"Le rôle de l'écrivain ne se sépare pas de devoirs difficiles. Par définition, il ne peut se mettre aujourd'hui au service de ceux qui font l'histoire. Il est au service de ceux qui la subissent. Ou sinon, le voici seul et privé de son art. Toutes les armées de la tyrannie avec leur million d'hommes ne l'enlèveront pas à la solitude... Même et surtout s'il consent à prendre leur part".
Extrait d'un discours d'Albert Camus, mort le 4 janvier 1960, lors de la remise de son prix Nobel en 1957.
L'auteur de "La peste" parle de la jeunesse, l'individualisme ou de "l'homme révolté". Et de son engagement à travers son oeuvre :
"La littérature engagée me paraît à la fois théorique (ce qui n'est pas grave) et ennuyeuse (ce qui est plus grave). Mais l'art pour l'art et le dilettantisme me paraissent des théories dépassées et aussi ennuyeuses. [...] Il n'est pas possible qu'un art soit séparé des passions de son temps".
"La belle chaleur humaine qui régnait sur mon enfance m'a privé de larme et de sang", disait Camus à propos de l'Algérie de sa jeunesse.
Comme le remarque L'Express, à l'occasion du cinquantième anniversaire de sa mort, la presse algérienne ne rend pourtant pas vraiment hommage au dramaturge qui a écrit L'étranger. Beaucoup lui reproche ses prises de positions, ou plutôt l'absence de prise de position durant la guerre d'Algérie.
Ecrivain, philosophe... mais aussi spécialiste du football ! Un des talents les moins connus d'Albert Camus. Pourtant, comme il le confie dans ce document de l'INA de 1957, l'humaniste a joué gardien de but dans l'équipe du Racing Universitaire Algérois. Tout frais prix nobel, il commente ainsi avec talent le match Racing Paris-Monaco au Parc des Princes.
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