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Poutine anime sa Tsar'Ac

RUSSIE  Après sept ans d'un règne quasi-dictatorial, Vladimir Poutine devra laisser sa place l'an prochain (la Constitution russe empêche de se présenter une troisième fois). On le voit pourtant mal lâcher un pouvoir qu'il a toujours fait en sorte de renforcer en muselant les médias et contrôlant les institutions. Plusieurs options s'offrent à Poutine: tenter de faire changer la Constitution (il en est capable), désigner son successeur (il en a déjà choisi deux) ou diriger Gazprom (et ainsi avoir encore plus de pouvoir). Ah oui, on allait en oublier une dernière: arrêter la politique. Faut pas rêver. Vladimir Poutine a désormais deux dauphins. C'est deux de trop.
> Les wikibios de Sergeï Ivanov (photo du haut) et Dimitri Medvedev (bas).

> Détails : Libération du 13/03/07 et Le Figaro du 17/02/07.
> dossier Poutine (liens+vidéos) : lire la suite

Poutine et la Tchétchénie

> Six mois après l'accession de Poutine au poste de Premier ministre, L'Express dresse son portrait (16/12/99). Cet ancien membre du KGB, pour qui l'espionnage politique est une seconde nature, est pratiquement inconnu avant que Boris Eltsine ne le nomme à la tête de son gouvernement (août 1999). Il promet l'anéantissement de la Tchétchénie et en annonce qu'il va "buter les terroristes jusque dans les chiottes" (voir Courrier International du 02/10/03) après avoir attribué sans preuve aux Tchétchènes un attentat à Moscou. C'est comme ça qu'il s'impose comme le favori pour la présidence.
> Détails sur la seconde guerre de Tchétchénie : wikipedia.

VIDEOS 1 et 2 Un oeil sur la planète (France 2) présente un document édifiant sur la guerre en Tchétchénie (17/03/03). Le bilan est sanglant : entre 50 et 100.000 morts sur un pays qui comptait 400.000 habitants aux beaux jours. Deux parties (1h puis 36mn).
VIDEO 3 Le Vrai Journal (C+) de février 2004 "Spécial Poutine" diffuse un reportage tourné en caméra caché à Grozny (8mn). La capitale Tchétchène est devenue une zone de non-droit où les soldats russes font la loi.
VIDEO 4 L'émission 90 minutes (C+) s'est procurée la vidéo d'un soldat russe en Tchétchénie (06/09/04). Pour l'armée, les civils tchétchènes sont tous complices de la résistance et donc tous coupables. Pillages, tortures, humiliations, meurtres... Des images insoutenables (32mn). Plus d'infos sur le documentaire : comite-tchetchenie.org.



Poutine et Gazprom

VIDEO 5 Complément d'enquête (14mn20) montre que Gazprom qui détient 20% du gaz mondial fait quasiment l'objet d'un culte en Russie. Gazprom possède à peu près tout dans le pays.
> Le Point du 05/01/07 explique que Dmitri Medvedev, président du conseil d'administration est un des deux dauphins de Poutine, ce qui pourrait faciliter un échange de pouvoir entre Medvedev et Poutine. Le journal revient sur la puissance gigantesque de Gazprom dans le monde.

> Gazprom a un pouvoir qui dépasse les frontières russes en particulier grâce au zèle de Poutine. Le président de la Russie n'hésite pas à s'investir personnellement pour développer le leader mondial du gaz (voir Le Figaro du 06/04/06) .

> Libération du 23/12/06 raconte comment Poutine a contraint Shell, Mitsui et Mitsubishi à céder le contrôle de l'exploitation de gisement de gaz et de pétrole qu'ils avaient découvert, à Gazprom pour un "prix d'ami" que les analystes jugent dérisoires.

VIDEO 6 Jacques Chirac décore Poutine de la Grand-Croix de la Légion d'honneur (voir Reporters sans frontières du 25/09/06). C'est la première fois qu'un citoyen russe obtient cette distinction. Aucune télé française n'a repris cette information. Les médias russes seraient-ils plus libres que ceux de l'hexagone ? Arrêt sur Images revient sur cette affaire (3mn50).
Poutine et les médias

VIDEO 7 En février 2004, Le Vrai Journal dressait un bilan très sombre de la liberté de la presse sous le régime de Poutine (11mn). Elena Tregubova, journaliste russe auteur d'un livre sur les coulisses du Kremlin a fait l'objet de multiples pressions et d'une tentative d'assassinat comme le relate L'Humanité du 13/03/04.


