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Revues de presse
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â–ºRENGAINE + 2 VIDEOS
"Le piratage est en train de ruiner l'économie du cinéma", "Avec la lutte contre les copies illégales, c'est la survie de l'industrie du disque qui est en jeu". La culture en danger, les artistes menacés, Jack Lang inquiet... Ces commentaires, qui auraient pu être tenus par les partisans de la loi Hadopi (qui vient d'être adoptée par les députés), datent de trente ans. Au début des années 1980, beaucoup de fins analystes prédisaient la mort de la culture à cause des mises en vente de magnétophones et magnétoscopes à prix abordables et l'apparition du CD. L'histoire est un éternel recommencement...
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Dans ce reportage de 1984, trouvé sur le site de l'INA, on parle déjà de "crise" accentuée par le piratage. Même si celui-ci n'était pas encore électronique, les fraudeurs étaient très bien organisés et beaucoup plus difficiles à retrouver. Pour la première fois, la police a mis la main sur un "vaste trafic" de plusieurs milliers de vidéo-cassettes par hasard. Certains découvrent alors ce nouveau phénomène. "Sueurs froides", futur chef d'oeuvre d'Alfred Hitchcock, est disponible en vidéo avant même sa sortie au cinéma. Déjà à l'époque, les majors font planer la menace de la mort de la Culture. Le distributeur René Château estime que la moitié des cassettes vendue ou louées dans un vidéo-club sont piratées. Selon lui, des VHS "se vendent sous le manteau", "dans les bars", "de Paris à Marseille"... Dénonçant une "impunité", René Château "demande que la répression au niveau des pirates soit plus efficace" et que la France s'inspire de l'exemple de Reagan, aux USA. Aujourd'hui, le PDG d'Universal Pascal Nègre érige en exemple les Etats-Unis (qui seraient parvenus à freiner le téléchargement) pour défendre la loi chère à Christine Albanel.
Cette année là, le ministre de la Culture était... Jack Lang. Le socialiste, qui a indiqué qu'il était favorable à la loi Hadopi, était déjà en première ligne sur les copies illicites des cassettes. "Nous avons décidé de mener une action déterminée et impitoyable contre les pirates", clame-t-il. Car la menace serait dramatique: "la piraterie est un vol [...] qui peut ruiner l'économie du cinéma". Une incongruité : le décret Lang, approuvé par le Parlement et la profession, interdit la distribution de cassette d'un film avant une année de projection au cinéma. Dans le projet de loi "Création et Internet", il est prévu au contraire de réduire considérablement les délais entre la sortie d'un film en salle et celle de son DVD pour doper les ventes.
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1- D’un côté, nous avons une industrie culturelle déclinante n’assumant pas le proxénétisme économique et la pandémie infantilisante qu’elle exerce sous le regard de son débiteur. Celui-ci est à la fois une fondation philanthrope de gestion nationale et une entreprise d’import/export.
2- De l’autre côté, nous avons une infinité de niches de population n’ayant rien à voir les unes avec les autres, mais faisant front par principe de précaution. Nous prouvant par la même occasion à quel niveau de léthargie se trouvent nos sociétés occidentales pour qu’un luxe devienne une lutte nécessaire.
3- Au centre, se trouve le gros du troupeau qui n’a pas d’avis et fait preuve d’intelligence situationniste ou d’indifférence banale sur ce combat qui est à la fois d’avant-garde et d’arrière-cour.
4- Dans toutes les batailles, il y a des pertes acceptables. Mais comme nous ne prenons plus plaisir à nous salir les mains avec une de ces barbaries ancestrales, les invectives servent de nos jours de courroux médiatique ou de Hit Combo virtuel pour le bonheur des voyeurs générationnels et des lâches éternels.
5- Quand on pratique l’affrontement constant ou la paix commémorative pour occuper son temps, c’est que l’on est plus en mouvement. Alors la guerre civile des flux a-t-elle un sens ?
La suite ici :
http://souklaye.wordpress.com/2009/03/13/creation-internet-et-insultes-gratuites/
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