"Je demande que les sanctions soient durcies, à partir de 2010 comme la loi de 2005 l'a prévue. Ecoutez, moi j'ai décidé de taper du poing sur la table car on ne va pas continuer à faire des conférences dans lesquelles on définit ce que serait une société idéale qu'on n'atteint jamais ! Il faut promettre moins et tenir plus. Et de ce point de vue, je m'y engage totalement." (Nicolas Sarkozy, à la conférence du handicap du 18 juin 2008)
Depuis le 1er janvier 2010, toutes les entreprises de plus de 20 salariés qui n'emploient pas au moins 6% de personnes handicapées sont passibles d'une grosse amende (1.500 fois le SMIC horaire par personnes manquantes contre 400 fois auparavant). Du moins, c'est ce qu'avait promis, juré, craché Nicolas Sarkozy.
Il s'agissait, en effet, la date butoir du plan handicap de cinq ans entamé par la loi du 11 février 2005. Mais, la crise (et surtout la proximité des élections régionales) est passée par là et le gouvernement a jugé bon de reporter le durcissement des sanctions à une date... indéterminée. Depuis "20 ans" (dixit Sarkozy, lui-même), des sanctions existent sans être vraiment appliquées. Les sanctions pour les entreprises de plus de 20 salariés qui n'atteignent pas le "quota" devaient être multipliées par trois (13.000 euros environ par travailleur handicapé manquant).
"Un projet de civilisation, un véritable projet de vie", s'enthousiasmait pourtant notre président en juin 2007. Ce "grand chantier du quinquennat" doit "permettre aux handicapés de devenir des citoyens actifs". Mais pas pour tout de suite. Les associations de défense des personnes handicapées (comme l'association des handicapés et des victimes d'accidents de travail) sont furieuses. Ecoutons attentivement Nicolas Sarkozy à la conférence du handicap du 18 juin 2008 (dont nous vous avons sélectionné les "meilleurs" extraits sous la vidéo) :
"Pendant les cinq années à venir, pas un seul jour ne se passera sans que nous ne travaillerons au service des personnes qui ont un handicap [...] et leur famille. [...] Le handicap est une priorité" [1'20]
"Mes amis ici qui me connaissent depuis longtemps le savent : c'est que moi je pense qu'une personne handicapée dans une netreprise, dans un lycée, dans un collège, dans une association c'est pas une charge, c'est une chance." [4'30]
"Je sais que nombreuses sont les personnes handicapées qui aspirent à travailler. Même à temps partiel. Mais il n'est plus admissible que ces personnes se heurtent aux plus grandes difficultés pour accéder à une formation et un emploi." [7'10]
"Alors là on est au coeur de la spécificité française : on multiplie les obligations qu'on ne respecte que très partiellement. L'emploi des personnes handicapées, c'est un élément essentiel de notre stratégie de lutte contre le chômage." [7'40]
"Je ne plaisante pas sur cette question qui est devenue un impératif, le seuil des 6% doit être atteint." [8'10]
"Je ne plaisanterai pas là-dessus. Et je n'accepterai pas que l'on n'applique pas la loi." [9'00]
"Nombreuses sont les entreprises qui continuent de préférer payer une amende que d'embaucher des personnes handicapées. Invraisemblable. C'est inadmissible. Alors je demande que les sanctions soient durcies, à partir de 2010 comme la loi de 2005 l'a prévue. Et les entreprises qui n'emploient aucun travailleur handicapé devront verser jusqu'à l'équivalent d'un emploi au SMIC par tranche de 20 salariés. Ecoutez, moi j'ai décidé de taper du poing sur la table car on ne va pas continuer à faire des conférences dans lesquelles on définit ce que serait une société idéale qu'on n'atteint jamais ! Il faut promettre moins et tenir plus. Et de ce point de vue, je m'y engage totalement." [10'10] APPLAUDISSEMENTS
Il avait tenu le même discours, le 9 juin 2007, à Tours. Extraits sélectionnés dans la deuxième partie de ce montage vidéo du blog La Rage au ventre :
"C'est pour moi une priorité. Ce que j'ai dit, je le ferais parce que je vous le dois. Je le dois à la France. Parce qu'il n'est plus le temps de parler, il est temps d'agir. [...] Des personnes ayant un handicap, c'est une richesse pour l'entreprise, ce n'est pas une charge. [...] Je tiendrais chacun des engagements que j'ai pris devant vous. [...] Tenir ses engagements [...] c'est une exigeance MORALE. [...] Je le ferais malgré les obstacles."
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