> Pour museler les journalistes, Poutine a ses méthodes. En Russie, les journalistes tombent par les fenêtres (voir DSS).

> La journaliste Anna Politkovskaïa a été assassinée le 07/10/06. Dans son livre, "La Russie de Poutine" (publié partout sauf dans son pays), elle dénonçait les crimes commis en Tchétchénie, la corruption et les mensonges du régime de Poutine (voir Libération du 11/10/06). D'après le journal Novaïa Gazeta, dans lequel elle travaillait, Politkovskaïa écrivait un article consacré aux violations des droits de l'homme par les forces du gouvernement en Tchétchénie quand elle s'est fait tuée. Ce bihebdomadaire a reçu le prix "médias 2006", décerné par Reporters sans frontières, pour ses enquêtes sur le pouvoir russe. A l'occasion de la remise du prix, RSF (13/12/06) raconte les agressions et censures dont sont victimes les journalistes de Novaïa Gazeta et de tous les médias russes.

> Amnesty International a dû envoyer une lettre au président russe pour lui demander de condamner ce meurtre. L'ONG pense que Politkovskaïa a été visée en raison de son travail de journaliste, rajoutant qu'un tel meurtre porte manifestement un coup sérieux à la liberté d'expression et l'indépendance des médias en Russie.

> Au moment de la mort de Politkovskaïa, Amnesty International fait le point sur les journalistes pris pour cible par le gouvernement.

> Le journaliste Stanislas Dmitrievski a été condamné à 2 ans de prison avec sursis et 4 ans de mise à l'épreuve pour "incitation à la haine raciale" en février 2006 après avoir publié deux articles sur le rôle de la Russie dans le conflit tchétchéne. Selon Amnesty, il n'y avait aucune incitation à la haine dans ces articles.

> En octobre 2006, de nouveaux textes de loi interdisent la Société pour l'amitié russo-tchétchène (RCFS), dirigée par Dmitrievski et coupable "d'activités extrêmistes".  Elle est définitivement fermée le 23/01/07. Pour Amnesty International, la décision porte un double coup : l'un à la liberté d'expression, et l'autre à la société civile. Déjà, la Société pour les droits de l'homme (ONG très respectée) avait dû fermer dans des conditions rocambolesques (hns-info du 11/06/05). Deux représentants du bureau du ministère de la Justice auraient fait irruption dans le cabinet du président de l'association avec deux personnes en état d'ivresse qu'ils venaient de trouver dans la rue pour leur servir de témoins !

> Oksana Tchelycheva, rédactrice en chef à l'agence d'information russo-tchétchène, a reçu de nombreuses menaces de mort (le 14/03/05 sur amnesty.be). L'enquête pour retrouver les corbeaux n'a jamais rien donné.

> Andreïv Babitski, journaliste connu pour ses reportages critiques racontant les attaques de soldats russes sur des civils tchétchènes, a été successivement détenu dans un camp, arrêté par la police, inculpé pour possession de faux-passeports et condamné pour hooliganisme. Il n'a plus d'accréditation pour couvrir les évènements en Russie (voir Reporters sans frontières du 02/08/05).

VIDEO 8 Dans Le Vrai Journal (5mn), Babitski revient sur les complots dont il a été victime. Anna Politkovskaïa n'avait pas pu être interviewée à cause d'une première tentative d'assassinat...


> En 2001, Poutine, pour qui "la liberté d'expression est l'une des plus importantes conquêtes de la décennie passée" (sic) s'en prend aux chaines de télévision. Selon L'Express du 22/02/01, quatre jours après son investiture, des agents en cagoule accompagnés de procureurs et d'officiers du FSB (ex-KGB) ont perquisitionné les bureaux de Media-Most, une ONG qui défend la liberté d'informer et qui détient de nombreux titres de presse (dont la chaîne NTV qui, selon Le Monde Diplomatique de février 2001, énerve les dirigeants russes par sa liberté de ton). Le principal créancier est Gazprom, le géant du gaz, qui avoue ouvertement chercher à mettre en faillite Media-Most afin que NTV passe sous tutelle d'Etat.
> Vladimir Gousinsky, patron de Media-Most est arrêté puis libéré sous caution. Il préfère quitter la Russie avec sa famille. Les nouveaux dirigeants de NTV sont nommés par Gazprom. Cyberpress.net du 17/12/01 explique qu'au printemps 2001, des journalistes de NTV décident de partir de la chaîne pour protester et rejoignent TV6 qui appartient à Boris Berezovsky, lui aussi opposé à Poutine. La chaine devient un symbole de l'opposition. Comme NTV, TV6 avait contracté des dettes (à cause de l'ancienne direction). La compagnie de pétrole Lukoil intente un procès demandant la liquidation de TV6 (comme Gazprom pour NTV).


