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Revues de presse
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►AU PIQUET + 9 VIDEOS
S'il veut "dégraisser le mammouth", pour reprendre l'expression chère à un de ces prédécesseur Claude Allègre [voir lexpress.fr de septembre 1997], le ministre de l'Education Nationale Xavier Darcos devrait faire preuve d'un peu de pédagogie. Depuis l'annonce des suppressions de postes dans l'enseignement (11 2000 pour cette rentrée et 13 500 en 2009), l'ancien professeur enchaîne les déclarations dédaigneuses contre ceux qui sont opposés à ses réformes. Premiers visés : les syndicats d'enseignants qui mènent "une culture de la grève qui nous empêche de parler des choses réelles, des questions qui concernent les élèves". Alors que la mobilisation a été suivie par plus d'un enseignant sur trois, selon le ministère, et plus d'un sur deux, selon les syndicats, Darcos a jugé sur RTL qu'organiser des grèves est "démodé". Il y a "une résistance des appareils qui n'est pas celle des professeurs", ajoute-t-il avant d'affirmer que "les suppressions de postes vont continuer". Le ministre n'oublie pas de prévenir : "J'ai envie de dire à ceux qui font la grève qu'il faut qu'ils fassent attention parce que le monde, la France, avancent plus vite que les cortèges". Si Darcos veut mener ses réformes, il devrait peut-être éviter de donner des leçons. On pourrait le prendre pour un enseignant.
►LAURENT MACABIES
VIDEOS 1 et 2 (7'22 et 1'56) A gauche, l'interview de Xavier Darcos sur RTL ce matin. A droite, le zapping du monde.fr sur les manifestations. Avec notamment un Jean-Pierre Pernault, très inquiet pour les parents qui n'ont pas pu envoyer leur enfants à l'école aujourd'hui [traduction (médisante) : "tout ça à cause de ces fainéants de grévistes"].

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►Les cordonniers sont souvent les plus mal chaussés. Lors du Grand Journal de Canal +, Xavier Darcos (ancien professeur) a été mis au piquet par Ariane Massenet. A des questions de conjugaison et de mathématiques, le ministre de l'Education nationale (sic) a montré qu'un peu de révision ne lui ferait pas de mal. Le mauvais élève a même tenté de tricher en glissant un regard sur les réponses de la maîtresse. Sans succès. Xavier Darcos n'a pas été capable d'appliquer la règle de trois mais se permet de continuer à donner la leçon sur le plateau. Décidément, il est grand temps de réformer. Le niveau a, en effet, bien baissé dans l'Education nationale...
VIDEO 3 (2'14) Difficile d'avoir l'air crédible auprès des profs quand on ne sait ni appliquer la règle de trois, ni conjuguer le verbe "naître" au futur antérieur... Extrait de l'émission Le Grand Journal (de Canal +) du 3 avril 2008.
►Ce ne serait pas la première fois que le ministre aurait triché... Lorsqu'il était professeur de français à Périgueux (en 1982), Xavier Darcos a été accusé d'avoir donné comme sujet d'entraînement à ses élèves un sujet similaire à l'un des 3 proposés au bac [nouvelobs.com du 10/06/03]. En tant que membre de la commission académique, il faisait, en effet, partie de ceux qui choisissait les sujets des examens. Il fut inculpé et cité à comparaître devant le tribunal de grande instance de Périgueux. La Justice a prononcé la relaxe car elle a estimé que les sujets étant choisis sur plusieurs listes de propositions, personne ne pouvait prévoit de manière certaine quels seraient les 3 sujets finalement proposés.
> Image du bonnet d'âne tirée de uxelles.echosblogs.org.
VIDEOS 4 et 5 (5'52 et 8'54) Les premières manifestations ont eu lieu au printemps, lorsque le gouvernement a annoncé la suppression de milliers de postes dans l'éducation nationale (on parlait alors de 6700 à 15 000 enseignants). Le 15 avril, pour la sixième fois en quinze jours, les lycéens sont descendus dans la rue. Ils étaient 50 000 (selon les syndicats) et 20 000 (selon la police) à manifester à Paris contre la réforme de Darcos. A gauche : Dimanche + (dont l'invité était Jack Lang) dressait le tableau de la situation. A droite : le 16 avril, au lendemain de la grande manifestation, Darcos ("droit dans ses bottes") relativisait déjà les revendications des lycéens manifestants au micro de Nicolas Demorand (sur France Inter) en sous-entendant une manipulation des syndicats.
