce remake français.

Premier président noir de l'histoire de l'Afrique du sud en 1994 après être sortis de 27 années de prison, Nelson Mandela était à la tête du pays quand ses Springboks ont remporté la Coupe du monde 1995 organisée chez eux. Le président (incarné à l'écran par Morgan Freeman) et l'équipe de rugby ont permis au fur et à mesure de la compétition de fédérer une nation. L'habile Mandela en encourageant la population noire à supporter les blancs en maillot vert. Les talentueux rugbymen en passant les obstacles les plus difficiles.
Quand le numéro "46664" (dont il porte le tatouage depuis ses 27 années de prison) revêt, le jour de la remise du trophée, le maillot de l'Afrikaner François Pienaar, le symbole de la réconciliation et du grand pardon est tout trouvée.

Comme le raconte l'auteure sud-africaine Mary Corrigall dans un article pour Courrier International, Nelson Mandela n'était pas le seul artisan de cette transformation et l'unité nationale apportée par la victoire des Springboks a été courte et demeure fragile contrairement à ce que laisse entendre cette "version un peu trop hollywoodienne de la réconciliation". Cela n'occulte pas la qualité du film d'Eastwood (voir critique dans Bakchich) ni la formidable action de Mandela. Deux oeuvres qui n'auraient jamais pu exister à quelques centimètres près (voir deuxième vidéo). Quelques centimètres que les tricolores ont laissé à l'histoire.

â–ºLM

24 juin 1995, à l'Ellis Park Stadium de Johannesburg, les Sprinboks affrontent en finale les favoris Néo-Zélandais menés par le buteur
Andrew Mehrtens et l'ailier Jonah Lomu. All-Blacks et Springboks ne peuvent se départager (9-9) après les 80 minutes réglementaires. Avant que le drop du Sud-Af' Joël Stransky à huit minutes de la fin libère tout un peuple.



Que se serait devenu l'Afrique du Sud si Abdelatif Benazzi avait mesuré cinq centimètres de plus ? La France a échoué d'un rien dans les dernières minutes de la demi-finale remporté par l'équipe de Mandela (19-15). Tant mieux finalement. Une semaine plus tard, les Sprinboks devenait (au moins pour un temps) cette "nation arc-en-ciel en paix avec elle-même et avec le monde" que désirait tant le président dans son discours d'investiture le 27 avril 1994.








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