Les sept merveilles du monde, Blanche neige et les sept nains, les sept voyages de Sinbad, les sept samouraïs, les sept péchés capitaux... Dans le septième art, la littérature, les contes et les religions, le chiffre "7" jouit d'un prestige particulier. À Manchester United, c'est un nombre mythique. Entré dans la légende du football grâce à George Best, il a été porté par les plus grands joueurs du club. Dernier de la prestigieuse lignée, Cristiano Ronaldo vient d'obtenir le Ballon d'Or 2008 organisé par France Football. L'agaçant mais talentueux portugais a été plébiscité par 77 jurés sur 96 (composés de journalistes des quatre coins du monde). Une excellente performance qui a relégué Lionel Messi et Fernando Torres loin derrière. Reste au joueur de 23 ans à confirmer son nouveau statut au cours des prochaines saisons. Et rejoindre ses illustres prédécesseurs mancuniens au septième ciel du football.
â–ºDossier : LAURENT MACABIES
VIDEO 1 (3'37) Compilation des plus célèbres n°7 de Manchester United (Best, Cantona, Ronaldo).
A suivre : l'histoire des n°7 de Manchester United.
George Best (n°7 de 1963 à 1968)
VIDEOS 2 et 3 (2'13 et 4'46) Deux montages des plus beaux gestes de George Best, surnommé l'enfant (ou le génie) de Belfast.
Il buvait comme un trou et fumait comme un pompier... mais il jouait comme personne. En 1961, Sir Matt Bubsy, le manager de Manchester United prend à l'essai pour une semaine George Best, un jeune Irlandais issu des quartiers ouvriers de Belfast, après avoir reçu un télégramme de son recruteur : "J'ai repéré deux jeunes. Un bon et un génie". Le "bon", qui accompagnait Best se nommait Eric McMordie. Au bout d'une journée, les deux copains décident de repartir pour Belfast car ils "en avaient assez vu"... Bubsy en avait assez vu aussi puisque, malgré l'arrogance du gamin de 15 ans, il lui offre un contrat d'apprenti. Deux ans plus tard, Best fait ses grands débuts sur l'aile gauche en ridiculisant ses adversaires. Il ne quittera plus l'équipe. Joueur d'instinct, vif et très combattif, Best était aussi talentueux que provocateur. Un exemple ? Avant un match, John McGrath, un défenseur de Southampton, ne pouvait pas être plus clair : "Je te tue si tu me fais un petit pont". Que croyez-vous que fit le loustic dès son premier ballon ? Gagné, un petit pont. Puis, il s'arrête, attend que McGrath se replace, et lui remet un petit pont... En 1968, l'Irlandais permet à Manchester de devenir le premier club anglais à remporter une coupe d'Europe des Clubs Champions (ancêtre de la Ligue des Champions). Cette année là, il reçoit le Ballon d'Or.
VIDEO 4 (0'12) Le but de Best lors de la finale de 1968 contre Benfica (victoire 4 à 1). L'attaquant dira plus tard qu'il avait hésité à s'agenouiller pour marquer de la tête après avoir dribblé le gardien.
VIDEOS 5 et 6 (0'10 et 0'11) A l'époque, peu de matchs étaient retransmis à la télévision. Il reste pourtant de belles traces de buts marqués par Best. Le lob, inscrit face à Tottenham est un modèle du genre [à gauche]. Le but contre Sheffield n'est pas mal non plus [à droite]
Bubsy le fait passer de l'aile droite à l'aile gauche et il doit alors abandonner le n°7 pour prendre le dossard floqué du "11". Mais tout le monde garde en mémoire le mythique numéro, lorsque l'on évoque le footballeur. Mais, quand son mentor Matt Bubsy quitte le club en 1969, Best délaisse peu à peu les entraînements, prend du poids et sombre dans l'alcoolisme. Plus personne ne parvient alors à contrôler Best qui joue même certains matchs totalement bourré.
VIDEO 7 (9'32) En 1971, George Best n'a que 26 ans lorsqu'il annonce... sa retraite. Afin de le punir de ses multiples retards aux entraînements et de son hygiène négligée, les dirigeants de Manchester avaient décidé de le faire déménager de sa résidence où étaient organisées les plus grosses fêtes d'Angleterre. Cette décision n'a pas plu à l'Irlandais qui choisit de partir à Marbella (Espagne) sans le dire au club. Il vonvoque les journalistes à côté d'une piscine pour leur expliquer qu'il met fin à sa carrière. Deux semaines plus tard, Best change d'avis et s'excuse auprès du club qui accepte de le réintégrer.
VIDEO 8 (2'21) Best ne porte plus son n°7 et sa barbe ne masque pas un peu d'embonpoint. Mais le footballeur est encore capable de très beaux gestes. Bien avant Zidane, une caméra allemande l'avait suivi tout un match pour un film expérimental. C'était le 12 septembre 1970, lors de la rencontre Manchester-Coventry. Quand l'Irlandais touche la balle, Old Traffold donne de la voix. Voir la version longue de ce film sorti en 1971.