VIDEOS 6 et 7 (1'23 et 2'04) Prenez trois des ministres les plus impopulaires (d'un gouvernement déjà pas très aimé), envoyez-les faire une "visite surprise" dans un lycée parisien (du XIVe) deux semaines après de grosses manif', faites-les escorter par une flopée de gendarmes mobiles et de CRS ultra-nerveux (pléonasme), puis admirez le résultat... Le 2 juin, François Fillon, Rachida Dati et Xavier Darcos sont allés au casse-pipe au lycée Paul Bert pour parler de lutte contre la drogue (voir notre archive). Ils se sont vite rendus compte qu'ils n'étaient pas les bienvenus. Lorsque plus d'une centaine de lycéens et de parents d'élèves ont voulu montrer leur colère, plusieurs d'entre eux ont été violemment interpelés [vidéo à gauche]. Les ministres, qui sont arrivés à l'école à 9h45 sous les hués et dans la cohue [vidéo à droite], ont dû en repartir moins d'une heure plus tard sous bonne escorte.
VIDEO 8 (1'36) Au cours de son audition par la commission des Finances du Sénat (le 3 juillet 2008), Xavier Darcos déclare : "Est-ce qu'il est vraiment logique, alors que nous sommes si soucieux de la bonne utilisation des crédits délégués par l'Etat, que nous fassions passer des concours bac +5 à des personnes dont la fonction va être essentiellement de faire faire des siestes à des enfants ou de leur changer les couches?" Après ce dérapage, les changeurs de couches en question sont furieux contre leur ministre et lui rappelle qu'ils font un "vrai métier".
►Autre motif de mécontentement vis à vis de Xavier Darcos : les associations éducatives complémentaires de l’enseignement public, agréées par le Ministère de l’Education nationale, sont en danger à cause d'une importante réduction de leur budget. Le 6 octobre, elles ont reçu à leur grande surprise (décision "unilatérale", "sans le moindre délai de prévenance" et "sans concertation préalable") une lettre du Ministre de l'Education nationale pour leur signaler la suppression de 25 % du financement des actions conventionnées par le Ministère au titre de l’exercice civil 2008, soit avec effet rétroactif. Certaines de ces associations éducatives, qui ont lancé une pétition en ligne, pourraient disparaître faute de moyen. D'autres manifestants font signer des pétitions sur Internet. La réforme du Capes, avec seulement deux épreuves disciplinaires et une possible baisse de niveau, inquiète certains anciens recteurs et professeurs renommés qui ont signé cette pétition. Enfin, les Rased (réseaux d'aide aux enfants en difficulté) devraient aussi se voir supprimer des milliers de postes d'enseignants spécialisés. Ils ont également créé une pétition.
►Sous son apparence austère, Xavier Darcos est un grand amateur de phrases provocatrices. Le 23 février 2004, alors ministre délégué à l'enseignement scolaire auprès de Luc Ferry, il déclare au sujet d'une adjointe de Juppé à Bordeaux : "Que Mme Fayet cesse de mettre en avant sa 'fidélité' à Alain Juppé. Ce n'est tout de même pas à la femme adultère de donner des leçons de fidélité conjugale !" La grande classe ! Les Chiennes de Garde n'ont pas apprécié. L'association féministe est parvenue à obtenir des excuses de Darcos pour ses propos.
> Voir chiennesdegarde.com du 27 février 2004.
> Photo de Véronique Fayet tirée de aqui.fr.
> François Bayrou : "Comment arrêter un tracteur à quatre bayrous motrices ?" (19 mars 2007).
> "Je ne me lasse pas de cette campagne ségolinienne. Il faut la voir, devant deux ou trois ahuris de banlieue, tatoués et encapuchonnés, genre Nique Ta Mère, leur annoncer d’un ton sirupeux et angélique : 'vous n’êtes pas un problème, vous êtes une partie de la solution'. Ce qui lui valut, en réponse, cette profonde glose : 'Ouef, t’as vu, la meuf, elle m’a traité'. Bouffon, comme ils disent..." (19 mars 2007).

>>> Notons que le blog de Xavier Darcos est sous-titré : "Des idées d'abord"... Il a vraiment le sens de l'humour.
VIDEO 9 (1'12) Pourtant, Xavier Darcos n'a pas l'air vraiment fan du web. "Internet ne doit pas seulement être un espace de désinformation", hurle-t-il à l'Assemblée Nationale, après avoir été interpellé par le député socialiste Gaëtan Gorce (le 18 novembre) sur l'appel d'offre lancé pour repérer les mouvements d'opinion sur le web. Le ministre de l'Education Nationale fait aussi allusion à la vidéo de Rue 89 dans lequel il parle de l'école maternelle en évoquant des "phrases détournées" qui font "dire le contraire de ce que disent les ministres" (voir la vidéo 8 pour évaluer ce mensonge). "Je veux savoir comment s'expriment sur internet les esprits libres", finit-il par lâcher.
> Darcos va se prendre un mur
> Big Darcos Is Watching You
> Xavier Darcos, otage des cathos intégristes
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