|
|
 |
| |
Revues de presse
réalisées par :
|
|
►CORBEAU
Chirac en correctionnelle à cause de Sarkozy ? C'est le juge Halphen qui, au détour d'une phrase, révèle la croustillante anecdote. Passé relativement inaperçue (920 vues sur dailymotion en quatre jours), un passage de l'interview sur Europe 1 du juge d'instruction, à l'origine de l'enquête sur les affaires du RPR et de la mairie de Paris, ne manque pourtant pas de piquant après l'annonce du renvoi en correctionnelle de Jacques Chirac.
Après un petit coup de gueule visant les défenseurs de l'ancien chef de l'Etat qui reprochent la lenteur de la Justice (voir plus bas), Eric Halphen balance sa source. La personne qui lui a permis de débuter sa longue enquête... "Cette enquête là, qu'est ce qui l'avait déclenchée? C'était des rapports du Fisc qui avaient été envoyés au parquet de Créteil. Et qui avait envoyé ces rapports du Fisc ? C'était le ministre du Budget de l'époque, à savoir Nicolas Sarkozy, qui voyait dans ces affaires là une possibilité à deux ans de l'élection présidentielle qui pouvait opposer Chirac à Balladur de torpiller la candidature de Chirac" [à écouter dans la deuxième partie de la vidéo].
Après quelques recherches sur le web, nous n'avons trouvé que le blog ouvertement anti-Sarkozy larageauventre.blogspot.com pour reprendre la révélation du juge (que les oubliés nous pardonnent... ou se manifestent), qui ne fait pas non plus l'objet d'une grande attention sur le site d'Europe 1. Un dossier du Nouvel Observateur daté du 29 décembre 1994 avait mentionné cette information, sans s'y attarder, puisque le long article en question (de Serge Raffy) portait sur les manipulations dans une autre affaire : "l'affaire Maréchal" :
"Quand le juge Halphen, en octobre, s'est intéressé de très près à l'entourage de Jean-Claude Méry, le collecteur de fonds du RPR, il s'est passé quelque chose de très étrange, raconte un magistrat parisien. Au départ de ce dossier, il ne faut pas l'oublier, il y a un rapport du fisc datant du 20 janvier 1994 remis par le ministère du Budget, donc Nicolas Sarkozy. Les personnes impliquées dans ce dossier avaient toutes, au début, l'étiquette chiraquienne. Le juge Halphen n'était pas dupe. On voulait qu'il fonce sur Chirac"
Le juge Halphen, dans un article pour l'association Anticor ("le blog de l'association des élus et citoyens contre la corruption") publié le 12 mai 2006, avait déjà raconté l'origine de son investigation sans toutefois nommer les protagonistes. Le thème, "l'affaire Clearstream", avait dérivé sur les HLM de la mairie de Paris. Extraits [nous avons rajouté les noms entre crochets] :
"De fait, personne n'a vraiment envie qu'elle fasse son travail, la justice. L'affaire des HLM de Paris avait montré que le ministre de l'Intérieur de l'époque [Charles Pasqua], mentor de l'actuel [Nicolas Sarkozy], avait préféré faire diligenter une enquête parallèle par les RG plutôt que de saisir la justice. [...] Ce n'est d'ailleurs pas le seul point commun [entre Clearstream et les HLM] : dans les deux cas, les corbeaux se transforment en passerelles. Car, quand on feint de laisser oeuvrer la justice, c'est pour mieux l'instrumentaliser. Ouverture du dossier des HLM ? Un an avant l'élection présidentielle, en pleine guerre entre amis de trente ans, suite à l'initiative du ministre du Budget d'alors [Nicolas Sarkozy], la victime présumée d'aujourd'hui, qui ne se privait pas de faire ce qu'il reproche aux autres aujourd'hui". Après des années, le corbeau a fini par avoir la peau du renard.
►LAURENT MACABIES
> Image au haut de l'article : capture d'écran de la passation de pouvoir.
Archives
> Chirac, le maire en galère
> Angolagate : coup de grâce pour Marchiani
> Les petites mains de la République : le chauffeur de Chirac
> Sarkozy - Chirac : les meilleurs ennemis
> Vidéo : Chirac l'Africain contredit Sarkozy
> Bilan: Sarkozy préfère critiquer Chirac
> Chirac en correctionnelle, c’est plus du fictif
> Chirac presque à l'abri
|
|
Poster un commentaire