A 27 ans, les dirigeants de Manchester se lassent des frasques du surdoué et finissent par le virer. Best continue sa déchéance dans des clubs de seconde zone. L'Irlandais a joué 466 fois avec les Red Devils et y a marqué 178 buts. Il dispute son dernier match en 1984 avec Ford Open Prison, une équipe de taulards, après avoir passé deux mois derrière les barreaux pour conduite en état d'ivresse et agression sur un policier.
VIDEO 9 (1'21) George Best n'est que l'ombre du génie des années 60 quand il évolue au club américain de San Jose Earthquakes. Il y marque pourtant un but méconnu mais fantastique.
Best meurt le 25 novembre 2005 d'une infection pulmonaire à 59 ans. Environ 300000 personnes (plus d'un nord-irlandais sur six) ont accompagné son cortège sous la pluie pour ses obsèques nationales à Belfast.
VIDEO 10 (2'22) Un bel hommage a été rendu à George Best à Old Trafford, quelques jours après son enterrement. Deux de ses ancien coéquipiers, Sir Trevor Brooking et Sir Bobby Charlton ont fait un discours en son honneur. Dans les dernières secondes de la vidéo, un flashback montre Best enlever une de ses chaussures en pleine action pour chambrer son adversaire. Une action qui résume fort bien la folie et le talent de ce footballeur.
On retiendra aussi les citations tordantes du bonhomme. Petit "Best off" :
> "En 1969 j'ai arrêté les femmes et l'alcool, ça a été les 20 minutes les plus dures de ma vie".
> Sur son passage au Los Angeles Aztecs (USA) : "J'avais une maison au bord de la mer. Mais pour aller à la plage, il fallait passer devant un bar. Je n'ai jamais vu la mer".
> "À l'époque, si j'avais eu le choix entre enfoncer quatre défenseurs de Liverpool puis planter un but dans la lucarne ou en caser un dans les cages de Miss Monde, j'aurai eu du mal à me décider. Par chance, les deux me sont arrivés".
> "J'ai arrêté de boire. Mais seulement quand je dors".
> Et, surtout : "J'ai claqué 90% de mon argent en alcool et en femmes. Le reste, je l'ai gaspillé".
Bryan Robson (de 1981 à 1994)
VIDEO 11 (1'24) Bryan Robson a marqué 74 buts avec Manchester United. En voici quelques uns.
Beaucoup moins rock'n roll, Bryan Robson a quand même marqué de son empreinte le Manchester des années 80. Le milieu récupérateur se transformait souvent en buteur et était à l'origine de la plupart des actions de son équipe. Après avoir débuté sa carrière à West Bromwich, Robson est transféré à 18 ans à Manchester pour environ 2 millions d'euros. Un record à l'époque qu'il ne mettra pas longtemps à justifier. Le britannique est resté capitaine 12 ans de suite. Il est resté insensible aux nombreuses offres venant d'Italie et fera quasiment toute sa carrière dans le club mancunien. Il attendra pourtant 1993 pour gagner son premier titre de champion d'Angleterre, mais âgé de 36 ans et handicapé par des blessures, il passe le plus clair de son temps sur le banc. Il quitte le club un an plus tard avec un autre tire de champion, puis devient entraîneur-joueur à Middlesborough (en deuxième division).
VIDEO 12 (0'11) "Robbo" a permis à Manchester de décrocher trois FA Cup en 1983, 1985 et 1990. Il a marqué les deux buts décisifs lors de la finale contre Brighton en 1983 et en 1990 contre Crystal Palace. En 1985, lors de la demi-finale contre Liverpool, il montre sa belle qualité de frappe.
VIDEO 13 (4'59) L'Anglais compte 90 sélections en équipe nationale, malgré ses nombreuses blessures. En 1982, il marque contre la France le but le plus rapide de la Coupe du Monde après 27 secondes de jeu. Ce record n'a été battu qu'en 2002.
VIDEO 14 (1'54) En 1992, Manchester remporte la Coupe des Coupes contre Barcelone. Battus 2 à 0 au match aller, les Red Devils gagnent 3 à 0 dans un Old Trafford survolté. Robson signe un doublé (avec un premier but fantastique).
Eric Cantona (de 1993 à 1997)
VIDEO 15 (6'20) Top 10 des buts du n°7 de Manchester dans les années 90.
VIDEOS 17 et 18 (0'13 et 0'26) Les premières années de Cantona en France ont été tumultueuses. Après des débuts réussis à Auxerre, il signe à Marseille, où il est né, en 1988. En janvier 1989, l'entraîneur Gérard Gili le remplace dans un match amical contre le Torpedo Moscou. Canto, fâché, jette son maillot à terre et se fait suspendre par le club un mois [à gauche]. Déjà mis à l'écart un an de l'équipe de France pour avoir traité le sélectionneur Henri Michel de "sac à merde" (!), Eric s'attire beaucoup de critiques. L'OM le prête alors à Bordeaux pour le reste de la saison. L'attaquant passe ensuite par Montpellier avant de revenir dans la cité phocéenne où les blessures et le manque de confiance de Raymond Goethals ne lui permettent pas de s'imposer. Canto signe alors à Nîmes en 1991. Lors d'un match avec "les crocodiles", il s'énerve contre un arbitre... et lui jette le ballon dessus [à droite]. Mécontent d'être suspendu quatre matchs, il traite les membres de la commission de discipline d'"idiots"... La durée de suspension est revue à la hausse. Cantona décide alors de mettre un terme à sa carrière. Il a 25 ans.
