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De source sûre | guerre + terrorisme : Poutine réchauffe la guerre froide

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Poutine réchauffe la guerre froide
COLD WAR II
Poutine torse nu
On n'avait pas vu cela depuis la dissolution de l'URSS. Vladimir Poutine a décidé de rétablir les vols militaires russes. En 1992, ils avaient cessé, faute d'ennemi et de moyens. 14 bombardiers à longue portée patrouillent au-dessus des océans Pacifique, Arctique et Atlantique depuis la mi-août. La Royal Air Force britannique a même été obligée d'envoyer des intercepteurs pour en écarter de leur espace aérien. Des avions Russes se sont même trouvés à portée de tir d'une base aérienne américaine. Ces vols n'étaient pas des cas isolés puisque, comme l'a annoncé Vladimir Poutine, ils s'effectueront "sur une base permanente". Alors que les relations entre Moscou et Londres semblent au plus mal (voir dans lire la suite), le président russe multiplie les provocations à l'égard des USA. Il annonce surtout ne plus vouloir d'un monde exclusivement dominé par les américains. Mais Vladimir Poutine, qui s'était qualifié de "seul pur démocrate du monde" (cyberpresse.ca du 04/06/07) et avait ironisé sur le fait qu'il n'avait "plus personne à qui parler depuis la mort de Gandhi" (!), ne joue-t-il pas un jeu dangereux en relançant la course à l'armement avec les pays de l'Ouest ? Bien qu'il soit encore difficile de vraiment parler de guerre froide, ça commence à chauffer...

VIDEO 1 (11') L'Organisation de coopération de Shanghai (CSO) qui s'est tenue la semaine dernière, a permis à Vladimir Poutine et au président Chinois Hu Jintao de réaffirmer eux aussi leur combat contre les terroristes (donc en priorité des Tchétchènes pour Poutine). Comme pour Bush, la peur engendrée par d'autres nations sert surtout d'excuses idéales pour développer l'armement militaire. Les commentaires sont en chinois, mais les images sont suffisamment explicites.


> Détails : The Telegraph du 23/08/07 (en anglais) ou sa traduction sur corlobe.tk.


Suivez la flèche pour en savoir plus pour savoir ce que le "Gandhi Russe" prépare...


> Si vous avez manqué le début ou pour en savoir plus, sortez vite l'énorme dossier Poutine (la Tsar'ac, la Tchétchénie, les censures, les meurtres, les affaires...) sur DSS.

1/ Le réchauffement

de la guerre froide
> Poutine a justifié la sortie de ses bombardiers en arguant du fait que depuis l'effondrement soviétique, d'autres nations se sont renforcées (en particulier les USA), ce qui a affaibli les Russes (wired.com du 17/08/07, en anglais). Il compte développer cette stratégie militaire : "Nos pilotes étaient à terre depuis trop longtemps. Ils sont heureux de commencer une nouvelle vie", s'est-il réjoui.

> Les rapports entre les USA et la Russie n'étaient déjà pas au beau fixe depuis que les américains ont mis en place un projet de boucliers anti-missiles en Europe de l'Est (Pologne et République Tchèque). George Bush avait justifié ces mesures afin de faire face à la menace nucléaire iranienne. Mais, d'après Poutine, c'est en réalité la Russie qui était visée par le bouclier anti-missile américain (tsr.ch du 04/06/07). Le président russe a alors menacé de pointer des missiles vers l'Europe en expliquant que "l'équilibre stratégique dans le monde est perturbé et afin de rétablir cet équilibre sans créer de défense anti-missile sur notre territoire, nous créerons un système à même de contrer ce système anti-missile. C'est ce que nous faisons à l'heure actuelle". L'une des réponses pourrait être ces bombardiers. La "course à l'armement" dont parle Poutine ne fait peut-être que commencer...

Poutine et le président Iranien Mahmoud Ahmadinejad ont lancé quelques piques aux Etats-Unis lors du sommet à Bichkek de l'Organisation de coopération de Shanghai (rtlinfo.be du 16/08/07). "Nous sommes convaincus que [...] toutes les tentatives de résoudre seul les problèmes mondiaux et régionaux sont vaines" a déclaré le président russe à propos de l'unilatéralisme des USA.

> La Russie a annoncé vouloir devenir leader dans le secteur des avions de combat (lefigaro.fr du 22/08/07). L'aéronautique russe a survécu après la dissolution de l'URSS grâce à ses produits militaires que Moscou a continué à exporter dans les années 1990, contrairement à ses produits civils qui ont périclité. La Russie revendique la seconde place mondiale (derrière les USA). Poutine a annoncé un plan très ambitieux pour relancer le pouvoir militaire du pays le 21/08/07 (theguardian.co.uk, en anglais). Il veut aussi relancer le marché civil de l'aéronautique. Il vise le contrôle de 10% du marché mondial d'ici 2020 et la troisième place mondiale derrière Airbus et Boeing (usinenouvelle.com du 23/08/07). D'après les analystes, son but est de revenir à un équilibre des forces entre les USA et la Russie.

