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Laura D, 19 ans, symbole de la prostitution étudiante pour cause de pouvoir d'achat
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Le mal était méconnu. Pourtant, selon le syndicat étudiant Sud, ils et surtout elles seraient 40 000 à se prostituer pour payer leurs études. En cause, le plafond trop bas des bourses d'études, qui excluent des gens trop riches pour les toucher, mais trop pauvres pour s'en sortir. La seule alternative est alors Les restos du coeur... ou la prostitution. Laura avait 19 ans quand elle est passée à l'acte. Sur internet, les contacts se font puis les rendez-vous se prennent. Un engrenage dont il est difficile de sortir. Elle a écrit un livre "Mes chères études" pour raconter son calvaire. Les extraits et les détails sont sous la vidéo. â–ºPIERRE BOHM / DSS

VIDEO 1 3'01 Reportage de France 2 sur le témoignage de Laura. "On ne peut pas s'imaginer en arriver là". Pourtant, pendant un an, elle s'est prostituée. La chose la plus difficile pendant cette année ? En sortir.


L'inscription à la fac
"Mon père travaille comme ouvrier et ma mère est infirmière. Tous les deux gagnent juste le Smic, avec deux enfants à élever. [...] Je n'ai pas droit aux bourses, car je fais partie de ces innombrables étudiants qui se trouvent dans la fourchette fatale : très loin de ce que l'on peut qualifier de riches, pas assez pauvres pour recevoir des aides étudiantes."

L'installation avec son petit ami
"Manu a vraiment atteint le summum de sa radinerie. Il me réclame de l'argent pour le loyer, les courses, les factures, ce qui donne un montant avoisinant 450 euros par mois. [...] J'ai depuis un mois arrêté de payer le forfait de mon téléphone, faisant passer les frais de l'appartement en priorité dans mes dépenses. En plus de cela, je travaille quinze heures par semaine dans cette boîte de télémarketing, vingt heures à la fac, plus les heures passées à réviser. [...]Je tremble de voir un contrôleur dans le métro, et je me demande sans cesse comment je vais finir le mois. [...] Suis-je la seule à vivre cela? Toutes ces situations sont tellement honteuses, je ne peux pas en parler à mes copines étudiantes. Comment pourraient-elles comprendre ? Alors je décline gentiment leur invitation à déjeuner et m'enferme dans la seule chose gratuite qu'il me reste : étudier. Tout ceci ne poserait pas vraiment de problème si j'avais de quoi manger à ma faim.

Le déclic
Ce chiffre bête comme chou revient en permanence : 100 euros de l'heure. Trois jours dans l'attente. Dans l'attente de quoi ? J'ai décidé de ne pas y aller, alors pourquoi me suis-je mis en tête de respecter l'engagement passé avec cet inconnu ? Je n'irai pas, point final, fin de l'histoire. Mes pensées vagabondent, entre la raison et le besoin, en faisant bien attention d'éviter mon jeune cœur, qui n'a pas sa place dans cette histoire. Je regarde mon placard de bouffe, vide. Je jette stupidement un coup d'oeil à mes factures posées sur le meuble. J'ai mal à la tête. Je ferme mon livre de traduction d'un coup sec. Une fois, pas plus.

Premier rencard

La mallette est posée sur le lit, ouverte. Pendant un instant, je me crois dans un film à la Tarantino, et, à mesure que je me rapproche pour en voir le contenu, je m'imagine même des liasses de billets. Au lieu de cela, une banale lettre, que Joe me tend. Bonjour, Laura. Tout d'abord, ta ponctualité m'a satisfait et je t'en remercie. [...] Aujourd'hui, nous allons jouer ensemble. [...] Dans un premier temps, je veux que tu te déshabilles entièrement. [...] Un vrai entretien d'embauche. Si je passe le teste de la nudité, je suis sûre d'être embauchée. [...] Une enveloppe m'est tendue, et devant lui, sans même me demander si l'usage ou les bonnes manières m'obligent à attendre d'être dehors pour recompter, j'admire mon butin. Ce n'est pas 100 euros, comme je le croyais, mais 250 euros que Joe me tend ! Deux billets de 100 et un billet de 50. Je n'ai jamais vu de billet de 100 euros. Ma seule préoccupation à la vue de tout cet argent est de savoir comment je vais sortir 100 euros de ma poche sans éveiller de soupçons. Je ne dépense jamais autant : les billets de 5 euros représentent mieux mon quotidien.


Souillée

Dans la salle de bains, je fais couler l'eau sur mon corps pendant un quart d'heure, d'abord sans bouger. Puis j'attrape une éponge et je frotte, de toutes mes forces, sur ma peau. Elle rougit soudain, sous les grattements intenses que je lui inflige. Je m'en fiche, je ne peux plus m'arrêter. Je voudrais ôter toute cette crasse et faire comme si hier n'avait jamais existé.

â–º D'autres extraits
de Laura D, "Mes chères études", Max Milo édition : lexpress.fr

â–º La seule étude sur la prostitution étudiante est l'oeuvre d'une étudiante en sociologie qui a étudié le sujet pour les besoins de son mémoire. Elle explique le besoin de légitimation des femmes qui se prostituent dans une interview. (lexpress.fr)

â–º Qui sont les clients ? Le sociologue Saïd Bouamama, sociologue s'est penché sur la question. (lexpress.fr)

â–º Certaines prostituées utilisent aussi la fac comme couverture. (lefigaro.fr)

[+/-]  Le 23 janvier 2008 - 10:20 Xavier Moisant a dit :

En faisant les liens vers les articles de L'Express, vous auriez pu les lire et y lire que le chiffre des 40 000 est une extrapolation généreuse de SUD.

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