VIDEOS 19 et 20 (1'35 et 9'39) Heureusement, le poète incompris s'exila en Angleterre. Sous les conseils de Michel Platini, sélectionneur des Bleus, le Marseillais rejoint Leeds United en janvier 1992 où il hérite déjà du n°7. Dès sa première année, il remporte le titre de champion que le club attendait depuis 18 ans. Il marque notamment un but qui reste parmi les plus beaux d'Angleterre [à gauche]. Lors du Charity Chield (vainqueur de la coupe contre le vainqueur du championnat), Leeds bat Liverpool 4 à 3. Le mangeur de grenouille inscrit un hat-trick et se fait définitivement adopter par les Anglais.
VIDEOS 21 et 22 (1'00 et 0'30) Mais l'aventure avec Leeds s'achève comme souvent sur des tensions. Les rapports de Canto et ses dirigeants deviennent conflictuels et le français est vendu en décembre 1992 à Manchester United. Il récupère le "n°7" de Robson blessé et mène son club à la conquête de son premier titre de champion depuis 1967... "Eric le terrible" devient "Eric the King" et permet à Manchester de garnir son armoire de trophées nationaux. Au cours des cinq saisons passés dans son club, il marque de très beaux buts. Comme cette volée face à Liverpool, à la 85ème de la finale de la Cup 1996 [vidéo de gauche]. Ou, ce bijou de maîtrise technique [à droite].
VIDEOS 23 et 24 (1'35 et 0'16) Il faut bien l'avouer, même en Angleterre, Canto n'était pas toujours un poète. Surveillé de très près par ses adversaires, il lui arrivait parfois de s'emporter [à gauche]... Ne parlons même pas du pauvre nantais Michel Der Zakarian qui doit encore se souvenir de ce tacle du joueur d'Auxerre [à droite].
VIDEOS 25 et 26 (0'12 et 0'16) Et puis, est venu l'incident qui a laissé le maillot "7" orphelin pendant 9 mois. Le 25 janvier 1995, il se fait expulser pour la énième fois lors d'un match à Crystal Palace. Alors qu'il se rend vers les vestiaires, un spectateur l'insulte. Canto voit rouge et se jette sur lui les pieds en avant... Le lendemain, la vidéo [à gauche] fait le tour du monde. Beaucoup de journaux accablent le joueur, comme L'Equipe qui titre en couverture "Indéfendable". Ses détracteurs attendent une explication. Il en fournira une très "cantoniesque" lors d'une conférence de presse restée célèbre [à droite]. "Quand les mouettes suivent le chalutier, c'est parce qu'elles pensent qu'elles vont lui donner des sardines"...
VIDEO 27 (2'26) Comme Aimé Jacquet, Canto a la dent dure. Près de dix ans après cette "affaire", il règle ses comptes avec les journalistes de L'Equipe. "Je leur pisse au cul", dit le poète.
VIDEOS 28 et 29 (1'41) La Cantomania n'a jamais faiblie durant les années passées à Manchester. Lors de sa suspension, les fans restent plus fidèles que jamais. Canto a droit à de nombreuses chansons de supporters. Quelques années après sa retraite, il est élu "meilleur joueur de tous les temps" de Manchester United. Dans les bars anglais, on chante encore la marseillaise avec des paroles à la gloire du "King". Dans les tribunes, près de dix ans après son départ, personne n'a oublié le Marseillais.
David Beckham (1993-2003)
et Cristiano Ronaldo (2003-...)
VIDEOS 30 et 31 (2'07 et 5'05) S'intéresser au parcours du Spice Boys, David Beckham à Hollywood, et de la fashion victim, Cristiano Ronaldo, après celui de Best et Cantona ne ferait que vous faire perdre votre temps, sans doute précieux. Les deux joueurs pétris de talent balle au pied ont eu le courage de reprendre le flambeau de trois légendes vivantes et se sont acquittés de la tâche avec réussite. Il est donc préférable, grâce à ces deux montages de (re)voir ce qu'ils savent faire le mieux : jouer au football.
> Qui trônera aux côtés de Francis Llacer, Fabrice Fiorèse, Benoît Pedretti, Bernard Mendy et Matt Moussilou ? Le trophée le moins convoité du football va bientôt être décerné. Les Cahiers du football ont annoncé la liste des nominés pour cette année. Le "winner" est à choisir parmi Moumouni Dagano, Stéphane Dalmat, Douglao, Gaël Givet, Abdul Kader Keita, Patrick Kluivert, Jerko Leko, Frédéric Piquionne, Ronald Zubar... La liste complète des prétendants est sur cet excellent site.
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