Plongée en eaux troubles...

VIDEO 9 Le 12/08/00, Le Koursk, sous-marin nucléaire, sombrait avec ses 118 marins. Les autorités russes sont montrées du doigt pour leur incompétence à sauver l'équipage. D'après le documentaire de 1h12 réalisé par Jean-Michel Carré (diffusé sur France 2 le 07/01/05), cette affaire est bien plus importante qu'on ne l'imaginait : elle aurait même pu conduire à un conflit nucléaire majeur (comme le souligne Le Monde Diplomatique). La thèse (très bien argumentée) soutenue par Jean-Michel Carré est que les USA auraient torpillé le Koursk. Poutine et Clinton se seraient ensuite arrangés pour "noyer le poisson"... Le réalisateur explique aussi comment Poutine met au pas la presse. Une enquête étonnante.


> Le 13/09/06, Andreïv Kozlov, le vice-président de la Banque centrale est tué en pleine rue. Kozlov, surnommé le banquier incorruptible, venait de prendre des décisions spectaculaires en supprimant la licence de nouvelles banques qui blanchissaient de l'argent. Pour Le Figaro, ce scénario ressemble à celui des nombreux meurtres commandités dans la Russie chaotique sous la présidence de Boris Eltsine.

> On se souvient aussi du troublant empoisonnement d'Alexandre Litvinenko, ex-espion opposé à Poutine (Libération du 27/11/06). Deux jours avant sa mort, il écrit une lettre dans laquelle il décrit le président russe comme un homme "barbare et sans pitié". Hollywood se prépare à en faire un film avec Johnny Depp dans le rôle de Litvinenko (source : Allocine.fr du 15/01/07).

VIDEO 10 En décembre 2006, à Londres (où il s'était exilé), Litvinenko accusait Vladimir Poutine de l'assassinat d'Anna Politikovskaïa (vidéo de 5mn en anglais).


VIDEO 11 Sur EuroNews, Poutine évite les questions gênantes (1mn20). Il explique tranquillement que "rien ne prouve le décès par mort violente" de Litvinenko. "Il n'y a aucune base pour parler d'assassinat". Un simple coup d'oeil aux deux photos "avant-après" de l'ancien espion russe (voir au-dessus) suffit pourtant pour se dire que sa mort n'a rien de naturel.



> L'émission Arrêt sur Images est revenue le 13/09/04 sur le traitement par la presse moscovite de la prise d'otages sanglante de l'école de Beslan (France5.fr). La plupart des journaux reprennent les communiqués des autorités russes et relativisent le nombre de morts. L'intervention des forces spéciales russes avaient déclenché la polémique ailleurs (voir RFI du 04/09/04).

> Le 26/10/02, les forces spéciales russes avaient aussi causé de gros dégâts en utilisant un puissant gaz pour libérer des otages au théâtre de Doubrovka (à Moscou). Les preneurs d'otages tchétchènes avaient été tués mais aussi 119 otages sur 700 (radio-canada). Les autorités russes n'ont jamais révélé la composition du gaz.

VIDEO 12 Ce passionnant documentaire (en anglais) de Nizam TV récapitule les étapes de cette prise d'otage et l'opération de "sauvetage" (49mn).


VIDEO 13 Les manifestations sont très rares en Russie. Lorsqu'elles peuvent avoir lieu, elles sont étroitement surveillées. Le 16/12/06, une première manifestation anti-Poutine s'est tenue à Moscou (voir France24). Les 8.000 policiers (pour 2.000 manifestants) étaient tendus (1mn30).


VIDEO 14 Poutine s'appuie sur un mouvement populaire intense. Le culte de la personnalité existe toujours en Russie. Témoin : ce clip à la gloire du président Russe (30sec). C'est jeune, c'est glamour, c'est techno... C'est surtout très kitsch.



VIDEO 15 La chanson a un tel succès en Russie qu'elle a déclenché une polémique pour savoir qui l'a commanditée. Elle est reprise par des Internautes qui l'utilisent pour leurs clips de propagande (comme dans cette vidéo de 3mn30).


 

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