VIDEO 2 (1'45) Vladimir Poutine a fait ces dernières déclarations très ambitieuses à Moscou où se déroulait le salon de l'aéronautique Maks. Le président a pu faire admirer ses avions en représentation et montrer qu'il savait piloter en simulation (commentaires en russe).

> Washington fait mine de se moquer des annonces de Poutine. "Sortir de la naphtaline de vieux appareils ne représente pas une menace pour notre sécurité" a indiqué ironiquement Sean McCormack, porte-parole du département d'Etat américain (lesechos.fr du 20/08/07).

> Devant les nombreuses craintes des médias britanniques, le vice-président Sergueï Ivanov (un des deux successeurs les plus probables de Poutine) a tenu a préciser que la reprise de ces vols "n'a rien à voir avec la logique des blocs antagonistes ou la confrontation, et ne signifie pas un retour à la guerre froide" (d'après l'agence d'information russe Ria Novosti du 23/08/07). "Moi-même, j'ai volé sur un Tu-160 Bely Lebed, et je dois constater que ces appareils ne sont pas faits de naphtaline" a-t-il rétorqué en réponse à Sean McCormack.

> Gille Delafon, chroniqueur au JDD, rappelle qu'un "missile mystère" (venant d'un avion Russe d'après Tbilissi) s'était abattu le 6 août en Géorgie sans qu'il n'explose. Les Russes ont nié être impliqués. Le journaliste pense que les vols stratégiques ont en réalité repris depuis longtemps puisque des bombardiers russes ont été repérés loin de leurs frontières.

VIDEO 3 (4'35) L'accord de coopération anti-terroriste entre la Chine et la Russie se nomme "Peace Mission 2007" (pour en savoir plus sur les objectifs, lire pinr.com, en anglais). Bizarrement, tout cet arsenal militaire fait plus penser à la guerre qu'à la paix. Poutine, qui dénonce l'attitude unilatérale des USA n'aspire-t-il pas, lui aussi, à devenir le gendarme du monde ?


2/ L'assassinat de Litvinenko au coeur de la crise russo-britannique
> Pour comprendre la crise diplomatique russo-britannique, il faut se souvenir du troublant empoisonnement d'Alexandre Litvinenko, ex-espion opposé à Poutine (Libération du 27/11/06). Deux jours avant sa mort, il écrit une lettre dans laquelle il décrit le président russe comme un homme "barbare et sans pitié". Hollywood pourrait en faire un film avec Johnny Depp dans le rôle de Litvinenko (source : Allocine.fr du 15/01/07).

> Scotland Yard et l'agence de protection sanitaire britannique ont déjà consacré près de 4,5 millions d'euros pour enquêter sur cette affaire (levif.be du 17/08/07). Les premiers résultats ont montré que Litvinenko est mort à cause de l'ingestion de polonium 210, une substance radioactive extrêmement rare.

> La veuve de l'ancien espion a fait une première conférence publique très remarquée à Londres (cyberpresse.ca du 28 juillet 2007). Marina Litvinenko a cosignée un pamphlet intitulé Meurtre d'un dissident dans lequel elle fait le procès de la Russie de Poutine. La  femme de 44 ans a été contaminée par des radiations en soignant son mari.

> La crise vient du fait que la Russie ne veut pas extrader Andreï Lugovoï, le principal suspect du meurtre de Litvinenko (d'après Scotland Yard). Pour accéder à la demande de Londres, Poutine devrait modifier la Constitution (qui empêche l'extradition des citoyens russes). Le président Russe justifie ce refus en dénonçant un "discours colonialiste" : "Ce qu'ils ont besoin de modifier, c'est leur cerveau, pas notre constitution [...] Ce qu'il suggère est un vestige du colonialisme. Ils ont semble-t-il oublié que la Grande-Bretagne n'est plus une puisssance colonialiste depuis longtemps [...] Cette demande est une insulte" (cctv.com du 07/07/07). Les deux pays ont expulsé chacun 4 diplomates pour montrer leur désaccord (pour l'anecdote : la France avait expulsé 47 diplomates russes sous Mitterrand en 1983 "pour espionnage", voir republique-des-lettres.fr). Le vice-premier ministre Dmitri Medvedev (qui est un des successeurs potentiels de Poutine, voir plus bas), a estimé hier qu'il serait "idiot de sacrifier" la bonne santé des relations économiques entre Londres et Moscou à cause de l'affaire Litvinenko. C'est vrai, il serait bête de se fâcher pour "si peu"...

> Andreï Lugovoï est un ancien membre du KGB (voir sa wikibio, en anglais). Il aurait rencontré Litvinenko le jour où celui-ci est tombé malade. De son côté, il nie toute participation au meurtre de Litvinenko. Il se défend en prétendant que l'ancien espion russe travaillait en réalité pour la couronne britannique et en accusant les services spéciaux anglais (MI6) de sa mort (news.bbc.co.uk du 31/05/07, en anglais). Lugovoï prétend aussi que le service secret britannique a tenté de le recruter pour recueillir des informations compromettantes sur Vladimir Poutine. On se croirait dans James Bond.
 

VIDEO 4 (5') En décembre 2006, en exil à Londres, Litvinenko accusait Vladimir Poutine de l'assassinat de la journaliste Anna Politikovskaïa qui était opposée au régime du président russe (en anglais)

 

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VIDEO 5 (1'20) Sur EuroNews, Poutine évite les questions gênantes (1mn20). Il explique tranquillement que "rien ne prouve le décès par mort violente" de Litvinenko. "Il n'y a aucune base pour parler d'assassinat". Un simple coup d'oeil aux deux photos "avant-après" de l'ancien espion russe (voir au-dessus) suffit pourtant pour se dire que sa mort n'a rien de naturel.


> Le service FM de la BBC vient d'être interdite en Russie après la crise diplomatique entre Londres et Moscou. Selon certains journaux, la situation actuelle sur les médias fait penser aux censures exercées durant l'époque soviétique. D'après un quotidien russe, "L'information est de plus en plus contrôlée par l'Etat, et il est peu probable qu'il y reste une place pour des médias étrangers" (le nouvelobs.com du 22/08/07). La crise russo-britannique est bien pratique pour justifier une nouvelle censure médiatique.

> Dès son arrivée au pouvoir en 2001, Poutine, pour qui "la liberté d'expression est l'une des plus importantes conquêtes de la décennie passée" (sic) s'en était pris aux chaines de télévision. Selon L'Express du 22/02/01, quatre jours après son investiture, des agents en cagoule accompagnés de procureurs et d'officiers du FSB (ex-KGB) ont perquisitionné les bureaux de Media-Most, une ONG qui défend la liberté d'informer et qui détient de nombreux titres de presse (dont la chaîne NTV qui, selon Le Monde Diplomatique de février 2001, énerve les dirigeants russes par sa liberté de ton). Le principal créancier est Gazprom, le géant du gaz, qui avouait ouvertement chercher à mettre en faillite Media-Most afin que NTV passe sous tutelle d'Etat.

> Vladimir Gousinsky, patron de Media-Most est arrêté puis libéré sous caution. Il préfère quitter la Russie avec sa famille. Les nouveaux dirigeants de NTV sont nommés par Gazprom. Cyberpress.net du 17/12/01 explique qu'au printemps 2001, des journalistes de NTV décident de partir de la chaîne pour protester et rejoignent TV6 qui appartient à Boris Berezovsky, lui aussi opposé à Poutine. La chaine devient un symbole de l'opposition. Comme NTV, TV6 avait contracté des dettes (à cause de l'ancienne direction). La compagnie de pétrole Lukoil intente un procès demandant la liquidation de TV6 (comme Gazprom pour NTV).


3/ La tsar'ac

> Qui succèdera à Poutine? Le président russe va-t-il lâcher son pouvoir quasi-dictatorial ? Selon la constitution russe, il ne peut pas se présenter une troisième fois et doit donc laisser sa place l'an prochain. Plusieurs options s'offrent donc à lui : tenter de faire changer la Constitution (il en est capable), désigner son successeur (il en a déjà choisi deux) ou diriger Gazprom (et ainsi avoir encore plus de pouvoir). Ah oui, on allait en oublier une dernière : arrêter la politique. Faut pas rêver. Vladimir Poutine a désormais deux dauphins. C'est deux de trop.

> Détails : Libération du 13/03/07 et Le Figaro du 17/02/07.
> Les wikibios de Sergeï Ivanov (photo du haut) et Dimitri Medvedev (bas).


4/ Le culte Poutine
> Vladimir Poutine reste très populaire en Russie. Lors des (rares) manifestations anti-Poutine, on retrouve souvent des mouvements pro-Kremlin. Le 20/08/07, une trentaine de militants favorables au président russe sont venus se battre avec des jeunes communistes après les avoir défiés (lemonde.fr du 21/08/07). D'autres militants téléguidés par le Kremlin ont manifesté récemment pour dénoncer le port du string qui symboliserait la perversion occidentale et serait une "menace à la démographie chancelante du pays"... Certains médias du pays pensent que le string pourrait être un des principaux débats des élections de 2008.

Poutine torse nu> En Russie, plus que les derniers discours virils du président russe, beaucoup des médias s'intéressent à sa musculature depuis qu'il a été photographié en vacances dans les montagnes sibériennes le 13 août. "Être comme Poutine" titre par exemple le journal Komsomolskaya Pravda qui donne des conseils pour garder la formecriaient de plaisir". Ils n'ont pas l'impression d'en rajouter (un petit peu) ?! (yahoo.com du 22/08/07, en anglais). D'après le journal, des femmes qui ont visité son site web (dans lequel figure cette photo...) "

VIDEO 6 (35'') Même si beaucoup de journaux spéculent sur le fait que Vladimir Poutine se soit fait prendre intentionnelement en photo torse nu, le président de la Russie a atteint son objectif : ces images circulent sur tous les médias et en particulier sur Internet. Même notre président Sarkozy peut aller se rhabiller devant un tel culte de la personnalité.


 

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